Goule noire est la deuxième résurgence du Vercors avec un débit d’étiage supérieur à 500 l/s. Des colorations ont montré les relations avec Le Trou qui souffle, Le Trisou et la Glacière d’Autrans. Face à ces potentialités, les explorations se sont succédées dans la résurgence malgré les risques liés à de rapides et importantes mises en charge. Tout récemment, une petite équipe de « pointeurs », dont David Bianzani, a encore rajouté 200 m à la cavité, après un cinquième siphon.
Compte tenu des interrogations sur ce réseau particulier (directions, liens potentiels avec la grotte Favot,...), il était nécessaire de remettre à plat la topo et en particulier de reprendre celle de la zone d’entrée. Après un projet échoué en cours de semaine, c’est donc avec Olivier et assisté de membres du Masc que nous nous sommes attelés à la tâche.
Premier rendez vous à St Nazaire en Royans. Evidemment le local de l’étape que je suis arrive en dernier... ça commence bien ! J’embarque Jean Jacques et après un passage chez David pour récupérer des bouteilles pour Olivier, deuxième regroupement en aval du pont de Goule noire où Hugues est déjà parti en éclaireur au fond de la Bourne.
Pendant que Hugues explore le secteur, préparation des sacs, que dis-je, des charges puisque la balance indique plus de 20 kg pour chacune. Je démarre avec mon sherpa rempli jusqu’à la gueule, et, erreur fatale, je me plante sur le départ du chemin et ne retrouverai Olivier et Hugues, équipant le bon passage, qu’après avoir ramé dans les éboulis et la végétation. La famille Desforges (dont José chargé de ma claie avec mes bouteilles), confiante, m’avait suivi dans cette galère.
Après ce nouveau regroupement, nous arrivons enfin à la cavité, par son entrée supérieure dont la pente nécessite un bout de corde. Lui succède un vaste porche traversé par la rivière.
A ce stade, vu l’heure et les efforts, une seule possibilité : casser la croûte.
Vient ensuite la longue phase de préparation des batraciens cavernicoles qui malgré un objectif modeste ne pouvaient échapper à un équipement minimum.
Premier constat à l’immersion dans nos combines pas très épaisses (pour pouvoir crapahuter une fois sortis de l’eau), c’est frais, très frais même. Cela se traduit par diverses réactions physiologiques, sur lesquelles je ne m’étendrai pas, et par le verdict de nos ordis de plongée : 7°. Cela nous a amené à ne pas traîner dans le franchissement du S1, long d’une soixantaine de mètres, qui est réglé en moins de cinq minutes malgré un bon courant de face.
Ce S1 est assez confortable sans être vraiment spacieux et seule la sortie est un peu délicate surtout avec toute la puissance du courant. Déjà encombrés par le matériel topo, nous n’avons malheureusement rien emmené pour de la photo.
Une fois déséquipés, nous remontons la rivière jusqu’à la base du puits amenant au S2. Bien que le niveau soit bas, le débit est impressionnant et à l’approche des cascades, cela vaporise beaucoup. Dans ces conditions, j’ai préféré ne pas exposer le Disto, plutôt sensible à l’humidité, quitte à revenir avec une boite topo traditionnelle. Retour au siphon pour rebreller tout le barda et commencer la topo. Je pars en tête avec la planchette, Olivier tient le déca. Le retour est bien plus long, plus de 20 minutes et dans nos petites combines le froid commence à se faire sentir. Enfin, nous ressortons avec l’aide de Jean-Jacques, resté en surveillance. Petite pause en surface pour essayer de se réchauffer et c’est reparti par le deuxième accès au siphon. Nous passons de nouveau 20 minutes dans cette branche sud et cette fois sortons complètement gelés alors que Hugues et la famille Desforges arrivent, de retour de grotte Roche.
Changement de tenue et c’est reparti, au Disto, cette fois pour la topo du porche qui s’avérera un peu plus compliquée que prévu avec des diverticules et des petits bouts de galeries dont une diaclase qui mériterait d’être revue.
Après avoir fait le tour des lieux, Katia, José et leurs filles repartent en premier. Nous suivons, de nouveau chargés comme des mules, en particulier Olivier qui nous fait une magnifique crise de « bianzanite aiguë » en portant tout son matos de plongée plus ses bouteilles (la ceinture de plombs, c’est pour la photo, tout de même !).
La dernière étape sera à Pont à Royans avec un passage chez Croque Montagne et à la boulangerie. Cela permettra de découvrir les charmes de ce petit village (comprenne qui peux) et de faire quelques emplettes. On ne saura que vous recommander le pavé aux noix :-). au bistrot, nous admirerons d’ailleurs avec quelle aisance Hugues utilise ce produit local pour lier conversation avec sa voisine de la table d’à côté.
Au final, 230 m de topographie dont 100 m dans les siphons. Avec les relevés faits après le S1 par David et Co, cela porte la cavité à plus de 1100 m de développement pour 108 m de dénivellation.
Pour la suite, si les pointes au fond restent réservées aux grands costauds, il reste pour les « petits » comme nous des choses à voir dans les secteurs proches de l’entrée.
Un grand merci au soutien de surface pour l’équipement du chemin, le portage et la patience.
Yves (avec Hugues pour les photos)











