Gouffre
Berger (Engins)– Visite classique jusqu’à l’affluent -1000
(-1075m), sortie du dimanche 10 août 2025
Participant.es :
Émilie Bertrand et Bertrand Valentin (MASC), Tim Léon, David
Repellin, Gabin Déchaud et Thibault Déliry (Drabons et Chieures)
TPST :
15h30 à 16h + 1 h marche d’approche + 1 h marche de retour
(5h-minuit de la voiture à la voiture)
Compte-rendu :
Émilie
Vendredi
25 juillet, Tim ami boulanger et spéléo des Drabons nous
propose de nous joindre à eux pour une visite au Gouffre Berger le
dimanche 10 août, dernier jour du Camp Berger, objectif à définir.
On est en pleine saison touristique, la production boulangère est à
son comble, ce sera juste avant la semaine du 15 août qui correspond
au pic de la saison, je commencerai le travail à 5h30 le mardi
suivant, parfait, autant viser le fond du gouffre… C’est donc
avec une assurance gonflée à bloc que l’on accepte l’invitation…
Moi
je n’ai jamais mis un pied au Berger. Bertrand, lui, a déjà
touché le fond il y a tout juste 29 ans, en août 1996, le mois
suivant la tragédie qui a fait perdre la vie à deux spéléos pris
par une crue. Il en a donc des souvenirs un peu glauques, avec les
restes du secours dispersés çà et là, et pas mal d’eau et de
stress dû à une fenêtre météo assez courte. C’était l’époque
où les CDS organisaient des camps à tour de rôle chaque été pour
équiper et déséquiper le gouffre en une semaine. C’était
l’époque des échelles. Ah non quand même pas. Mais les pantins
n’existaient pas encore ... Il me parle du fameux spit -1000
qui permet un fractionnement au milieu de la tourmente du Puits de
l’Ouragan. Ça me fait rêver. Ou peur. Un peu des deux sûrement.
Coté
Drabons, Tim, David et Thibault sont déjà allés au fond. Gabin,
lui, est un petit nouveau, qui s’est vraiment mis à la spéléo en
novembre et qui est sur-motivé. Il a déjà tout d’un grand (et je
ne parle pas que de sa taille !).
David
et Thibault sont chauds de chez chauds, tellement qu’ils emportent
une néop pour aller vraiment au fond du Berger, et nager jusqu’au
siphon 1. Les autres sont moins audacieux (ou plus prudents), aller
voir l’affluent -1000 c’est déjà bien. Et plus sec.
Samedi
9 août, 18h, on se retrouve tous au Camp Berger pour le briefing
par Rémy Limagne, organisateur de ces camps depuis 2012. « Tous »,
je vais parler au masculin cette fois, tant pis pour l’inclusivité,
de toute façon il n'y a toujours que des mecs. Même si cette fois
j’ai eu un espoir. Il y avait une certaine Élodie des Drabons qui
devait faire partie de l’équipe. Mais malheureusement pour elle
(et pour moi), sa nuit a été trop perturbée et elle passe son
monitorat la semaine suivante, alors elle a préféré être plus
raisonnable et accompagner l’équipe 2 des Drabons pour un aller et
retour express au Vestiaire.
Au
briefing il y a également deux autres spéléos qui visent le bas du
puits de l’Ouragan.
Et
c’est tout, c’est bien d’y aller le dernier jour, il y a moins
de monde. Et finalement on aura même le gouffre pour nous tout
seuls, les deux spéléos sus-mentionnés ayant finalement renoncé.
Après
le briefing, on se retrouve chez Tim et Étienne pour un repas tiré
de leur potager avant de se disperser pour aller chacun dormir de ci
de là. Nous on vise un dodo en voiture au parking de la Molière, ça
sera toujours ça d’économisé en temps de sommeil le lendemain.
Car le départ est donné tôt, le premier pas de la marche
d’approche doit être posé à 5h du matin… Le parking de la
Molière étant plein à 21h30 (des spéléos encore tous dans le
trou ?), on dormira finalement un peu plus bas.
Dimanche
10 août, 5h du matin, l’équipe est au complet (enfin, sans Élodie
donc). Ah tiens, des frontales qui arrivent, c’est la dernière
équipe de la veille qui est de retour, un des leurs a eu un gros
coup de mou lors de la remontée qui a donc été longue. Le gouffre
est vide, à l’attttaaaque !
Grâce
à la mémoire des initiés, la marche d’approche est vite
enquillée sans fausse route et 1h plus tard on est en bordure du
gouffre. On s’équipe, une photo du groupe et c’est parti, il est
un peu plus de 6h30.
La
descente est rapide, les puits d’entrée s’enchaînent, surtout
avec l’équipement en double. Les méandres passent plutôt bien.
On arrive au Puits Aldo et nous voilà juste après au départ de la
Grande Galerie. La descente à pied n’est pas des plus aisée, il
faut faire bien attention, ça glisse. Camp -494, salle des Treize
(du nombre des explorateurs en première, pas du nombre des
stalagmites hein, inutile de compter !), c’est beau, même si
les gours sont vides. On est dans le timing, il doit être 8h30
environ. On continue, classique pause recharge des gourdes au Vagin,
et c’est l’arrivée à -640 au Vestiaire. Ah tiens, au passage
j’ai dépassé mon record de profondeur... Jusque là c’est
effectivement relativement aisé. Mais un panneau met en garde les
spéléos désireux de continuer : « au-delà de ce point
commence la partie la plus engagée du gouffre… Êtes-vous sûr ? ».
Évidemment qu’on est sûrs, hein ??
A
partir de là démarre la partie aquatique, les Coufinades d’abord
(avec ses fistuleuses et ses vires casse bras, même si Thibault
essaie de nous convaincre qu’il suffit de se balancer d’un côté
puis de l’autre pour que ça soit super facile), le réseau des
cascades et ses rappels guidés, le Grand Canyon super glissant, le
puits Gaché, la Grande Cascade (c’est pas le puits de l’Ouragan
ça… Ah non, pas encore), le passage bas permettant de shunter un
siphon (eh oui, il faut ramper...), la Vire « tu oses »
(même si je ne me suis pas rendue compte de laquelle c’était, il
y a tellement de vires, et sans avoir à équiper ce n’est pas la
même chose…), et enfin le puits de l’Ouragan ! Il est
équipé en double, une corde plein pot pour se prendre les embruns,
et une plus décalée et fractionnée que l’on atteint par une
petite vire étroite. Moi j’ai des lunettes alors comme conseillé
par Rémy, je vais chercher la plus loin. Surtout que j’ai dans
l’idée de voir ce fameux spit -1000 qui doit se trouver au
fractionnement. Ben grosse déception, je ne l’ai pas vu !!!
Ça
y est, la barre des -1000 est franchie, on continue quand même à
descendre jusqu’au Camp des Étrangers, on y laisse les kits, et on
descend jusqu’à l’affluent -1000 qui vaut vraiment le coup
d’œil. Ça fait environ 6h qu’on est partis. L’équipe se
sépare alors entre les deux hommes grenouilles qui filent nager vers
le siphon 1 et les quatre autres qui retournent tranquillement manger
au Camp des Étrangers. Petite soupe, crackers de Tim, sandwich,
café… On n’aura pas fini toutes ces victuailles que les deux du
fond reviennent déjà, tout heureux d’être allés au bout… Ils
font presque envie (mais pas leur kit rempli de leur néoprène
mouillée à se trimballer au retour…).
La
suite ? Ben il faut tout refaire dans le sens inverse… Moins
vite évidemment. Et de moins en moins vite… Avec des passages
sympathiques, comme les cascades avec les rappels guidés à remonter
en sens inverse, les vires qu’on n’avait pas trouvées si
descendantes à l’aller, les passages en tyrolienne où faire le
cochon pendu pour avancer, les éboulis à remonter, les virages à
ne pas louper, une barre par ci, un coup de coca par là, quelques
bonbons krema, et doucement mais sûrement on regagne en altitude.
Les derniers 240 mètres seront comme prévus plus ou moins laborieux
selon les points de vue, et les méandres plus du tout sympathiques à
mon goût. Mais enfin, voilà des branches au-dessus de nos têtes,
et un ciel étoilé. On a raté le coucher de soleil, il est un peu
plus de 22h. L’air est doux, quel bonheur de quitter ses habits des
profondeurs, on se sent tout légers ! Mais cette impression est
bien vite perdue une fois le kit remis sur les épaules. Surtout que
comme on est les derniers de cette édition 2025, charge à nous de
remporter la corde d’entrée, la bâche, la table pliante, la
mallette avec le fameux registre des entrées/sorties. Enfin moi,
pour cette partie, je ne participe guère et ne glisse dans mon kit
que deux bouteilles plastiques vides laissées sous la bâche par des
spéléos sans doute trop au radar.
La
marche de retour sera menée tambour battant par Gabin l’infatigable.
Les jambes sont lourdes, les petites remontées se font bien sentir,
mais personne ne flanche, et enfin voilà les voitures, il est
minuit, mission accomplie !
Un
grand merci aux Drabons pour l’invitation, et bien sûr à Rémy
Limagne et ses acolytes pour l’organisation.
Alors,
les Masquien.nes, c’est quand qu’on y retourne ;-) ?
(Photos
Drabons, équipes 1 et 2)