dimanche 28 août 2016

CR de la sortie du 27 août 2016 au scialet Michallier



Participants : Jean-Jacques Audouard, Philippe Hache, Olivier Sabourault, Yves Billaud


Sortie pour se mettre à l'abri de la canicule et initiée par un message circulaire d'Olivier. En pratique, déroulement en plusieurs phases :

- phase préliminaire : regroupement des participants
Arrivé en avance sur le plateau malgré une pause café et quelques achats à La Chapelle, et muni de quelques renseignements j'arrive à repérer l'entrée du scialet, une plaque d'égout en plein champ et à proximité d'une petite route
Histoire de ne pas perdre de temps, j'envoie à Olivier un message doublé d'un SMS. Fatal error ! Double faute même puisque le numéro était celui de son téléphone pro et de toute façon Orange ne passe pas dans ce coin. Mes petits camarades, retrouvés après une bonne demi-heure à se courir après me l'ont bien confirmé.
Bref, nous nous posons dans l'herbe, JJA, Philippe, Olivier et moi-même pour une pause déjeuner après cette première activité

- phase active : équipement
JJA se proposant pour surveiller l'évolution du temps en surface, nous commençons à nous équiper. Olivier opte pour une tenue light, sans combi, seulement en polaire. Un choix technique dûment réfléchi une fois constatée l'absence de la dite combi dans le coffre. Et c'est parti, après une longue marche d'approche en plein cagnard. Punaise, 20 m en plein soleil, c'est long !
Philippe, déjà venu dans la cavité, attaque l'équipement. Mais déjà dans son regard je sens une interrogation qui ne semble pas seulement liée à mon envie de faire, ou au moins essayer de faire, quelques photos.
Le scialet débute par une succession de petits puits.
Une descente très agréable dans une roche très propre d'où dépassent de nombreux rognons de silex. Des passages pas très larges mais tout a été bien calibré par l'équipe qui a travaillé là.
Malgré les apparence, les départs de puits sont relativement confortables. Pour les amarrages, ne pas trop compter sur les spits. En revanche, quelques broches et surtout des perçages pour mettre de la Dynema (à prévoir en plus grand nombre que ce que nous avions).
Entre les puits, des relais sur lesquels on peut se tourner

- phase balade (et photos, enfin essais de photos) :
 Après les puits, un petit boyau, là aussi bien recalibré et se passant à quatre pattes, amène à une grande galerie. On imagine lors de la première l'espoir d'avoir trouvé le collecteur du plateau de Vassieux qui, soit en passant, malgré ses dimensions et ses potentialités ne recèle que peu de cavités.
Bon, pour les photos, comme d'hab quelques problèmes de flashs et, seulement à la Scurion et sans pied, question netteté, peut mieux faire.
Au bout de la grande galerie, un grand volume est du à un soutirage.
En paroi, plusieurs départs, fort heureusement équipés, dont un amenant à une galerie avec quelques concrétions
De belles sections par endroit mais au sol une boue tenace.
Au retour, cela n'a pas raté, avec tous ces rognons dépassant des parois et recouvrant le sol de la grande galerie, LA question : "mais comment se forme le silex ?".
Boudiou, la question piège ! Alors déjà un petit correctif pour ce qui est de l'âge de ces silex là. Ils sont bédouliens, à la base de la masse supérieure des calcaires urgoniens. C'est un faciès tout à fait local, restreint au sud du plateau de Vassieux. Silex d'ailleurs massivement récupérés au Néolithique et exportés fort loin. D'où le musée de préhistoire tout proche.
Comment ? Je n'ai pas répondu à la question ? Ah bon… Pour faire court, comme cela est dit sur divers sites, la formation des silex est "un phénomène complexe". C'est déjà comme cela que, sur place, j'ai botté en touche.
Pour ceux que cela peut éventuellement intéresser : en gros, tout tient à un subtil équilibre au fond des océans entre la teneur en calcite, celle en silice (on devrait même dire en silices sous diverses formes) et la teneur en oxygène du sédiment qui, à certains seuils, va amener la silice à se concentrer en nodules.
Pour les amateurs de réactions physico-chimiques, il y a des thèses complètes sur le sujet mais quelques sites avec des explications pas trop compliquées, enfin presque : 
http://craies.crihan.fr/?page_id=63
Bon, ceci étant fait, retour vers la surface.

- phase transpiration : remontée et déséquipement
Ambiance très sympa du P31, avec un petit relais.
Je vous laisse choisir le cadrage qui vous plait le plus. Pour ma part, je n'ai pas pu trancher
Le même vu de dessu, depuis le relais
Et le sommet du puits
Un petit entraînement à l'oppo pour Olivier en attendant Philippe qui assure le début du déséquipement.
Et c'est le retour au soleil


Un grand merci à ces deux compères qui ont bien voulu faire les éclairagistes. Mais je me demande si malgré leurs remarques sur ces sacrés photographes ou prétendus tels qui ralentissent les virées souterraines, ils n'aiment tout de même pas faire les beaux devant les objectifs. Il n'y a qu'à voir la version éphèbe musclé :
 Et celle, commando d'attaque

En tout cas, une bien belle visite dans ce karst particulier. L'absence de très grands réseaux sous ce plateau pose question. Mais il en était ainsi à Font d'Urle et on a vu comment la connaissance a évolué en quelques années. Peut être en sera-t-il de même pour Vassieux ?
Il semble en tout cas, que les autorités locales aient pris le problème à bras le corps comme l'indique les panneaux posés à l'entrée du village.
Une affaire à suivre…

Yves

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