Sortie à la Poule Rousse, départ de 9h de Montélimar.
Jean-Jacques
Sortie à la Poule Rousse, départ de 9h de Montélimar.
Jean-Jacques
MASC MONTÉLIMAR
Sortie
Date de la sortie : 08 juin 2024
Cavité : Scialet Robin
Commune : Bouvante
Massif : Vercors
Personne(s) présente(s) : Nicolas (SGCAF), un autre Nicolas (SGCAF), et Eric (MASC)
Temps passés : 08h30
Type de la sortie : Classique
Rédacteur : Éric
Mon fils Nicolas et son collègue Nicolas me proposent de faire le scialet Robin, sise commune de
Bouvante, dans la Drôme.
Puisque nous devons travailler physiquement les remontées sur cordes en vue du Berger 2024 qui
arrive à grand pas, je ne refuse pas.
Situé à 1150 m d’altitude, on y accède par la D199 où non loin un emplacement permet de garer
les véhicules. Le porche d’entrée se trouve à environ une centaine de mètres du bord de la route, dans la
forêt de Lente.
Nous convenons de nous donner rendez-vous, mon fils et moi, à proximité du trou, la veille à
18h00 afin d’aller équiper jusqu’au début du fameux puits Jacques’potes. Son collègue Nicolas nous
rejoindra le lendemain matin à 07h30.
Nous prévoyons d’emmener une C60, C27, C23, C40, C135 et C50.
Donc, arrivée la veille, nous préparons 2 kits et partons équiper la 1ere partie. Depuis un moment,
il pluviote et j’espère qu’en ressortant cela ne s’aggravera pas. Non pas qu’il y ait un danger mais il n’est
pas agréable de se changer sous la pluie. Mentionnons que sur les lieux, nous n’avons pas de réseau
téléphonique. Il a fallu rouler en véhicule pendant environ 3 à 4 mn, plus en aval pour donner la sonnette.
Une fois devant le porche, qui débute par une chatière, nous cherchons des points d’ancrage. Là,
soit nous avions été bigleux, soit pressés par le temps car nous voulions nous coucher assez tôt pour le
lendemain mais nous ne remarquons qu’un spit sur la droite. Nous remarquons sous la voute 2 spits,
placés un peu haut. Nous y faisons donc notre 1 er point. Il faut étendre le bras et visser d’une main. Bref,
l’endroit n’est pas très aisé car l’endroit où reposent les pieds est sur une pente. La personne mentionnée
en fin de CR nous apprendra que ces points au plafond avaient été mis en place et ont servi pour le
secours d’un spéléo sur civière et que celui qui les avait installés mesurait 1.90 m. Il nous dira que sur la
droite il y avait une lunule.
Nous passons la courte chatière qui mène sur un enchaînement de puits. Un 1 er P24 dont une
partie est étroite, à peine plus large qu’un kit et qu’il faut passer face à la paroi, débouche dans la foulée,
après 5/6 mètres en légère pente descendante, sur un P15. Une C60 sera largement suffisante pour ces 2
puits.
Pour la suite, Nico sort la C27 pour le passage en vire, à main gauche. La paroi est bien verticale
et les spits pas si proches mais Nicolas s’y colle ; pas à la paroi mais à la tâche ! Mais si, un peu à la
paroi quand- même ! Nico a revêtu un k-way car ça ruisselle ce qui n’est pas rigolo quand on passe du
temps à équiper.
En bout de cette MC, on descend dans le P13, où il faut chercher dans son dos un spit afin de
poser une déviation avec une grande sangle. Puis, on arrive rapidement à une succession de 3 ressauts
de 3, 6 et 3 m. On utilise une C23 mais il nous manquera, passé le 2 ème ressaut, des mousquetons pour
poursuivre l’équipement. Bref, on laisse ainsi cette dernière partie en l’état et nous décidons de remonter.
Nous aurons utilisé 21 mousquetons.
Au sortir du Robin, la nuit est tombée. Nous nous dépêchons de nous changer et d’informer
Nicolas que nous sommes sortis, puis nous nous restaurons avant d’entamer la nuit qui pour moi sera
courte du fait de mal dormir.
Le lendemain, levé 06h00, petit déjeuner copieux lorsque Nicolas arrive avec un peu d’avance.
Nous engouffrons le reste sans prendre le temps nécessaire de bien mâcher. Tant pis, notre estomac
travaillera un peu plus !
Juste un peu avant son arrivée, Nicolas a prévenu 2 de ses collègues en donnant comme
consigne de sortie à 18h00.
On se change et on prépare 4 kits, dont un gros pour la C130, la C50 et les mousquetons, puis
direction le Robin.
Nous pénétrons dans le scialet à 08h00. Les puits déjà équipés s’enchaînent. Le collègue Nicolas
termine d’équiper la fin du dernier ressaut (~ -60 m). Puis, il enchaîne le Jacques’potes. Cela commence
avec un 1 er jet de 30 m, puis, une MC à gauche (-82 m) qu’il équipe avec sa C40 et qui nous mène à un
second jet de 30m. La tête de puits se fait sur la paroi de droite. Il utilise la C50 que Nicolas lui passe en
même temps que le kit contenant également la C135.
Au bas, nous atterrissons sur une vire confortable où Nicolas pose une MC. Un petit rappel de 4/5
mètres nous mène sur une petite margelle (-117 m) où la vue est magnifique. Ce puits est à la fois très
impressionnant et très beau. D’un beau diamètre, il descend verticalement sur environ 80 mètres qui sera
le 3 ème jet final avec 3 fractios. Cette sortie en vaut vraiment le coup.
On déroule donc le 1 er , 2 ème et 3 ème fractio, jusqu’à arriver à 10 m du fond où il faut penduler sur 4/5
mètres à notre gauche. Bon, sur cette dernière partie, on se fait arroser à grosses gouttes jusqu’à atteindre
des concrétions que l’on agrippe puis la lucarne que Nicolas a cherchée et qui se situe légèrement en
contrebas, décalée sur la gauche.
Depuis les concrétions, la corde frotte et il faut faire attention à ne pas trop donner d’à-coups.
Voilà, nous sommes passés et nous atterrissons dans le Vestiaire. Il est 10h00 passé. Puis vient la
salle Blanche avant de s’engager dans le Labyrinthe. C’est une succession de montées, descentes
sur/entre blocs, à quatre pattes, reptations, quelques fois sur un sol boueux. Cela est quelques peu
pénible pour moi car les 2 loustics devant moi semblent courir ou bien c’est moi qui fait, inconsciemment,
une opération escargots ! Le cheminement est signalé par de la rubalise mais pas toujours évident par
endroits. Bref, pour l’instant, je ne vois rien d’exceptionnel.
Nous arrivons aux Soldats de Calcite, très joli petit espace bas où se dressent des petites
concrétions pas plus hautes qu’une dizaine de centimètres. Cela me fait penser (flash furtif) aux armées
d’époque qui se dressaient sur le champ de bataille. Je n’ai pas le temps de dégainer mon téléphone pour
une photo que voilà mes 2 comparses repartis. Bon, Nico en a fait une.
Vient l’Escalade des Choux Fleurs, d’une dizaine de mètres, équipée en fixe mais glissante. Elle
débouche sur la Galerie de la Neige où j’apprécie, non pas la beauté, si un peu, mais le fait que l’on peut
se tenir debout.
Nous irons jusqu’à la cloche de la Rubalise pour se reposer et prendre un en-cas constitué par
quelques petits saucissons et des céréales. Il doit être 13h00 environ. Bon, on décide de ne pas
poursuivre car il faut que je garde de l’énergie pour remonter les 200 m.
Et c’est reparti, je ne sais pas si les 2 lascars s’entraînent pour un trail mais bon j’essaie de ne pas
trop me faire distancer, bien que quelquefois ils m’attendent.
Nous arrivons au Jacques’potes mais personne ne le touchera ! Si un peu tout de même «le plaisir
de l’avoir fait ».
Je lève la tête et boudiou que c’est haut. Je passe premier. On se met d’accord pour le
déséquipement. Le collègue Nicolas déséquipera le P138, Nico jusqu’après le P13, tandis que je
terminerai le P15 et P24.
Petite histoire : Arrivé en haut des ressauts, je ne vois plus de corde qui repart vers le haut. La
mémoire me jouerait-elle des tours ? Je m’avance d’un côté mais cet endroit ne me dit rien et de plus ne
m’inspire pas. Je reviens sur mes pas, regarde d’un autre côté, mais de même. L’espace d’un court
instant, mon esprit se rappelle d’un CR indiquant qu’une personne mal intentionnée dérobait les
mousquetons à l’entrée du scialet et qu’elle a dû dans le cas présent descendre jusqu’à cet endroit
récupérer les cordes et mousquetons. Là, je nous vois attendre l’arrivée des secours plusieurs heures,
voire le lendemain matin et gérer le froid. Bon, j’insiste pour retourner au 1 er passage qui, en fin de compte,
était le bon car je vois un peu plus loin la corde du puits pendre. Ouf, soulagement.
Nous sortons à 16h30.
Nous n’aurons vu que 2 chiroptères et un autre mort dans la galerie des neiges.
Arrivés aux véhicules, nous rangeons le matériel dans des sacs propres car ceux-ci sont
recouverts de boue.
Nous nous offrons un moment de répit en dégainant des bières, saucissons et autres friandises,
ce qui nous fait du bien après juste le léger en-cas gobé durant la sortie.
Une voiture s’arrête, un homme d’un certain âge en sort, habillé en tenue de treillis de camouflage.
Il arrive d’un pas pressé vers nous. Là, je chuchote « ce doit être le garde champêtre qui va nous
réprimander pour faire du camping sauvage ». Mais non, il nous apprend qu’il est le découvreur avec son
neveu Robin du scialet du même nom et qu’il se prénomme Jacques, du nom du fameux puits. On l’invite
à s’asseoir et à partager une modeste collation pendant qu’il sera soumis à la question !!
Voilà fin de l’histoire. Je remercie mes 2 accompagnants pour cette sortie fabuleuse.
Dommage que je n’aie pas pu faire autant de photos que je l’aurais souhaité ; peut-être une
prochaine fois.
Eric