1 ER COMPTE RENDU DE GERARD
Nous
profitons d’une belle journée ventée pour faire une séance à la
Poule Rousse. Le vent rafraîchit l’atmosphère et permet à
l’équipe de surface de ne pas suffoquer sous la chaleur habituelle
des étés du sud Ardèche.
Il
y a pour cette explo : Marcel, Pierrot, Dorian, Jean-Jacques,
Sylvane et Baba, Claire et Gilles, Ghislaine et Gérard .
Dorian
est accompagné d’un ami qui filme ses pérégrinations
souterraines.
Claire
et Gilles arrivent à midi.
Marcel
revient d’un camp spéléo dans les Pyrénées.
A
9 h Marcel et Pierrot commence à déballer le matos pour la
poursuite de l’explo.
Les
autres arrivent dans la foulée.
Après
l’installation de la corde du puits d’entrée, Marcel et Gérard
descendent au fond à -60 m avec le matos de désob. En allant voir
le résultat du dernier tir, nous voyons que ça passe.
Une
désescalade de 3 m nous permet de mettre pied dans un méandre qui 5
m plus loin s’ouvre sur un puits.
Les
dimensions de ce dernier nous emporte dans une joie incommensurable.
Nous arrivons en vérité à la moitié d’un puits diaclase. En
haut il remonte sur une quinzaine de m (d’après la topo nous
serions sous le puits d’entrée). Dessous une dizaine de m de vide
(4m de diamètre) et un surcreusement au milieu du plancher. Dans la
prolongation horizontale du puits il y a du noir. Un lancé de
cailloux, nous indique qu’il y a encore un puits derrière. Cerise
sur le gâteau : il n’y a pas du tout de CO2 !
Mais
avant toutes choses nous nettoyons le tir avec le burineur pour
agrandir le passage qui restait étroit. Par le généphone nous
demandons à la surface de faire descendre de la corde et des
amarrages. Nous coupons le surplus de corde dans le P22 pour équiper
provisoirement le ressaut de la désescalade. Pierrot et Dorian
arrivent avec le matos pour continuer l’exploration. Mais il nous
manque le perfo et des goujons pour continuer. Nous descendons tous
les 4 jusqu’en haut du puits non descendu et les jets de pierre
nous font estimer le puits suivant à 30 m de profondeur.
Nous
ne devrions pas être loin des -100 m en bas !
Nous
remontons en surface pour manger et pour récupérer le matos pour
continuer notre explo.
A
12 h15 tout le monde est dehors. Nous faisons péter une bouteille de
champagne sous l’œil de la camera. C’est un pur moment de
bonheur que seule la spéléo permet.
Marcel
et Gérard redescende pour équiper la suite. Nous nous concentrons
sur les puits. Le ressaut a été équipé en première ce matin mais
il faudra le revoir il ne tient que sur une concrétion et avec un
cabestan. Marcel met 2 goujons en départ de main courante et deux
autres en départ de puits.
Nous
descendons sur une corde de 25 m. Nous admirons les belles dimensions
du fond et sa forte ressemblance avec des puits du Vercors. Il perce
un nouveau trou pour descendre le surcreusement du bas du puits, une
fois en bas il constate qu’il n’y a pas de suite à part un tout
petit trou qui donne dans le puits suivant.
Nous
intervertissons nos positions et c’est à mon tour d’équiper le
puits suivants. La corde de 25 m est suffisante pour arriver au Y de
départ du puits, puis la descente dans un goulotte avec une corde de
30 m, nous permet d’arriver au fond sans fractio. Nous estimons le
puits à 25 m. Le fond, bien blanc, fait 2,5 mX6m. Au milieu un
surcreusement de 10 cm de profondeur file méandreusement vers un
nouveau passage infranchissable pour le moment. Il y a un peu d’eau.
50
cm au dessus de cet écoulement, il y a un départ derrière des
concrétions et il y a aussi du courant d’air et ça résonne .
Marcel en y mettant le bras prend des photos derrière.
La
suite semble là, mais au dessus dans le puits il y a aussi des
départs étroits à voir.
Nous
remontons en surface et sortons les kits restés à -60 m. Nous
sommes dehors à 17 h 45.
Nous
estimons que nous ne sommes pas loin des – 100 m de profondeur.
Mais
nous allons devoir changer notre façon de travailler.
Jusqu’à
présent, nous remontions manger avec l’équipe de surface,
maintenant à -100, il va falloir faire une seule séance au fond et
amener le casse croûte.
Actuellement
nous avons une ligne électrique, une ligne pour le téléphone, la
gaine pour la ventilation et une ligne de tir qui arrive à -60 m.
Maintenant
à – 100, pas besoin de ventilation, et le chantier pour le
prochain passage semble ponctuel, donc nous prendrons les perfos sur
accu.
La
prochaine sortie est prévue le lundi 2 septembre
Gérard D.
2EME COMPTE RENDU DE PIERROT
METEO :
BEAU TEMPS
Nous
avons tous laissé au temps un certain repos spéléo à cause de la
canicule pesante et aux congés personnels, ce faisant la reprise de
l’explo de l’aven de la Poule Rousse sera pour nous d’autant
plus motivante. En fait depuis le 04 août rien ne s’est fait en
3 semaines! Nous commencions à languir car il ne nous reste plus
qu’à descendre cette fois pour explorer la suite du trou, espérant
que notre découverte soit positive et comblera notre enthousiasme ?
Je pars de La Voulte à 8H, la journée s’annonce belle, il fait
beau et chaud déjà. Une heure plus tard j’arrive sur le parking
de l’aven où Marcel a dormi cette nuit. Les autres amis ne vont
pas tarder à arriver ! Le vent du nord reste contrariant il
souffle à décorner des bœufs, nous serons malgré tout à l’abri
sous les bois de notre salon d’été. A 10 H tout est prêt et
Gégé, Marcel, attaquent la descente, je les suis en attendant un
peu Dorian, du coup je place les bouteilles au frais vers -5 dans un
recoin du puits d’entrée. Un peu plus bas je l’attends encore 20
mn à -20 à côté du gabion, là-haut il me semble que l’équipe
de surface a du mal à faire démarrer le groupe inverter de Gégé.
J’entends d’ici le bruit du burinage qui provient du dernier tir.
Dorian me rejoint nous avons avec nous juste une corde et des
amarrages et une bouteille d’eau. Quand on arrive au fond l’équipe
de pointe vient juste d’ouvrir le bout du méandre terminal, la
voie est libre pour « LA DÉCOUVERTE » Le C/A est
toujours présent et de 5 m à genoux nous avançons maintenant droit
en égyptien dans un méandre/diaclase descendant sur quelques mètres
puis un petit ressaut de 3m ralentit la progression (un restant de
corde coupée suffira pour le sécuriser) on continue à descendre
encore dans cette faille ébouleuse en forte pente et nous arrivons
en balcon sur l’apothéose de la journée dans un super calcaire
sec rempli de fossiles. Un écho formidable ici, le puits que nous
surplombons est très grand en dimension, il remonte sur une
trentaine de mètres et semble se dédoubler en aval, il y a
d’autres anfractuosités et en plus à 12 m en dessous sur une
plateforme un autre ressaut accuse encore une trentaine de mètres.
C’est du pur bonheur ! On se congratule dans la joie qu’on
avait perdue depuis longtemps. Nous avons tout pour commencer
l’équipement mais un gros détail nous fait froncer les sourcils,
on s’aperçoit qu’on a oublié les goujons !!!! Déçus, il
va falloir ressortir, d’ailleurs c’est l’heure de déjeuner. Il
est midi trente quand on passe à table (TPST
2 H 30) il est
temps de déboucher le champagne. (Je crois que dorénavant ça va
être un nouveau rituel car on est sur un gros coup !) Les
perspectives sont alléchantes, la cavité devient de plus en plus
grande et notre investissement commence à payer. On envisage de
nombreuses possibilités de jonction avec la grotte de saint Marcel
d’Ardèche mais pour l’instant le réseau est encore éloigné
et on ne prend pas la bonne direction. Nous approchons des -100 m de
profondeur à vue de nez. En fin de digestion Dorian et moi décidons
de rester dehors, Gégé et Marcel redescendent à 14 h 30, avec les
amarrages en question et une corde supplémentaire. Une demi-heure
après le téléphone sonne et nous indique que l’équipement des
puits suivants est en cours. Il y aurait plein de possibilités pour
continuer l’explo mais un pincement avec écho et C/A stoppe la
progression. Il faudra à la prochaine sortie remédier à passer aux
perfos à accus ou essayer d’utiliser un shunt en lucarne par une
petite traversée ? D’après Baba nous sommes très près
d’atteindre le niveau des galeries à cette profondeur, on est bien
sûr optimiste ! Dans l’après-midi Gilles me montre un aven
double (entrée de 1 m de diamètre) à environ 150 m des voitures,
il y a déjà reçu la visite ancienne de Baba, on voit dedans voler
les chauves-souris. C’est dingue de savoir qu’on est déjà cent
mètres sous ce massif, il doit y avoir une rivière sous cette belle
dalle de calcaire ? Nos deux gaillards remontent à 17 H 45.
Tout le matos de désob est ressorti ainsi que le burineur. Nous
n’avons presque pas utilisé la ventilation aujourd’hui. TPST
total 6H. Avant de
se séparer avec Jean-Jacques nous faisons l’inventaire du matos à
fournir pour la suite.
On
envisage de continuer l’explo lundi prochain le 02 septembre
Pierrot