Présents : Katia, Philippe, Olivier et Hugues.
La Combe Rajeau a une salle réputation de trou difficile et physique, c'est pour ça qu'elle est surnommée aussi la Combe Barjot (pour nos amis Belge un barjot c'est un "fou"), Olivier et moi on voulait l'essayer car c'est quand même le trou le plus profond de l'Ardèche si on va jusqu'au bout. Philippe l'ayant faite plusieurs fois on lui a demandé de nous servir de guide, et tous les trois on a longuement insisté pour que Katia nous accompagne dans cette galère, elle se doutait bien que ça ne serait pas facile mais elle nous a suivi, maintenant je ne sais pas si elle va encore nous faire confiance...
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L'entrée se fait par un petit puits d'une dizaine de mètres, ce n'est pas très large mais ça passe, arrivé en bas Philippe nous a fait poser tout le matos superflu pour le reste de la visite (poignée, bloqueurs de poitrine et de pied, descendeur etc...) , là déjà ça calme car on se doute que cela ne doit pas être large partout.

On a donc juste gardé le baudrier et les longes pour franchir les passages équipés en fixe, tout le long du parcours on trouve des coins où il faut passer en opposition au dessus de petits puits de quelques mètres ou bien il faut descendre avec une corde nouée pour y mettre les pieds dedans.

La partie pénible fait 700 mètres de long, c'est une succession de méandres, d'escalades dans des blocs, de
ramping, c'est la partie bien physique de la grotte. Pour les petits gabarits ça ne pose pas de problème, par contre pour les grands là c'est beaucoup plus pénible car il faut attaquer les méandres par le bas à quatre pattes ou bien par le haut en étant toujours en équilibre du coup c'est beaucoup plus difficile. Quand on a la chance de se redresser et de progresser normalement on le savoure vraiment.





Après trois heures de progression on a finit par sortir de cette zone galère, on a fait une petite pause pour grignoter un morceau avant de repartir dans la rivière pour retrouver le collecteur. Pour info la banane n'est pas compatible avec la Combe Rajeau, au départ celle de Katia était bien verte et bien jolie, après trois heures de progression ce n'était plus que de la bouillie noire, et tout ça en contact avec ses deux sandwichs ... Dans la Combe Rajeau on n'a pas droit au bidon étanche sinon on ne peut pas progresser donc on part juste avec un petit kit avec dedans en vrac la bouffe et l'eau.

Après encore deux passages étroits on est enfin arrivé dans la rivière, ça faisait pourtant longtemps que
Philippe nous annonçait qu'ils nous restaient plus que quelques mètres à faire pour la retrouver, on aura la même chose ensuite pour rejoindre le collecteur et surtout on va l'entendre très souvent pour pour la sortie sur le chemin du retour.
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Là on change d'ambiance, on se retrouve entre deux parois travaillées par l'eau, le sol est propre, les pieds accrochent bien sur le calcaire à vif. Certaines vasques sont équipées avec des cordes fixes, il n'y avait pas beaucoup d'eau donc on aurait pu passer dans la flotte, c'est d'ailleurs l'option que va prendre souvent Katia au retour. Le méandre n'étant pas toujours très large à nouveau il aura fallu négocier des passages à quatre patte dans la flotte voire même allongé.




On s'était donné une heure
maxi de progression car on se doutait que le chemin du retour serait un peu long donc quand ça a été l'heure on a stoppé notre marche. Pendant que
Katia et moi (j'avais pris un bon choc dans les cervicales en me relevant trop vite) on se reposait un peu
Philippe et Olivier sont allés jusqu'à la
voûte mouillante qui était notre destination finale prévue, en 15 minutes ils ont fait l'aller retour donc ce n'était vraiment pas loin.


Le retour c'est fait plus calmement, on est revenu jusqu'à la grande salle pour y casser un peu la
croute, bien boire et se reposer avant d'attaquer la partie éprouvante physiquement. Le reste du retour a été long, on a pris le temps de faire des pauses régulières, on s'est perdu, on a cherché les passages ... heureusement qu'on a un peu l'habitude de bien observer quand on avance dans une grotte car ça nous a évité de trop s'engager dans les mauvais chemins car on s'apercevait vite qu'on n'avait pas remarqué certains détails à l'aller. Je vous assure que si au retour vous voyez une stalagmite bien droite vous pouvez être sur que vous êtes sur le mauvais chemin car elles sont tellement rares que vous l'auriez forcément vu à l'aller.
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La partie des méandres a été pénible à passer au retour, le ramping très long à franchir. On s'est à nouveau paumé peu de temps avant la sortie, on a tout simplement pas vu le passage en face de nous et on s'est engagé dans un autre sur la droite, on a cherché un bon moment comment sortir, heureusement on avait eu un bout de corde juste avant donc on se doutait que cela n'était pas bien loin. On est revenu un peu en arrière et on a trouvé le bon chemin, ça veut bien dire que même avec quelqu'un comme Philippe qui connaît cette cavité il y a moyen de se perdre et de tourner pendant un moment ce qui avec la fatigue n'est vraiment pas agréable.
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Katia est ressortie bien fatiguée, on est tous couvert de bleus, on s'est quand même bien amusé, il y a eu quelques passages de difficultés dont on va reparler encore longtemps car ils ont été vraiment originaux, après coup c'était difficile de repartir tellement on rigolait. On est remonté de la grotte à 22h00, donc avec un peu de retard sur le programme prévu.
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Perso ce n'est pas une cavité que je pense refaire, maintenant je la connais, elle n'est pas si dure que sa réputation laisse entendre (il faut dire qu'elle a été retravaillée afin de prévoir un secours), mais je trouve qu'il y a trop de parties désagréables pour arriver sur l'actif qui lui n'est pas extraordinaire à mon goût. C'est joli mais au bout de 100 mètres de rivière j'ai eu l'impression de toujours voir la même chose et j'attendais d'être arrivé au collecteur pour repartir dans l'autre sens.
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Hugues.
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