lundi 17 février 2025

Compte rendu de la sortie spéléo à l’Aven Double de Saint-Remèze du 2 février 2025

Date : Dimanche 2 février 2025

Participant.es : Émilie (MASC, organisatrice et responsable matériel), Léa (experte en pique-nique), Isabel (autrice de ce compte-rendu), Dorian (MASC, spéléologue passionné et fédéré), Chloé (qui faisait sa première sortie spéléo)

TPST : 3h15

Rendez-vous matinal et préparatifs

Dimanche matin, 9h45 pétantes, nous voici sur le parking de l’Aven Double. Il fait un froid à réveiller une marmotte en hibernation, mais notre motivation est à son comble ! Émilie a le coffre de sa voiture débordant de matériel : baudriers, descendeurs, bloqueurs, cordes et quelques gadgets mystérieux. Léa, elle, veille sur son sac comme sur un trésor inestimable. Dorian rassemble tout son matériel et Chloé se prépare psychologiquement à sa première exploration de la croûte terrestre. Quant à moi, Isabel, je note déjà dans ma tête toutes les péripéties qui ne manqueront pas d’arriver.

Après une courte marche d’approche de 10 minutes environ (assez pour se réchauffer un peu mais pas trop pour se demander pourquoi on s’est levé si tôt un dimanche), nous arrivons face au trou.

Vient le moment fatidique de l’équipement. Émilie avait pris deux combinaisons en taille S pour Léa et moi. Je prends la verte, Léa la rouge. Tout allait bien, jusqu’au moment où j’ai voulu passer les bras... Impossible de bouger. Emilie vérifie l’étiquette : taille 14 ans. Fous rires. Tout s’explique. Heureusement, Dorian a d’autres combinaisons dans sa voiture. Me voilà sauvée (et un peu vexée).

Descente dans les entrailles de la Terre

Dorian et Émilie équipent la descente. Dorian, tel un artisan du gouffre, perce la roche pour poser de nouveaux spits pour faire un début de main courante autre que sur des arbres, pendant qu’Émilie jongle et fait des numéros d’équilibriste pour installer les "dév" et les "frac"... Tout un langage à maîtriser !

Une fois les débutantes harnachées, briefées et motivées, nous attaquons la descente dans le premier puits (puits "sud"). Emilie nous explique (pour la dixième fois, mais on aime bien l’écouter) comment bien s’installer dans le baudrier et éviter de finir en chandelier humain suspendu dans le vide. Dorian, l’œil affûté, surveille les opérations et dispense ses conseils avec la sagesse d’un vieux maître : "À quoi tu es attachée, toujours tu penseras."
Première difficulté : un joli petit puits de 15m qui nous met directement dans l’ambiance. Je m’élance la première dans le puits, en retenant ma respiration comme si ça allait m’aider. Une fois en bas, j’observe le ballet des autres qui descendent à leur tour, tantôt hésitants, tantôt gracieux.
11h45, nous voilà enfin tous sous terre (... ce fut un peu long). Il faisait froid dehors, mais ici, c’est un peu plus agréable. Nous enchaînons sur une deuxième descente sur corde, puis nous partons explorer la cavité, guidés par nos experts en géologie souterraine. Stalagmites, stalactites, drapés... la nature sait faire de la déco !
Puis viennent les parties plus acrobatiques : nous devons ramper, nous tordre et nous contorsionner dans des laminoirs et chatières bien argileuses. Mention spéciale pour Chloé, qui découvre que "première sortie spéléologile" rime avec "se rouler dans l’argile".
L’exploit du jour revient à Chloé, qui découvre un trésor bien caché au fond d'un trou... Une bouteille de vin et une bouteille de rhum ! Dorian, tel un pirate des cavernes, les avait cachées là lors d’une précédente exploration. Une surprise qui nous motive encore plus à avancer !

Vers 13h, nous arrivons enfin au bout de la cavité... ou presque. Dorian nous annonce qu’il y a une étroiture très étroite, qu’il n’a jamais réussi à passer et que c’est le terminus. Emilie le prend comme un défi : elle retire son baudrier et tout ce qui pourrait la ralentir, elle s’élance la tête la première et disparaît peu à peu dans un minuscule passage. On entend des bruits étranges de frottement et de couinements au loin. Quelques minutes plus tard, elle revient, triomphante : "Ça passe, et ça continue encore loin !" On la félicite... et on décide quand même de ne pas la suivre. Les ventres gargouillent, et l’appel du pique-nique est plus fort que la curiosité spéléologique. (Note d'Emilie : le "terminus" en question est en fait ce qui est dénommé "chatière le chameau" sur la topo. Derrière ça continue effectivement, il y a un laminoir bien bas où j'ai enlevé le casque, c'est ensuite un peu plus grand et à nouveau plus étroit avec un boyau qui continue mais j'ai arrêté là vu que les autres ne me suivaient pas...).

Remontée et pique-nique bien mérité

Reste encore une petite formalité : la remontée sur corde. Cinq mètres, puis quinze mètres. Nous installons la corde dans le croll, mettons la poignée, poussons sur la pédale... et découvrons avec joie que c’est bien plus facile à dire qu’à faire.

Emilie et Dorian nous encouragent et corrigent nos mouvements : « Redresse-toi, pousse sur les jambes, arrête de gigoter comme une truite hors de l’eau ! ».
Mention spéciale pour moi (Isabel), qui, toujours équipée de matériel taille enfant, progresse à la vitesse d’un escargot sous Tranxène. Mais avec un peu de sueur et beaucoup de grimaces, nous finissons tous par sortir. Il est déjà 15h.

Une fois dehors, le soleil est voilé mais nous sommes heureux de le retrouver. Nous enlevons nos combinaisons couvertes d’argile, ce qui nous fait ressembler à des serpents en pleine mue. Puis vient enfin le moment tant attendu : le pique-nique.

Léa sort une quiche maison et un banana bread au chocolat qui mériteraient une étoile Michelin. Le tout est accompagné d’une bonne dose de fatigue et de satisfaction. On savoure le pique nique tout en échangeant nos impressions sur cette belle exploration avec manips de corde.

Conclusion

Ce fut une journée épique : des péripéties, des découvertes, du suspense, un trésor (liquide), et surtout, une initiation réussie ! Un immense merci à Émilie et Dorian pour leur patience et leur encadrement, à Léa pour le pique-nique 5 étoiles et à Chloé pour la bonne humeur.

Vivement la prochaine expédition... avec des combinaisons à la bonne taille cette fois !

Note sur l'équipement

Le puits "sud" s'équipe bien en double, avec des cordes entre 20 et 25 mètres.

1ère corde : MC sur les 2 spits fraîchement posés, puis frac sur 1 spit et 1 AF et dev sur AF sur la paroi opposée

2ème corde : MC sur 2 arbres, puis frac sur 2 spits et dév sur le 2ème AF de la paroi opposée

Dans les deux cas, ça frotte au-dessus du premier frac, prendre un kit pour mettre entre la roche et la corde.

2ème puits : corde de 15m. MC sur plaquette en place et différents spits et AF puis tête de puits sur 2 spits









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