Participants : Christine et Yves Billaud
Ce jeudi nous sommes partis plein d’entrain, et de bonne
heure, pour rejoindre toute la bande sur la falaise de Donzère. Manque de bol,
arrivés au niveau de Valence nous nous sommes retrouvés « empégués »
dans un bouchon qui bloquait toute la double voie qui contourne la ville. La
radio annonçant rien de bon encore plus au sud, c’est un peu déçus que nous
avons pris la première bretelle accessible pour nous extraire de ce m…
Ne voulons pas rester sur un échec, direction la maison,
reconditionnement des sacs et après un rapide casse-croute, en avant pour une
séance de baignade à la mode de chez nous, c’est-à-dire en combi, au Frochet.
La grimpette est rapidement avalée. Histoire de ne pas
encore une fois montrer ce chemin pentu, intermède botanique avec deux plantes
vues en route : des ancolies et une orchidée, une céphalanthère à longues
feuilles
L’objectif était de relever les sondes installées cet hiver
dans la partie avale. Une sortie relativement légère, sans matériel de plongée.
Une fois déguisés, traversée du lac (facilitée par un corde installée il y a
déjà quelques temps).
Nous retrouvons les sondes qui ne paraissent pas avoir
spécialement souffert de leur séjour de 5 mois dans la grotte.
Ambiance tout de même dans les plafonds, véritables garde-manger
pour chauve-souris avec des nuages d’insectes.
Les bestioles paraissent en plein forme. Seulement à noter
un peu de rouille sur le support de celle qui trempait
Pour avoir tout de suite le résultat de la manip et pour
pouvoir remettre au plus vite les sondes en place, nous avions monté un ordi
jusqu’à la grotte. Le support à gauche, raccordé avec une prise USB, fait l’interface.
Il suffit de poser la sonde dessus et le contact est établi.
Le rapatriement des données a été assez rapide surtout
compte-tenu de leur nombre : près de 28000 pour chaque sonde !
Comme on peut le voir sur la photo, j’étais toutefois assez
dubitatif face au premier rendu du logiciel. Surtout en ayant été échaudé (si l’on
peut dire dans cette eau à 8°) par un précédent échec. En effet, la courbe
brute de variation de pression ne ressemblait guère à ce que l’on peut attendre
dans une rivière souterraine.
Une fois les sondes remises en place, retour tranquille avec
une température extérieure agréable mais déjà les prémisses d’un changement de
temps.
Une fois rentrés à la maison, il a fallu faire quelque chose
de ces deux séries de 23 000 couples de mesures (température / pression). Un
« peu » de boulot pour obtenir quelque chose qui tient la route. Et
heureusement, sur les conseils de Didier Cailhol, karstologue qui pratique ce
matériel, une sonde aérienne avait été installée. Pour faire court, il faut
déjà transformer les températures, données en kelvin, en ° centigrades (ça c’est
facile). Puis, synchroniser les deux séries de mesures de pression (moins
simple) pour soustraire à celle prise dans l’eau, les valeurs prises dans l’air.
A la sortie (merci Excel), la courbe brute (en bleue) change vraiment d’allure (en
noir) et montre la classique succession de crues et de tarissements.
En 4 mois, 14 épisodes de crue ont été enregistrés ! Toute relation avec l'année pluvieuse que nous avons n'est surement pas fortuite.
Le niveau est monté jusqu’à une quarantaine de centimètres. C’est pas mal mais tout récemment, c’est une très grosse crue qui est marquée avec une montée d’eau très rapide de 1,2 m !!! A cet endroit, la galerie était quasiment noyée !
Le niveau est monté jusqu’à une quarantaine de centimètres. C’est pas mal mais tout récemment, c’est une très grosse crue qui est marquée avec une montée d’eau très rapide de 1,2 m !!! A cet endroit, la galerie était quasiment noyée !
Dans le détail, l’eau est montée de 60 cm en 2 heures, puis
encore de 60 cm en 7 heures. C’est le temps d’une explo… David Bianzani qui est
souvent dans la grotte a depuis longtemps attiré l’attention sur les risques de
crue au Frochet ne serait-ce qu’en constatant que du matériel lourd
(bouteilles,…) pouvait être emporté. Ce coup-ci c’est mesuré. Et déjà avec 60
cm d’eau en plus, une partie de la rivière devient impraticable. Donc méfiance.
Pour ce qui est de la température, variations minimes autour de 8,4°. Petites variations mais qui semblent en relation avec les épisodes de crue.
Il reste maintenant à récupérer les données de la sonde qui est en amont du S2. Nous supposons que lors de grosses crues le niveau peut monter très haut à cet endroit et que l’eau puisse passer par le shunt contournant le S2. Résultats dès que possible
Yves B.










Merci Yves pour toutes ces infos (et ce CR complet).
RépondreSupprimerLes chiffres confirment bien les impressions que vous avez (les plongeurs) que ça doit craindre dans le secteur quand il pleut dans le coin. Par contre est ce que c'est possible de mettre en relation les heures de pluie à l'extérieur et l'arrivée de la montée des eaux pour se donner une idée du temps que ça met pour réagir sous terre ? En gros est ce possible de se faire surprendre lors d'une sortie classique de 7 ou 8 heures s'il ne pleuvait pas avant de rentrer sous terre ?