vendredi 15 mai 2015

Baignade au Frochet le 14 mai 2015



Participants : Christine et Yves Billaud

Ce jeudi nous sommes partis plein d’entrain, et de bonne heure, pour rejoindre toute la bande sur la falaise de Donzère. Manque de bol, arrivés au niveau de Valence nous nous sommes retrouvés « empégués » dans un bouchon qui bloquait toute la double voie qui contourne la ville. La radio annonçant rien de bon encore plus au sud, c’est un peu déçus que nous avons pris la première bretelle accessible pour nous extraire de ce m…
Ne voulons pas rester sur un échec, direction la maison, reconditionnement des sacs et après un rapide casse-croute, en avant pour une séance de baignade à la mode de chez nous, c’est-à-dire en combi, au Frochet.
La grimpette est rapidement avalée. Histoire de ne pas encore une fois montrer ce chemin pentu, intermède botanique avec deux plantes vues en route : des ancolies et une orchidée, une céphalanthère à longues feuilles


L’objectif était de relever les sondes installées cet hiver dans la partie avale. Une sortie relativement légère, sans matériel de plongée. Une fois déguisés, traversée du lac (facilitée par un corde installée il y a déjà quelques temps).

 Nous retrouvons les sondes qui ne paraissent pas avoir spécialement souffert de leur séjour de 5 mois dans la grotte.
Ambiance tout de même dans les plafonds, véritables garde-manger pour chauve-souris avec des nuages d’insectes.



 Pendant que Christine va faire un tour à l’amont jusqu’au départ du premier siphon, je démonte tout ça et direction la sortie.



 Les bestioles paraissent en plein forme. Seulement à noter un peu de rouille sur le support de celle qui trempait


 Pour avoir tout de suite le résultat de la manip et pour pouvoir remettre au plus vite les sondes en place, nous avions monté un ordi jusqu’à la grotte. Le support à gauche, raccordé avec une prise USB, fait l’interface. Il suffit de poser la sonde dessus et le contact est établi.
Le rapatriement des données a été assez rapide surtout compte-tenu de leur nombre : près de 28000 pour chaque sonde !



Comme on peut le voir sur la photo, j’étais toutefois assez dubitatif face au premier rendu du logiciel. Surtout en ayant été échaudé (si l’on peut dire dans cette eau à 8°) par un précédent échec. En effet, la courbe brute de variation de pression ne ressemblait guère à ce que l’on peut attendre dans une rivière souterraine.

Une fois les sondes remises en place, retour tranquille avec une température extérieure agréable mais déjà les prémisses d’un changement de temps.

Une fois rentrés à la maison, il a fallu faire quelque chose de ces deux séries de 23 000 couples de mesures (température / pression). Un « peu » de boulot pour obtenir quelque chose qui tient la route. Et heureusement, sur les conseils de Didier Cailhol, karstologue qui pratique ce matériel, une sonde aérienne avait été installée. Pour faire court, il faut déjà transformer les températures, données en kelvin, en ° centigrades (ça c’est facile). Puis, synchroniser les deux séries de mesures de pression (moins simple) pour soustraire à celle prise dans l’eau, les valeurs prises dans l’air. A la sortie (merci Excel), la courbe brute (en bleue) change vraiment d’allure (en noir) et montre la classique succession de crues et de tarissements.  

En 4 mois, 14 épisodes de crue ont été enregistrés ! Toute relation avec l'année pluvieuse que nous avons n'est surement pas fortuite.
Le niveau est monté jusqu’à une quarantaine de centimètres. C’est pas mal mais tout récemment, c’est une très grosse crue qui est marquée avec une montée d’eau très rapide de 1,2 m !!! A cet endroit, la galerie était quasiment noyée !
Dans le détail, l’eau est montée de 60 cm en 2 heures, puis encore de 60 cm en 7 heures. C’est le temps d’une explo… David Bianzani qui est souvent dans la grotte a depuis longtemps attiré l’attention sur les risques de crue au Frochet ne serait-ce qu’en constatant que du matériel lourd (bouteilles,…) pouvait être emporté. Ce coup-ci c’est mesuré. Et déjà avec 60 cm d’eau en plus, une partie de la rivière devient impraticable. Donc méfiance.
Pour ce qui est de la température, variations minimes autour de 8,4°. Petites variations mais qui semblent en relation avec les épisodes de crue.

Il reste maintenant à récupérer les données de la sonde qui est en amont du S2. Nous supposons que lors de grosses crues le niveau peut monter très haut à cet endroit et que l’eau puisse passer par le shunt contournant le S2. Résultats dès que possible  

Yves B.

1 commentaire:

  1. Merci Yves pour toutes ces infos (et ce CR complet).
    Les chiffres confirment bien les impressions que vous avez (les plongeurs) que ça doit craindre dans le secteur quand il pleut dans le coin. Par contre est ce que c'est possible de mettre en relation les heures de pluie à l'extérieur et l'arrivée de la montée des eaux pour se donner une idée du temps que ça met pour réagir sous terre ? En gros est ce possible de se faire surprendre lors d'une sortie classique de 7 ou 8 heures s'il ne pleuvait pas avant de rentrer sous terre ?

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