mercredi 12 novembre 2014

Mise en place de ReefNet au Frochet, le 9/11/2014

Participants : Yves B. & Olivier S.
La Spéléologie est une activité récréative et souvent sportive mais pas seulement. Son suffixe nous indique qu’elle doit également  être l’occasion d’observations, d’études et cogitations diverses. Explorateurs contemplatifs nous restons toujours curieux de mieux comprendre le milieu souterrain merveilleux où elle se pratique.
Le club a investi il y a quelques temps dans des sondes (ReefNet) qui permettent d’enregistrer de manière quasi-continue le niveau et la température de l’eau de la vasque ou du siphon où on les installe.
Il suffit ensuite, après un laps de temps suffisant, de les récupérer, de leur faire restituer les courbes informatiques et de lire ce qu’a été le comportement hydraulique aux points d’enregistrement choisis. Corrélées entre elles et aux données météorologiques locales, elles permettent ensuite des interprétations susceptibles d’améliorer la compréhension du fonctionnement hydrologique général de la cavité. Ces nouvelles connaissances peuvent par exemple conduire à mieux cerner l’étendue du bassin versant concerné, fournir des éléments de karstologie renseignant sur la spéléogénèse de la grotte et surtout orienter de manière plus efficace les prochaines explorations.
C’est donc animés de cette intention scientifique (oui j’ose le terme) que nous nous retrouvons une fois de plus à Saint Jean en Royans pour une nouvelle incursion dans la grotte du Frochet.
L’objectif est de placer deux sondes une à l’aval du S1 et l’autre à l’amont du S2. Yves ayant la veille paramétré les sondes sur son ordinateur et préparé les supports pour en faciliter la pose in situ, il ne nous reste plus qu’à monter jusqu’à l’entrée de la grotte, nous changer, traverser le lac d’entrée à la nage, poser la première sonde, franchir le S1, passer le shunt du S2 redescendre la rivière jusqu’à la vasque et poser la deuxième sonde et rentrer à la maison avec la satisfaction du devoir accompli. Bref de quoi occuper utilement quelques heures d’un dimanche pluvieux de début novembre.
Un début de sortie ordinaire au Frochet avec un regard dubitatif sur la claie et son chargement
Pour une fois que nous ne sommes absolument pas pressés nous grimpons gentiment les petits raidillons qui jalonnent la marche d’approche jusqu’au porche d’entrée. La pluie qui arrose allègrement la majorité du département semble miraculeusement vouloir épargner le Royans et nous passons entre les gouttes. Nous prenons tout notre temps pour nous équiper, aujourd’hui il n’y aura personne à nous attendre en trépignant.



Habituel déballage du matériel

Concentration pendant la préparation
Sans être excessif le niveau d’eau du lac est assez haut, nous espérons que derrière ça ne brasse pas trop. Nous franchissons le barrage qui n’est plus très loin du débordement, remontons un peu la rivière et Yves m’indique l’endroit où il lui semble le plus judicieux de poser la première sonde. Pendant que je sors l’appareil photo pour prendre quelques images Yves se métamorphose en une espèce de woodpecker  émule de la grande Rika (et sa bassine d’eau froide). En deux temps trois mouvements la sonde est installée. Yves prend note de l’heure et du niveau d’eau à T0.

Nous brêlons nos blocs sur nos harnais et plouf. Légère déception la clarté légendaire des siphons du Frochet n’est pas de mise aujourd’hui ; tant pis. Nous débouchons rapidement de l’autre côté, la présence de mousse révèle des récentes crues, mais le débit aujourd’hui est tout à fait raisonnable.


Yves découvre les derniers aménagements fait dans la cavité et reste stupéfait du nouveau confort qu’ils procurent, sans les blocs c’est une vraie promenade de santé.

Promenade de santé… enfin presque !
Après le shunt nous rejoignons la vasque amont du S2. Yves profite à nouveau des bienfaits conjugués de l’activité physique (plantage de spit) au bain de siège que cette fois il pratique, gourmant, jusque sous les aisselles.

Préparation du matériel dans la vasque amont du S2






Spitage et boulonnage aquatiques
Toujours aussi efficace l’affaire est rondement menée, et il n’est pas encore 15h00 quand nous retrouvons la lumière du jour.



Vous avez aimé la diaclase égyptienne à l’aller, vous aller l’adorer au retour


Un dernier coup d’œil à la rivière et bataille avec baudrier et mousquetons pour brêler les blocs


Fin de sortie ordinaire au Frochet avec un nouveau regard dubitatif sur le chargement 

(qui une fois mouillé accuse 24 kg sur la balance)
Il ne restera plus qu’à revenir dans environ trois mois récupérer les deux sondes et là le travail véritablement scientifique pourra commencer. Les pseudos monarques d’outre Quiévrain n’ont qu’à bien se tenir…
Bon d’ici là une séance topo dans les S3 et S4 reste toujours d’actualité, et là ça sera sportif.
Olivier S. et compléments Yves B.





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