Samedi 7: Laurent G (GSV), François T (Geckos) et Olivier S (MASC)
Lundi 9: David B et François T (Geckos), Laurent G (GSV) et Olivier S (MASC).
La dernière sortie au Frochet avec David B et Jean Baptiste C s'était soldée par un nouvel arrêt sur rien dans le siphon de la Boussole, dans lequel David n'avait pu dérouler que 30 mètres de fil supplémentaires, contraint par un manomètre récalcitrant. La longueur a été portée à 255 ml, mais le doute n'a pu être totalement levé quant à la possibilité d'une jonction avec un autre siphon, dit du Cavalier Seul, plongé sur 190 ml. Il fallait donc donner au plongeur de pointe les moyens, c'est à dire une autonomie en air suffisante, pour pouvoir dépasser largement la distance théorique (d'après les levés topo faits à chaque plongée) et confirmer, ou pas, que les siphons n'en sont qu'un...
François T a donc convaincu David que la solution était d'amener deux blocs de 10 litres carbone/acier gonflés à un peu plus de 300 bars, pour disposer de suffisamment d'air et rester sur une configuration relativement basique. Bon le seul truc c'est que le convoyage des blocs jusqu'au bord de la vasque ne constitue pas à proprement parler une partie de plaisir. Donc lorsqu'il s'agit de blocs de 10 litres qui doivent peser chacun dans les 15 kilos pièce, et que de surcroit il faut essayer de faire ça " en douceur" parce que le propriétaire des blocs aimerait autant que ses bouteilles ne portent pas trop les stigmates de leur aller-retour S1/S5, il convient de procéder par étapes et avec méthode.
La première étape c'est François qui s'en est chargé. Lundi 2 avril il a emmené, tout seul, les deux blocs jusqu'à la vasque du S3. Ceux qui connaissent le réseau derrière le S1, et le côté particulièrement fun du franchissement de la diaclase et du shunt du S2, salueront le bel effort.
Mais les deux blocs ont encore du chemin à parcourir. Il leur faut passer le S3 et le S4 et les galerie exondées, plutôt basses de plafond (ou hautes de plancher) jusqu'au S5. Cela constituera donc l'étape de samedi. Histoire d'arriver à peu près frais le jours J, profitant d'une pause déjeuner prolongée au boulot, je monterai la veille mes deux 3 litres à l'entrée de la grotte.
Samedi je retrouve donc Laurent et François à Saint Jean en Royans et nous montons joyeusement jusqu'au Frochet. Nous raccourcierons même un peu la marche d'approche grâce au nouveau véhicule et à la détermination implacable de Laurent. Nous nous équipons rapidement, filons jusqu'au S3 où nous récupérons les 10 litres, et quelques autres bricoles pour les acheminer jusqu'au siphon de la Boussole. Le passage des S3 et S4 se fait assez aisément, les blocs ayant une flottabilité relativement neutre. La partie exondée sera également franchie sans trop de difficulté, malgré une légère erreur d'aiguillage. Les blocs sont à leur place et n'ont plus qu'à patiemment attendre David qui viendra les utiliser dans deux jours. François profite d'un bi 7, qui avait été laissé sur place après la dernière pointe, pour jeter un oeil dans une vasque vierge située tout près de là. Comme il s'en doutait un peu il retrouve rapidement le fil en place dans le S5, ajoutant ainsi une petite branche à ce siphon. Il est un peu déçu, d'autant que cette vasque ne présente pas d'intérêt pour la prochaine mise à l'eau, qui se fera donc depuis le départ habituel. Nous ressortons relativement tôt et frais de la grotte.
Troisième étape, lundi 9 avril, David est cette fois avec nous. Il est convenu que c'est lui qui fera la pointe aujourd'hui, François étant là pour le remplacer au pied levé au cas où. Laurent et moi ne sommes là que pour l'assistance, nos prétentions aquatiques s'arrêtant là pour l'instant.
La veille, Laurent (en famille) et François sont venus apporter quelques blocs supplémentaires à l'entrée de la grotte. Ce qui fait qu'il n'y a pas grand chose à porter et nous montons le sentier les épaules légères. Cette fois il ne manque rien ou presque (ben oui avec autant d'air autant prendre un peu de fil quant même ;-). Un rapide aller/retour chez françois et le 4x4 de Laurent retrouve vite sa place sur le nouveau parking aménagé. On se change, on se partage les blocs dispos plus ou moins gonflés, on enchaîne S1, S3, S4 et on file jusqu'au S5. David s'équipe, les deux 10 litres "à l'anglaise", les deux dévidoirs et une boussole en parfait état de marche. David disparait une nouvelle fois dans la vasque. Nous l'attendrons une heure pile. Entendant ses bulles nous sommes au-dessus de la vasque lorsqu'il fait surface. "Alors ?". Ben alors: il a jonctionné avec le siphon du Cavalier Seul après avoir déroulé environ 70 mètres. La longueur du siphon est donc de 190 + 70 + 255 (à vérifier). Mais il y a encore des départs intermédiaires à explorer et quasiment au niveau de la jonction il y a encore une autre branche qui part et qui semble plonger; c'est pour cela que David a décidé de ne pas aller plus loin aujourd'hui, préférant privilégier la topo au retour.
Voilà, même si ça ne sort pas, le bilan est plutôt positif. Le doute est enfin levé : la boussole et le Cavalier Seul forment bien le même siphon. Mais où est la suite ? Pour la suite il sera plus judicieux que les mises à l'eau se fassent depuis la vasque du Cavalier Seul, même si la progression pour l'atteindre n'est pas des plus confortables.
La décision est prise de laisser sur place tous les blocs, nous ressortons donc rapidement de la grotte. Le passage du S3, que je franchis cette fois en premier, est toujours un pur moment de bonheur.
Les objectifs des prochaines sorties restent multiples : la suite du S5 par le Cavalier Seul; les départs intermédiaires à vérifier des deux côtés, le siphon du Bout du Monde (encore vierge) et les escalades à essayer de poursuivre.
La suite au prochain épisode.
Olivier.
