Participants
: Arnaud M, Ludwig F, Charlotte L
Cavité
: Puech Nègre
TPST
: 5h30
En
ce doux matin à la température de -11°C, à 7h30 nous prenons la
décision de prendre la route pendant 1h pour la cavité au
développement de 9km.
Arrivé
dans un petit hameau, nous nous changeons et marchons 15 min en
direction de la cavité. L'objectif est d'atteindre le P50 après le
P87. Nous sommes 3, nous avons donc décidé de voyager léger et de
ne pas aller plus loin. On verra plus tard.
En
descendant dans le puits d'entrée, nous faisons la connaissance de
Gwendoline, une vipère en sommeil, et continuons notre route.
Arrivé
sur le P20, Ludwig équipe en light : tête de puits, fractio, et
bisous. La corde ne coulisse pas dans mon descendeur, le puits n'est
pas impressionnant selon moi, c'est calme et on descend en étant
dans notre bulle. Pieds au sol en bas du puits, un boyau à gauche un
autre à droite. Nous décidons de faire un pierre/feuille/ciseaux
pour décider de la direction et partons à gauche.
Bonne
pioche. Petite désescalade et on enchaîne les portions de 15m
pendant 87m. Une longue diaclase, pas très large nous accueille et
nous guide pendant la descente. Cette proximité avec la roche nous
empêche de voir la hauteur de ce puits et se descend donc sans
aucune difficulté.
Pour
la suite, il nous est indiqué qu'elle se trouve sur un point bas de
la salle. Bien entendu, et on aurait dû y penser : point bas = là
où le ce stock l'eau = grosses pluies les semaines précédentes =
lac.
Nous
décidons de manger et de voir ensuite. Et, vu qu'on aime avoir des
idées de merde, on décide de passer ce lac (je dis lac, mais on a
de l'eau jusqu'aux genoux, je suis marseillaise sur les bords).
Ludwig nous fait un petit pont à base de cailloux pour passer. Je
passe ensuite sur ce pont de fortune en prenant soin de bouger
l'ensemble des cailloux, parce que j'ai deux pieds gauches, et je
laisse Arnaud se débrouiller avec l'aide de ses compétences pour
passer les ruines que j'ai laissé.
De
là, nous découvrons le P50 que je suis censée équiper. Il est dit
dans le descriptif qu'il faut mettre une déviation de 5m pour ne pas
être sous la cascade. Arrivé en eau, je vois qu'un simple petit
pipi d'eau coule. Pas de déviation, flemme. J'équipe ma tête de
puits à base de tisserand parce le tisserand c'est cool, là j'ai la
bonne idée de vouloir savoir si le puits été grand en laissant
chantant de ma douce voix.
L'écho
m'a joliment répondu que c'était immense et que je n'aurais pas le
courage de le descendre. Ben il a raison, j'ai pris peur. Je laisse
Arnaud passer devant parce que c'est un mal alpha. Et il descend sur
mes jolis tisserands. Pendant longtemps. Mais vraiment longtemps et
en silence. Il ne s'arrête pas.
Après
ce qu'il me paraît une éternité, il nous crie libre. Écho. A
peur. J'y vais.
L'entrée
du puits qui me paraissait déjà immense n'était finalement qu'un
petit trou dans les plafonds d'une salle encore plus immense. Bien
entendu le petit pipi s'est transformé en une pluie qui te mouille,
et j'entre dans l'antre de la bête. Arnaud est minuscule en bas, et
je ne vois pas les bords (titre), ma lampe n'éclaire rien. Je suis
en fils d'araignée et je m'imagine toute petite dans cet espace à
descendre lentement.
Enfin
les pieds au sol, après environ 6h27, j'annonce que la voie est
libre. Ludwig préfère rester en haut. J'entame donc une remontée
sur une corde aussi élastique qu'un ressort et je me concentre sur
mon croll.
Je
ne veux pas savoir où j'en suis dans ce puits de la mort, je veux
juste rester le moins longtemps possible sur cette fichue corde qui
me fait rebondir à chaque mouvement.
De
là, on remonte tranquillement. Je prends le kit de matos du dernier
puits. Eh bien, messieurs dames, 75m de corde entièrement mouillée,
ça pèse très lourd.
J'en
chie parce que j'ai la force d'une mouche mais j'y arrive et je
découvre la surface. Coucou Gwendo, bisous à toi, on rentre à la
maison.
Charlotte