Présents : Philippe, Gilles et Hugues.
Le premier boulot en arrivant devant le trou a été de faire un bon débroussaillage pour pouvoir s'en approcher. Heureusement chacun avait pris son sécateur et un chemin a vite été ouvert. D'accord on est loin de l'ouverture de piste à la machette comme vient de nous raconter Alex après son séjour en Papouasie mais bon ça piquait bien quand même.
Pendant qu'on y était on a dégagé le petit porche pour pouvoir s'y installer pour casser la croûte, on a été étonné de s'y trouver à l'abri malgré son exposition face au nord.
L'entrée se fait par un boyau de 5 à 6 mètres de long où on y progresse à quatre pattes avant de se redresser pour faire une petite escalade de trois mètres.
Après le passage d'un rétrécissement on arrive dans une petite niche où actuellement on était arrêté car on dessus le passage bien trop étroit pour s'y engager.
Comme il fallait faire parler la poudre ou plutôt faire sauter les cartouches je me suis chargé de ça. De suite j'ai vu que cela n'allait pas être facile car j'allais devoir faire les tirs à hauteur de visage et sans pouvoir me reculer donc que du bonheur et beaucoup de stress ... Mon premier boulot a été d'essayer d'agrandir le passage un peu étroit qui permet de monter jusque là, après quatre tirs et quatre échecs j'ai arrêté les frais, la roche étant pourrie ça ne donnait strictement rien.
Je me suis donc attaqué au bon rocher à hauteur de la tête, j'ai fait 5 ou 6 tirs avec le visage à 50 cm des tapis, je me protégeais la tête au maximum mais je craignais aussi les chutes de pierres sur les jambes. Tout c'est bien passé heureusement, j'ai juste pris un bloc sur une cheville ce qui m'a fait chanter un peu et qui me donne maintenant encore une belle boule bleue dessus. A mesure je faisais tomber les blocs et donc Philippe et Gilles ne pouvaient pas s'approcher du chantier. J'ai réussi à agrandir pas mal comme ça, il restait juste un éperon auquel je n'osais pas m'attaquer car là j'allais encore plus m'exposer.
Quand je suis ressorti pour prendre un peu l'air et pour casser la croûte je me suis aperçu que les deux compères n'étaient pas restés inactifs, ils avaient entièrement dégagé la plateforme et même fait un meilleur chemin d'accès pour y monter.
Après un rapide casse croûte Gilles et Philippe ont sorti tous les cailloux que j'avais fait tomber avec les tirs puis ils sont montés voir le résultat.
Gilles a essayé de passer mais le fameux éperon que je n'avais pas fait péter l'empêchait bien d'avancer ... je suis donc remonté refaire des tirs pour le supprimer, finalement ça n'a pas été pire que les autres, toujours à hauteur de visage mais là je maîtrisais mieux la technique, en fait il suffit de ne pas lâcher le grand tapis et de le plaquer au maximum sur la paroi pour que les blocs ne soient pas projetés. En faisant ça j'en ai pris qu'un seul gros sur le casque.
Après ça Gilles a réussi à passer, Philippe étant monté derrière lui s'est chargé de lui donner les outils pour la suite. Là où Gilles s'est engagé c'était vraiment étroit mais comme le sol était fait de sable jaune à moitié calcité il a pu le gratter et le repousser au fur et à mesure derrière lui pour se frayer un passage.
Pendant un bon moment on l'a entendu gratter dans le boyau, on ne pouvait pas s'approcher car tout dévalait jusqu'à l'entrée du trou. Après beaucoup d'efforts il a réussi à avancer jusqu'au bout du boyau et il a vu la suite qui malheureusement n'est pas bien réjouissante. Quand il est ressorti il était couvert de ce sable jaune très humide et collant.
Quand je suis remonté j'ai d'abord fait un gros nettoyage du coin, c'était plein de sable jaune, tout les outils étaient enfouis dessous, j'ai tout fait descendre puis j'ai regardé le passage et je l'ai testé trois secondes et hop je suis redescendu pour prendre le perfo et j'ai recommencé à élargir. J'ai encore fait 5 ou 6 tirs mais cette fois c'était un peu plus confort, j'avais enfin la possibilité de me reculer un peu. J'ai laissé la place à Philippe pour qu'il monte voir la suite mais avec son bleu de travail il s'accrochait de partout et du coup il n'a pas pu monter dans le boyau. Après avoir redescendu tous les outils je me suis engagé dans le passage. Au premier coup je suis redescendu pour enlever les mousquetons accrochés à la ceinture, au deuxième essai je suis revenu vider ma poche, j'ai enlevé mon accu de secours et une clef de 13. Au troisième essai j'ai réussi à passer, en fait ça se fait bien, mais bon ...
Grace au gros boulot de désob fait par Gilles j'ai pu ramper sans problème pour voir la suite. Comme l'avait décrit Gilles tout le vide se trouve en plafond, devant c'est bloqué par la calcite et la roche. Par contre en hauteur c'est du vide, ça remonte de deux ou trois mètres entre les blocs, c'est très corrodé, on dirait que l'eau arrive par le plateau et creuse par le plafond.
Sur la vidéo ce n'est pas facile à comprendre mais au départ j'ai filmé à la verticale donc les plafonds puis en reculant donc le boyau d'accès.
Donc voilà ce n'est pas gagné encore pour ce nouveau chantier, si on veut continuer il va falloir rendre le boyau plus confortable en faisant encore des tirs pas faciles, après on pourra passer le virage qui nous empêche de mieux voir la suite et là vraiment se rendre compte de ce qu'il y a à faire. On a quand même fait une dizaine de mètres de première dans le défilé de Donzère !
Hugues.

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