Participant.es : Bertrand VALENTIN, Émilie BERTRAND
CR : Émilie
Approche : 15 min
TPST : 5h30
Retour : 10 min
Première incursion en terre haute-saônoise pour Bertrand, contrée oubliée des sorties spéléos de ses clubs parisiens qui préféraient le Doubs ou le Jura. Certes, les opportunités karstiques de ce département sont un peu plus réduites que celles de ses départements voisins et la bibliographie spéléo est réduite... Mais tout de même, on y trouve quelques réseaux notables, principalement des rivières souterraines, qui méritent très certainement une petite visite.
Mais pourquoi cet intérêt soudain pour la Haute-Saône me direz-vous ? Il se trouve que c'est justement mon département d'origine et qu'une bonne partie de ma famille y est encore présente. On profite donc d'une invitation à y aller passer les fêtes de Noël pour en découvrir un peu plus sur le sous-sol haut-saônois.
On commence par aller voir l'entrée de quelques cavités proches de chez mes parents :
-la grotte du Carrousel : située sur les communes de Conflandey et de Port-sur-Saône (justement là où j'ai grandi), cette cavité s'ouvre en bordure de la Saône par un vaste porche et développe ensuite environ 400 mètres de galeries. Une réserve naturelle a été créée pour protéger les espèces de chiroptères qui y ont trouvé refuge et l'accès à cette grotte est interdit. On contemplera donc juste l'entrée depuis les grillages qui l'encerclent.
- : située sur la commune d'Echenoz-la-Méline, ils s'agit à la fois d'une cavité naturelle, d'un lieu d'occupation du paléolithique à l'époque gauloise, et d'un lieu de pèlerinage (paraît qu'une statue de la Vierge Marie y a été trouvée et qu'elle a fait des miracles...). Cette grotte s'ouvre au fond d'une reculée, par un vaste porche où coule une rivière, et développe pas loin de 3 kms de réseau. Là encore, l'entrée est protégée par une grille, mais il doit y avoir moyen de se rapprocher du spéléo-club de Vesoul pour y avoir accès.
-la grotte de la Baume à Scey-sur-Saône qui est la résurgence de la rivière souterraine du Deujeau. Il s'agit du plus grand réseau de Haute-Saône, le réseau du Chaland, qui a été exploré sur plus de 10 kms. On accède à ce réseau par le gouffre d'Arbecey.
Pour une plus longue sortie sous terre, nous jetons ensuite notre dévolu sur la goule de Captiot à Gy. Vu les pluies des derniers jours, le choix était limité puisque la plupart des cavités du secteur sont des rivières souterraines donc sujettes aux risques de crues. La goule de Captiot est certes active et parcourue par un ruisselet qui peut enfler en période de grandes eaux, mais les risques de crues y sont tout de même limitées et il n'y a pas de pluie annoncée ce jour.
Après 45 minutes de voiture, 15 minutes de marche d'approche dans la forêt, nous voilà en vue du trou. L'entrée est facile à trouver, la cavité est pointée sur la carte IGN et on trouve de nombreux descriptifs d'accès sur Internet. On ne s'attendrait pas spécialement à trouver une cavité à cet endroit, les Monts de Gy, qui paraît plus propice à la randonnée VTT qu'à la spéléo... Mais le porche se trouve bel et bien là, avec une belle petite cascade à l'entrée... Hum, l'ambiance va être humide...
Il s'agit de la grotte la plus profonde de Haute-Saône... 93 mètres de profondeur... On a pris de quoi aller jusqu'au point bas de la cavité. On verra bien jusqu'où on va en fonction des conditions aquatiques...
Petite descente glissante à l'air libre pour rejoindre le porche. On admire la cascade en essayant de ne pas se faire arroser et on s'engouffre dans la galerie. Celle-ci est large et haute au démarrage, on progresse debout, en évitant de mettre les pieds dans le ruisselet qui s'écoule. Le niveau sonore est très élevé. La galerie se rétrécit ensuite et on arrive au premier puits de 8 mètres, le puits Mario. Un panneau "danger - accès interdit" se trouve juste avant ce puits, pratique pour avertir les néophytes qui seraient aventuré.es par curiosité jusque là. Bon, en regardant a posteriori d'anciennes photos, le panneau se trouvait initialement à l'entrée du proche... Il a dû être emporté par l'eau jusque là.
Nous, on a tout ce qu'il faut pour descendre en toute sécurité, et Bertrand équipe le puits Mario. Il y a des broches au plafond qui permettent d'avancer jusqu'au bord du puits d'où le ruisselet s'écoule en cascade... On a lu que ce puits pouvait être équipé hors crue à l'aide d'une déviation. Bertrand regarde, effectivement il y a de quoi en faire une, mais elle ne permet pas de se décaler suffisamment pour éviter complètement de se faire mouiller. Dommage que l'équipement n'ait pas continué un peu plus loin au plafond, on aurait pu descendre au sec. Bertrand commence la descente et évite en se décalant avec élégance la bassine d'eau au pied de la cascade. Il se mouille tout de même un pied. Je m'élance à mon tour, j'admire la coulée concrétionnée le long du puits, me dit qu'il faudrait que je me décale moi aussi pour ne pas atterrir dans l'eau mais je ne sais pas comment je débrouille, je me retrouve juste sous la cascade... Bon ben voilà, je suis mouillée. Ca, c'est fait...
Après un passage à quatre pattes, on continue au fond d'un beau méandre, propre, avec des cailloux et un peu d'eau au sol. C'est très joli. Je suis agréablement surprise par cette cavité. A un moment, le plafond prend des teintes rosées très esthétiques. Un pan incliné glissant permet ensuite de monter de deux mètres pour progresser plus en hauteur dans le méandre. On pose une main courante pour sécuriser la progression, il ne s'agirait pas de glisser au fond du méandre. Après une quinzaine de mètres, un autre pan glissant permet de redescendre dans l'actif. On continue au sol la grande galerie jusqu'à un angle droit. Là il existe trois passages : un ramping, un court méandre où l'actif circule jusqu'aux chevilles ou un passage supérieur qui nécessite de redescendre par un ressaut de 8 mètres. On ne cherche pas trop, on avise le passage bas, va pour le ramping. Il n'est pas très long, mais ça fait tout de même bosser les abdos. Une fois de l'autre côté, on voit la sortie du passage par le méandre actif. On le prendra au retour, c'est plus court, la progression se fait courbé.e et on se mouille un peu les pieds, mais ça va. On arrive ensuite à la "galerie des corniches". Il s'agit de méandres superposés qui se croisent, au fond l'actif, tandis que nous parcourons le méandre fossile du dessus, en enjambant à chaque croisement le méandre actif du dessous. Assez originale comme configuration ! L'ambiance est très sonore, et les parois deviennent plus argileuses. A un moment, après un tournant, la progression se fait plus acrobatique et on commence à équiper une main courante. On arrive alors après une quinzaine de mètres à la salle des balcons où se trouve le P13. Là, il y a deux possibilités : soit on descend complètement le P13 pour rejoindre le fond de la cavité, soit à mi-hauteur se trouve le départ du "nouveau réseau" normalement équipé d'une corde fixe. C'est la première possibilité qui nous intéresse. On avait lu dans un compte-rendu que l'équipement de ce P13 était un peu sommaire. Effectivement on ne comprend pas bien comment est pensé l'équipement. On arrive tout de même avec une déviation sur amarrage naturel à éviter le frottement. On voit le départ du nouveau réseau avec la main courante (avec à sa gauche une autre galerie qui a l'air de continuer ?), mais nous on veut continuer à descendre. Sauf qu'il n'y a plus d'amarrages. On pourrait éventuellement se servir d'un gros amarrage naturel mais ça semble un peu scabreux. Et puis l'ambiance est franchement argileuse. On jette l'éponge et on décide de faire demi-tour là.
A posteriori, nous trouverons mention dans un commentaire d'une sortie d'un "passage secret" permettant d'atteindre la suite du réseau sans avoir à équiper le P13. Ça doit donc être pour cela que le P13 n'a pas été rééquipé alors que le reste l'est. Bref, me voilà frustrée, et je garde en tête l'idée d'y revenir avec plus d'indications pour trouver ce passage...
Le retour se passe tranquillement et je profite que Bertrand déséquipe le puits Mario pour nettoyer un peu ma combi sous la cascade d'entrée. Ne voulant pas finir complètement trempée, je choisis le style mi-humide, mi-boueuse !
Heureusement la marche de retour est courte et nous retrouvons des vêtements secs à la voiture.
Il ne me reste plus qu'à aller rendre visite à ma grand-mère (101 ans et toute sa tête !) dont la maison de retraite se trouve justement à Gy...
Fiche d'équipement :
Puits Mario (P8) : C15, 1 sp, 3 broches, dév sur 1 AN
1ère main courante : C30, 4-5 sp
2ème main courante et P13 : C40 (tout dépend de l'endroit où on commence la main courante), 5-6 spits, dév sur AN, puis ?? (peut a priori être évité par un autre passage)
P8, R2 et R4 : non visités
Retrouvez la vidéo de la sortie via le lien suivant :
https://www.youtube.com/watch?v=G3ItRasgYxA&t=227s
Émilie





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