dimanche 24 août 2014

Visite à Prélétang le 23 août 2014


Participants : Christine et Yves Billaud

Nous avons profité de notre avant-dernier jour de vacances (snif ! déjà…) pour aller faire un tour dans une grotte du Vercors, bien connue mais dans laquelle nous n’avions encore jamais mis les pieds. Il s’agit de la grotte de Prélétang, sur le plateau de Presles. Elle s’ouvre dans les bois par un porche encombré de blocs éboulés, ouverture modeste qui ne laisse pas présager de ce qu’il y a derrière.


Bon la photo n’est pas terrible mais je me cassais la figure du bloc sur lequel j’étais monté. Bilan un poignet un peu en vrac.
Ambiance de fin d’été pour cette virée puisque le thermomètre affichait gaillardement 11° à 10 h du matin. Et ambiance alpine pour la spéléo puisqu’en entrant dans la grotte, le sentiment de froid est immédiat !

La grotte est mentionnée depuis le XIXe siècle. Plusieurs graffitis attestent de passages dans la cavité. 1881 pour la date la plus ancienne repérée.




Sa réputation est due à la présence de restes d’Ursus spelaeus. Ces charmantes bestioles pleines de poils (et de dents) ont également laissé des traces comme de nombreux polis sur les parois et certaines concrétions.




Inutile de dire que nombre de personnes s’en sont donné à cœur joie pour rechercher les ossements de ces bêtes mythiques. La galerie est littéralement défoncée par les sondages. 




Toutefois, il faut mentionner un travail sérieux mené dans les années 50 et 60 par un amateur éclairé, Paul Lequatre, dentiste à St Marcellin. Les traces de ses fouilles sont encore visibles : marquages sur les parois et des blocs, tas de déblais comme celui-ci :




La grotte est constitué d’une grande galerie donnée pour un peu plus de 400 m de longueur pour un dénivelé de 35 m. Les dimensions sont confortables sur la quasi-totalité. Vers la fin le plafond s’abaisse et cela se termine par un colmatage sableux objet de diverses tentatives de désobstruction. Quelques gros massifs de concrétions sont présents par place.




C’est surtout la première moitié du parcours qui est spectaculaire avec quelques sections de belles dimensions




Également de belles formes de paroi comme ces coupoles. La grotte a une histoire longue, avec un creusement très ancien avant d’être recoupée par la surface du plateau. Un autre épisode important est lié aux phases froides du Quaternaire qui ont entrainé par gélifraction la chute des nombreux blocs que l’on voit au sol.




En tout cas, quelques beaux volumes qui permettent de s’amuser un peu avec l’appareil photo




Après la première reconnaissance, un peu frigorifiés car habillés comme des touristes, pause casse-croute à l’extérieur où nous avons pu profiter d’une température clémente de 13°. Et ensuite 2e manche pour un essai de topo « tout électronique ».
Le Disto X avec les trois mesures intégrées de longueur, pente et azimuth est déjà un belle révolution. Mais il prend toute sa mesure couplé avec un petit appareil du genre PDA, pour « Personal Digital Assistant » ou, comme on dit de par chez nous, agenda électronique ou « Pocket PC » (tous les détails sur le site du concepteur de tout cela : http://paperless.bheeb.ch/).
Cela faisait un moment que j’avais au fond d’un tiroir un de ces PDA mais sans jamais oser franchir le pas. Les vacances étant là pour faire des trucs pour lesquels on n’a pas le temps d’habitude, c’était l’occasion. Ce bidule m’avait été donné par Ludwig (les nouveaux peuvent pas connaitre, cela fait trop longtemps que l’on n’a plus de nouvelles) et j’ai donc commencé par le rebooster avec une nouvelle batterie ; le PDA pas Ludwig !

Pour faire simple, les deux appareils sont connectés sans fil (Bluetooth pour les intimes). Les mesures sont directement prises en charge par le PDA dans lequel un logiciel fort astucieux trace immédiatement le cheminement et permet de dessiner (et avec la possibilité de choisir plusieurs couleurs… mazette !). Cela demande un peu d’entrainement pour prendre en main le logiciel et dessiner sur un écran aussi petit mais dans des cavités comme celle-là, cela avance vite. Avec les déboires du débutant, quelques moments à râler pour la connexion sans fil, les visées qui tremblent à cause du froid (la prochaine fois, des gants !), etc, nous avons tout de même fait 75 m en une grosse demi-heure tout en levant pas mal de détails.




Et le plus, c’est de voir la topo au fur et à mesure que l’on avance. Bref, le MASC vient d’entrer dans l’ère du «Paperless Cave Surveying ». P…. cong !

Pour finir la journée, petite balade pédestre pour profiter des dernières fleurs. Encore de belles orchidées à voir comme cette Epipactis :



Moralité : si vous avez dans un coin un de ces PDA qui trainent, ne le jetez pas. Le deuxième Disto du club va bientôt être monté. Il lui faudra son camarade pour la saisie.

Yves

2 commentaires:

  1. Belle sortie une nouvelle fois et bien sur beau compte rendu, merci.

    Ce matin en rangeant un peu mon bazar je suis tombé sur un pocket Pc dont j'avais complètement oublié l’existence, le hasard fait bien les choses des fois. C'est un Mio 168, je ne sais pas si ça fera l'affaire, il est équipé d'un GPS en prime car je m'en servais avec les carte IGN. Par contre je ne sais pas s'il a la fonction bluetooth ? Ne sachant plus où sont les cables et le chargeur et si l'accu est encore bon je viens de commander tout ça ;-D

    Sinon si quelqu'un croise Ludwig ou s'il nous lit toujours il sera content d'apprendre que son Pad a été magistralement recyclé. Et c'est quand il veut qu'il donne des nouvelles un peu !

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  2. Effectivement, pas de Bluetooth pour ce modèle. Et c'est bien dommage car l'écran est un poil plus grand que sur le PDA que j'ai utilisé.

    Pour ceux que la topo au Disto intéresse (on sait jamais :-) : un document bien fichu sur le site des expés au Laos :
    http://www.explo-laos.com/Explo-Laos/Utils.html
    en bas de page, dans la rubrique "téléchargements"
    Et au passage vous pouvez vous régalez les yeux avec des photos de cavités pas possibles

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