Nous profitons d'une magnifique journée d'été hivernal, 18°C au thermomètre de la voiture pour nous retrouver au belvédère d'Autrige dans les gorges de l'Ardèche et "faire du gaz" en descendant la fameuse falaise...
Rendez vous habituel au Quick de Montélimar pour Pascale, Bertrand, Alex et Hugues.
Philippe qui est venu en soutien psychologique est sur place quand nous arrivons vers 11h.
"Coco" nous rejoins un peu plus tard suivi de Pierre que nous entendons arriver avant de le voir, au volant de sa "Pierromobile" méga turbocompressée à injection sub-sonique...
Nous possédons pour l'occasion une magnifique corde de 200m toute neuve, de quelques amarrages et autres ustensiles divers et variés.
Après avoir cherché quelques minutes les départs possibles nous nous décidons pour celui le plus à gauche et dont la chaîne de rappel est visible quelques mètres en dessous de la plateforme du belvédère.
Bon... oui oui c'est là...
Je fixe la corde au gros chêne judicieusement planté là, suivi d'une sangle autour du montant du parapet métallique et... nous décidons de casser la croûte avant la descente sous le soleil de plomb Ardéchois.
Allez hop c'est le moment d'y aller. Enfin je laisse tout ce petit microcosme et commence la descente vertigineuse.
Hugues déclare forfait judicieusement suite à une embrouille intestinale intempestive mais néanmoins présente et probablement fort gênante en cas de déclaration en état de suspension...
Pierre est en pleine réflexion métaphysique entre son envie de descendre et son envie de ne pas descendre... mais "Coco" veille et l'encourage.
Alex équipé de la Gopro sur son casque n'a pas le choix il faut qu'il me suive avec une corde en "rab" parce que de toute façon Pascale n'en veut pas pour descendre... (petite blagounette)
Deux "fractios" plus tard et une longueur plein vide d'une cinquantaine de mètres et je touche le sol du premier étage à l'envers si l'on considère que le haut est le rez de chaussée. Enfin vous me suivez?
Je tire la corde sur une dizaine de mètre dans une belle baume pour atteindre son extrémité et trouver la suite du cheminement et les plaquettes qui vont avec.
Suivent Alex, tout de noir vêtu ( comme moi, normal en cette saison...) avec un beau kit vert pomme, talonné de près par Pascale en petit débardeur rose fluo (normal c'est une fille...)
Encore quelques poignées de "fractios" plus bas, j'arrive à vue d'une corde d'escalade, fil d'araignée laissée en fixe par les varappeurs afin de faciliter un passage transversal et surplombant.
L'équipement n'est pas top pour une descente comme la notre. Il faudrait installer quelques amarrages pour traverser en vire idéalement et sans frottement.
Enfin puisque j'y suis... Je me longe dans la corde fixe tendue tout en continuant la descente sur ma propre corde. En quelque sorte un style de rappel guidé.
Je me retrouve ainsi plus bas que l'amarrage suivant ce qui m'oblige à remonter de 2 mètres sur la corde d'escalade. Tout ça plein vide évidemment... j'ai super chaud mais allez savoir si c'est à cause du soleil...!
Enfin bref j'y suis. Ouf! Allez, je continue jusqu'au prochain. Facile le cheminement puisque que je n'ai qu'à suivre la corde en place. Et me voilà sur une nouvelle plaquette en surplomb et qui me permet d'apprécier tout le "gaz" restant. Au passage nous envoyons quelques belles pavasses aux escaladeurs d'en bas, heureusement sous la protection du toit de l'énorme baume qui s'incurve sous mes petits pieds pendouillant dans le vide.
Arrivé là, je jette un œil au fond du kit. Ma foi il doit me rester à peine 20 mètres. Un peu plus haut, Alex attend dubitatif... Lui à une corde de 50m. A vue de nez je suis au dessus d'une descente plein gaz de plus de 100 mètres... hum... vous imaginez bien le dilemme qui me déchire... Un passage de nœud au milieu? faisable, mais osé surtout par cette chaleur ne pensez-vous pas?
Arriver en bout de corde et remonter sans toucher terre? Bof...
Je fais part de la situation à Alex. Je sens qu'il est d'accord avec moi. Ok! alors on remonte. On s'en va mais on reviendra! (parole célèbre dans une BD célèbre).
Pendant ce temps je pense que les autres suivent mais ça je ne sais pas puisque je suis devant...!Mais voici d'après ce qu'on m'en a dit:
Donc après mûre réflexion Pierre valeureusement s'est décidé à nous suivre épaulé par "Coco".
Après être resté un petit moment figé en observation au premier "fractio" tout en étant assuré du haut par "Coco" (quel homme tout de même), Pierre lâche son cordon ombilical et attaque la partie plein vide doucement mais sûrement.
Pierre et "Coco" rejoignent allègrement Pascale et Alex.
Ayant ouïe dire que la corde vient à manquer et qu'on entame la remontée, ils décident de trouver un sentier de chèvres pour rejoindre la route...
De mon coté à peine mis les bloqueurs et voilà que casse ma sangle de torse... aie aie... ce n'est pas le bon moment... bon pas de stress. Je remonte bon en mal an jusqu'au palier sur lequel m'attendent Pascale et Alex. Le temps de bricoler un torse et nous repartons assoiffés puisque intelligemment nous sommes descendus avec 500 ml d'eau pour 3 !!
Pour le retour Alex déséquipe.
Nous voici tous de retour au belvédère pour déguster quelques petits chocolats offerts par Pierre.
Au retour Hugues s'arrête voir les Ardéchois en désob au trou des carrières mais ceci est une autre histoire...
Bertrand.
Photos et vidéos : Pascale, Alex et Hugues.

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