Participants : Yves B.
& Olivier S.
La Spéléologie
est une activité récréative et souvent sportive mais pas seulement. Son suffixe
nous indique qu’elle doit également être
l’occasion d’observations, d’études et cogitations diverses. Explorateurs
contemplatifs nous restons toujours curieux de mieux comprendre le milieu
souterrain merveilleux où elle se pratique.
Le
club a investi il y a quelques temps dans des sondes (ReefNet) qui permettent
d’enregistrer de manière quasi-continue le niveau et la température de l’eau de
la vasque ou du siphon où on les installe.
Il
suffit ensuite, après un laps de temps suffisant, de les récupérer, de leur
faire restituer les courbes informatiques et de lire ce qu’a été le comportement
hydraulique aux points d’enregistrement choisis. Corrélées entre elles et aux
données météorologiques locales, elles permettent ensuite des interprétations
susceptibles d’améliorer la compréhension du fonctionnement hydrologique
général de la cavité. Ces nouvelles connaissances peuvent par exemple conduire
à mieux cerner l’étendue du bassin versant concerné, fournir des éléments de
karstologie renseignant sur la spéléogénèse de la grotte et surtout orienter de
manière plus efficace les prochaines explorations.
C’est
donc animés de cette intention scientifique (oui j’ose le terme) que nous nous
retrouvons une fois de plus à Saint Jean en Royans pour une nouvelle incursion
dans la grotte du Frochet.
L’objectif
est de placer deux sondes une à l’aval du S1 et l’autre à l’amont du S2. Yves
ayant la veille paramétré les sondes sur son ordinateur et préparé les
supports pour en faciliter la pose in situ, il ne nous reste plus qu’à monter
jusqu’à l’entrée de la grotte, nous changer, traverser le lac d’entrée à la
nage, poser la première sonde, franchir le S1, passer le shunt du S2 redescendre
la rivière jusqu’à la vasque et poser la deuxième sonde et rentrer à la maison
avec la satisfaction du devoir accompli. Bref de quoi occuper utilement
quelques heures d’un dimanche pluvieux de début novembre.
Pour
une fois que nous ne sommes absolument pas pressés nous grimpons gentiment les
petits raidillons qui jalonnent la marche d’approche jusqu’au porche d’entrée.
La pluie qui arrose allègrement la majorité du département semble
miraculeusement vouloir épargner le Royans et nous passons entre les gouttes.
Nous prenons tout notre temps pour nous équiper, aujourd’hui il n’y aura
personne à nous attendre en trépignant.
Sans
être excessif le niveau d’eau du lac est assez haut, nous espérons que derrière
ça ne brasse pas trop. Nous franchissons le barrage qui n’est plus très loin du
débordement, remontons un peu la rivière et Yves m’indique l’endroit où il lui
semble le plus judicieux de poser la première sonde. Pendant que je sors
l’appareil photo pour prendre quelques images Yves se métamorphose en une
espèce de woodpecker émule de la grande
Rika (et sa bassine d’eau froide). En deux temps trois mouvements la sonde est
installée. Yves prend note de l’heure et du niveau d’eau à T0.
Nous
brêlons nos blocs sur nos harnais et plouf. Légère déception la clarté
légendaire des siphons du Frochet n’est pas de mise aujourd’hui ; tant
pis. Nous débouchons rapidement de l’autre côté, la présence de mousse révèle
des récentes crues, mais le débit aujourd’hui est tout à fait raisonnable.
Yves
découvre les derniers aménagements fait dans la cavité et reste stupéfait du
nouveau confort qu’ils procurent, sans les blocs c’est une vraie promenade de
santé.
Promenade de santé… enfin presque !
Après
le shunt nous rejoignons la vasque amont du S2. Yves profite à nouveau des
bienfaits conjugués de l’activité physique (plantage de spit) au bain de siège
que cette fois il pratique, gourmant, jusque sous les aisselles.
Toujours
aussi efficace l’affaire est rondement menée, et il n’est pas encore 15h00
quand nous retrouvons la lumière du jour.
Vous avez aimé la diaclase égyptienne à
l’aller, vous aller l’adorer au retour
Un dernier coup d’œil à la rivière et bataille avec baudrier et mousquetons pour brêler les blocs
Fin de sortie ordinaire au Frochet avec
un nouveau regard dubitatif sur le chargement
(qui une fois mouillé accuse 24
kg sur la balance)
Il ne
restera plus qu’à revenir dans environ trois mois récupérer les deux sondes et
là le travail véritablement scientifique pourra commencer. Les pseudos
monarques d’outre Quiévrain n’ont qu’à bien se tenir…
Bon
d’ici là une séance topo dans les S3 et S4 reste toujours d’actualité, et là ça
sera sportif.
Olivier S. et compléments
Yves B.







