Participant encadrant MASC : Olivier S.
Comme à chaque automne depuis plusieurs années, sous la
houlette de David B, la commission plongée du CDS26 organise un stage de quatre
jours dédié aux techniques de plongée « fond de trou ». J’ai
successivement participé à ce stage en tant que simple stagiaire, puis en tant
qu’aide, support logistique (grouillot) et cette année en tant que tout nouvel
initiateur fédéral.
Malgré son intitulé, il ne s’agit pas seulement d’aller
chercher vasques de siphons au fin fond des plus longs et profonds réseaux
karstiques, mais d’appréhender des techniques, des configurations de plongée
qui permettent de combiner au mieux la progression aérienne, sur corde ou pas,
et la progression subaquatique ; bien évidemment sans rien sacrifier, ni
d’un côté ni de l’autre, à la sécurité.
Il s’agit plutôt d’être capable, en fonction des
caractéristiques de la cavité et des objectifs fixés, de trouver la configuration
optimale, soit le meilleur compromis entre autonomie en air (ou autres gaz
respirables) pour franchir en sécurité les obstacles aquatiques, et légèreté
pour faciliter la progression hors de l’eau.
Ce stage, d’initiation à ces techniques, aborde donc le
sujet en partant du principe (qui comme tous les principes, peut rapidement
atteindre ses limites) que les siphons à traverser restent relativement courts
et peu profonds. Ce postulat, souvent dépassé dans la réalité des explorations,
permet de prévoir des volumes de bouteilles de plongée réduits (en général 4
litres), assez faciles à porter, de se dispenser de moyens d’équilibrage et de
porter des vêtements isothermiques (combinaison néoprène) de faible épaisseur,
les temps d’immersion dans l’eau froide restant limités. Dans les siphons de
petite section, il est même possible de se passer de palmes.
Pour autant, si l’adaptabilité est mise en avant, les autres règles générales de sécurité qui
régissent la plongée souterraine, Autonomie et Redondance, restent
impérativement de mise. Deux blocs indépendants, avec détendeurs et manomètres,
éclairage et masque se secours, trilogie compas, sécateur et dévidoirs, restent
obligatoires. Pour la gestion de l’air en plongée, dans le cadre du stage nous
nous en tiendrons à la règle des 1/5ème : demi-tour une fois un
cinquième de chaque bloc consommé ; en alternant régulièrement les
détendeurs.
Les sites choisis cette année ont été :
Ø
J1 : la vasque d’entrée de la grotte de Bournillon
(juste après la passerelle pour ceux qui connaissent) pour une première plongée
d’évaluation des stagiaires, avec un petit parcours sous l’eau puis une sortie
de vasque directement sur corde après s’être déséquipé (blocs et palmes) dans
l’eau. En tant que plus jeune cadre (pas par l’âge mais par ancienneté dans la
fonction) j’ai eu le droit de faire le plus grand nombre de rotation (4),
pendant que certains de mes expérimentés collègues n’ont même pas trempé un
orteil…
Ø
Ø
J2 : Goule noire. J’ai comme dernier souvenir de
cette cavité qui s’ouvre au niveau du lit majeur de la Bourne au milieu d’une
partie des plus encaissée de ses gorges, une séance topo avec l’ami Yves, au
cours de laquelle nous nous étions sérieusement refroidis les cacahouètes et le
reste aussi. Avec Armel, mon stagiaire (breton) du jour, nous sommes allés voir
la vasque du S2 après une courte mais intense progression derrière le S1
Ø
J3 : Grotte du Frochet : Une cavité dans
laquelle j’ai eu l’occasion d’assister David dans ses successives pointes dans
le 5ème siphon. Avec mon jeune et déjà expérimenté stagiaire Damien,
et sans palmes, nous irons jusqu’à la sortie du S4 dans une eau toujours aussi
claire ; que du bonheur. Par contre, signe d’un étiage aussi sévère que
prolongé, le lac d’entrée est vide ! du jamais vu, même par David. La
corde dont nous nous servons habituellement pour nous haler en surface pour
franchir le lac passe 2.5 mètres au-dessus de notre tête.
Ø
J4 : Grotte de Thaïs. Haut-lieu de barbotage du
Royans, ayant en d’autres temps servi de centre aqua-ludique à quelque éminent
(pour ne pas dire vénérable) membre du MASC (mais la décoration ne lui seyant
plus, monsieur fait dorénavant vaquer ses palmes dans des grottes ornées
calanquaises dont l’accès est –heureusement- barré par une étroiture
administrative des plus sévère). Là aussi, le niveau est étrangement bas pour
la saison. Avec l’inénarrable Thierry, plongeur multicartes tout droit
descendus des Hauts de France, nous irons jusqu’au début du S5, arrêt sur
autonomie aux 1/5ème de son bi 4.
Voilà, un stage qui s’est déroulé sans accroc, dans une
studieuse et néanmoins conviviale ambiance, avec une équipe de cadres et de
stagiaires bien sympathique. L’occasion pour moi de remettre la tête dans des
siphons que j’avais un peu délaissés ces derniers temps. Une météo très
favorable mais un niveau d’étiage automnal étonnamment bas.
Olivier
Toutes les photos ont été prises et gentiment prêtées par
Isa P. Merci à elle.