Déjà la grotte de Thaîs n'est pas une cavité comme les autres puisqu'il s'agit en fait de la piscine de Monsieur Billaud (piscine couverte, ce qui lui permet de l'utiliser toute l'année). Pas de doute il est ici chez lui, et j'ai l'honneur d'être son invité.
L'autre gros avantage de Thaïs c'est d'être une grotte touristique, ce qui rend bien plus confortables les quelques dizaines de mètres de galerie exondée qui mènent à la vasque, qu'il faut parcourir avec le matériel de plongée. Cela permet de laisser les clés de la voiture à l'accueil après avoir fait la bise à l'hotesse (pas moi, Yves).
Mais le plus drôle c'est de se retrouver là en même temps qu'une classe de primaire en sortie scolaire. L''ambiance au moment de l'immersion (qui n'est pas encore tout à fait anodin pour moi) n'était pas vraiment propice à la concentration avec tous ces minots sur la plateforme, deux mètres au-dessus de nos têtes qui braillent et dont la seule préoccupation était de savoir si nous trouvions l'eau bonne..."Hè ! M'sieu, elle est bonne ?". On a rien répondu, trop affairés à nos préparatifs (enfin surtout moi peu habitué à tout ce bazar).
D'autant que dans le même temps Yves me dit "tu vois quand le niveau d'eau atteint le quatrième barreau de l'echelle" (celle qui permet, la grotte étant comme je l'ai dit aménagée, de descendre dans la vasque depuis la plateforme où se trouvent les élèves qui n'écoutent plus du tout à cet instant ni la guide ni leurs maîtres; vous suivez...), bon bref, "quand l'eau atteint le quatrième barreau de l'échelle, c'est qu'il devrait y avoir un peu de courant." Quand je vous dis qu'il la connait bien Yves la cavité, parce que je confirme : quand l'eau atteint le quatrième barreau, il y a du courant !".
La première partie du parcours sans être sportive demande tout de même un palmage appuyé. Contrevenant à la règle, pour économiser un peu ma consommation d'air, sans vergogne je me déhale de temps en temps sur le fil guide. Je précise à ma décharge, que le fil est constitué ici d'une solide corde fixée par de véritables amarrages, de surcroît plantés par l'ami Yves (je vous ai dit on est ici chez lui, et il adore le bricolage); donc aucun risque que ça lâche.
Sinon l'eau est claire, la galerie en général assez large et joliment découpée, et nous progressons gentiment d'un siphon à l'autre. Marquant quelques petites pauses quand la surface est là. Ca aussi c'est un autre des avantages de Thaïs, les premiers siphons sont courts et peu profonds et l'on peut régulièrement faire surface, sans pour autant devoir sortir complètement de l'eau.
Enfin le S6, dans lequel se trouve le premier vrai puits. On attaque la descente jusqu'environ -25, passage bas, 5 mètres plus bas la galerie s'horizontalise un peu. Nous sommes à -30 mètres à environ 250 mètres de l'endroit où nous avons laissé ces chers bambins et leur récurrente question (au fait 11°C ce qui est assez frais). Demi-tour, je suis juste au 1/4 de mes blocs, sachant la consommation au retour sera beaucoup plus faible grace au courant (il faudra même freîner un peu dans les virages).
Nous sortons de l'eau dans le calme (les gamins ont déserté les lieux depuis un moment). Déséquipement, puis petit casse-croûte au bar de la grotte où je fais connaissance de la charmante Madame Billaud.
Voilà une journée de RTT bien utilisée. Il m'en reste quelques autres...
Pour finir encore un grand merci à Yves pour sa disponibilité, sa patience, et sa boîte de sardines orientales."
Olivier S.
L'auteur du texte en pleine concentration pendant son équipement (il manque le son d'un troupeau de "djeunes" hurlants !)









