lundi 9 décembre 2024

  • Date de la sortie : 02/11/2024

  • Cavité : Trou Souffleur

  • Commune : Saint Christol d’Albion

  • Massif : Plateau d’Albion

  • Personne(s) présente(s) : Bertrand, Émilie, Éric Sanchez (MASC)

Nicolas Sanchez & Nicolas Ecarnot (SGCAF)

  • Temps passés : Un peu plus de 12h

  • Type de la sortie : Classique

  • Rédacteur : Nicolas Sanchez

Mon père m’informe que Bertrand et Émilie cherchent des victimes pour aller au fond du Jean Nouveau ou du Trou Souffleur, le week-end du 1er novembre. Étant dispo, je saute sur l’occasion et propose également à Nicolas Ecarnot du SGCAF avec qui j’avais déjà évoqué de faire une sortie ce week-end là.

Après prise d’information, on apprendra que le Trou Souffleur est équipé en fixe. Nous décidons donc d’y aller avec pour but d’atteindre la rivière et qu’ensuite… on verrait bien !

Chacun s’organise : Nicolas sera le week-end avec sa famille sur Montbrun les Bains, il nous rejoindra donc le matin. Bertrand et Émilie arriveront la veille, comme mon père et moi, afin de prendre les dernières informations à l’ASPA. On apprendra donc que, grâce à un stage ayant lieu la semaine précédente, l’ensemble de l’équipement en mauvais état a été repris, quel confort pour notre descente !

Nico nous annonce alors qu’il ne descendra qu’à -200 m et qu’il remontera, car il vient de faire un canyon, ou plutôt une marche retour, bien trop éreintante, tant pis pour lui !

Mon père est plutôt rassuré car il se posait beaucoup de questions sur sa forme physique et sait qu’il aura donc un joker pour remonter avec lui s’il décide de ne pas continuer.

RDV est pris à 7h30 devant le trou. Avec mon père, nous dormons les pieds au bord du trou, donc nous sommes déjà sur place. Bertrand et Émilie arrivent un peu avant l’horaire et, surprise, Nico arrive à 7h34 ; moi qui leur avais dit qu’il arrivait toujours avec un quart d’heure d’avance…

On discute rapidement et on s’équipe pour rentrer. Mon père, qui a passé une partie de la nuit à ne pas dormir, décide de s’arrêter avec Nico à -200 m avant le méandre de l’Ankou. Il y aura donc l’équipe des Combis rouges (et orange rapiécée pour Bertrand) qui iront à la rivière et l’équipe des Combis Bleues qui nous abandonnera à -200 m.

Les premiers puits sont assez étroits et on est directement dans l’ambiance. Le méandre des Absents s’enchaîne assez bien … sauf quand on se trompe et qu’on doit faire demi-tour !

À noter qu’après un petit ressaut avec une sangle arc-en-ciel (ou « LGBT », lu dans un autre compte-rendu), il faut plonger à gauche dans une petite faille descendante et pas continuer tout droit dans ce qui semble évident ! Heureusement qu’avec Émilie on est restés en arrière et qu’on a laissé les autres aller ramper héhé.

Ceci passé, on arrive au P36 et rapidement au puits de l’Anaconda. Ça y est, les volumes s’agrandissent, c’est beau ! On laisse quelques bouteilles d’eau par-ci par-là pour la remontée. Bertrand et Émilie profitent de la descente pour filmer avec Go Pro, panneaux LED et spots, belle maîtrise et efficacité (on perd à peine de temps par rapport à une descente non filmée).

Ça y est, le moment de séparation arrive. Après avoir laissé 2 bouteilles de Coca, Nico et mon père remontent tandis qu’on s’engouffre dans le méandre de l’Ankou. Bon, on va voir s’il est si terrible que ce que tout le monde en dit de ce méandre ! Déjà, zéro soucis sur l’itinéraire, c’est balisé de rubalise à certains endroits et de points blancs tous les 2-3 m, impossible de se tromper. Ensuite, la progression n’est pas si compliquée, même si c’est assez « patiné » et qu’on doit se tordre à quelques endroits et escalader et désescalader à d’autres. Bon, on remerciera quand même les personnes qui ont équipé le trou parce qu’avec des kits de cordes, c’est clair que ça ne doit pas être la même histoire !

On arrive alors à la partie la plus incroyable : des centaines de mètre de puits immenses… C’est la première fois qu’en haut d’un puits, notamment le André Gendre, j’ai l’impression de plonger dans le cosmos, c’est noir on ne voit rien, c’est incroyable…

On croisera en haut du Gendre un père avec son fils ado, pour qui c’est sa première sortie sous terre ! Ils sont partis la veille à 10h, ont bivouaqué, ont fait des photos au niveau de la rivière et remontent tranquillement, chapeau ! Il a intérêt à bien choisir ses prochaines sorties pour ne pas s’ennuyer.

On atteint la rivière en un peu plus de 5h sans courir, vers 13h30. On décide d’aller au bivouac pour casser la croûte, à savoir boire une soupe lyophilisée apportée par Bertrand et Émilie ainsi que manger divers mets à base de pain, jambon fromage, pâté et barres de céréales. Il est 14h40, on se met alors d’accord pour commencer la remontée. Vu qu’on a eu la flemme de prendre de l’eau à la rivière, la majorité de notre eau est passée dans la soupe et le café ; Bertrand essaye de remplir sa bouteille au niveau de la seule source sous laquelle a été placé une sorte de sac étanche qui fait bassine. Problème, il doit falloir faire 2m50 pour l’atteindre, donc il arrive plus à se tremper les bras qu’à la remplir. Bref, il n’y a plus que moi qui ait un peu d’eau, super !

On attaque la remontée sur corde à 15h. Les centaines de mètres de puits sont beaucoup moins agréables à la remontée ! Je file devant, talonné par Émilie et Bertrand qui ferment la marche. Heureusement qu’il y a certains paliers pour poser ses jambes parce qu’au bout d’un moment, mon baudrier me scie les hanches, je m’en sortirai d’ailleurs avec deux beaux bleus !

Finalement, la remontée se passe plus rapidement que je pensais et on arrive au début de l’Ankou où nous attendent une bouteille de coca et d’eau ; les gorgées se font apprécier.

Dans l’autre sens, le méandre se passe tout aussi bien (en plus, on a moins d’eau donc on est plus léger !) sauf que, sur la fin, on se met à douter : En effet, on voit une petite galerie partir sur la droite en légère montée avec une flèche qui indique « Aubert », galerie qu’on n’a pas du tout vu à l’aller … En réalité, il suffit de continuer dans la galerie principale et l’accès au Souffleur se trouve quelques dizaines de mètres plus loin, ouf, on ne se retrouvera pas à faire les 15 350 m de méandre supplémentaires de l’Ankou amont !

Dans le puits de l’Anaconda, c’est Émilie qui part devant et elle impose un rythme d’enfer ! Je trouve l’excuse d’attendre le contact visuel avec Bertrand pour pouvoir souffler et me reposer à certains moments.

On arrivera finalement dans le méandre des Absents qui, pour moi, m’a paru plus simple que l’Ankou même si ce n’est pas le cas pour les autres. Il est vrai que l’Ankou est plutôt plus à niveau alors que celui des Absents remonte et la gravité n’aide pas…

Dernière petite mésaventure dans le puits à la sortie du méandre des Absents : Émilie commence à grimper en se disant qu’une corde n’aurait pas été de refus et elle s’étonne qu’il n’y en ait d’ailleurs pas une… et au bout de 5-6 m, surprise ! La corde est bien là mais remontée et posée en paquet, pas cool de la part des deux qui nous ont précédés !

On sort finalement au grand jour (ah ben non il fait nuit) vers 20h30 après avoir passé un plus de 12h sous terre. La remontée à partir de la base du puits André Gendre nous aura pris moins de 6h, moi qui pensais qu’on allait y mettre le double !

Une bien belle sortie ! Merci à l’équipe !








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