Participants : Y. Billaud, Luc Vanrell (de l’avion de
St Ex), Max (plongeur soutien) et deux collègues de la fac d’Aix.
Dans le cadre du boulot j’ai eu la possibilité de tremper
mes palmes dans la résurgence mythique qu’est celle de Port Miou. L’objectif
était de prélever de l’eau et des sédiments dans le cadre d’une grande étude en
cours sur ces karsts méditerranéens.
La cavité est une référence pour les karstologues, d’autant
que dans les années 70 elle a fait l’objet d’un énorme projet de captage qui a
malheureusement capoté pour des raisons qui ne commencent qu’à être comprises.
Un truc pas très simple de paléoréseaux messiniens favorisant la remontée du
biseau salée et, en combinaison avec la présence du puits profond, le mélange
eau douce-eau salée… tout le monde a suivi. Sinon, plus de détails sur cette
présentation.
Déjà, on avait droit à Port Miou dans mes cours de géol à la
fac. C’est pour vous dire que c’est une histoire qui dure !
Pour cette plongée, la mise à l’eau n’était pas à la
résurgence mais depuis les aménagements recoupant le cours souterrain un peu
plus de 500 m en amont. Un accès pas très facile qui démarre par de la piste au
dessus des calanques. L’entrée est protégée par une cabane métallique :
À l’intérieur, les restes du chantier avec la cage de
l’ancien ascenseur en tête d’un puits de 45 m :
L’ascenseur n’étant plus opérationnel depuis belle lurette,
descentes et remontées se font par des volées d’échelles tandis que le matériel
est descendu (et remonté) à la corde. Une petite vue pour envisager les futurs
aménagements du puits des lombrics ?
A noter sur le côté, une magnifique gaine de ventilation
malheureusement pas plus fonctionnelle que l’ascenseur et c’est bien dommage
car rapidement en descendant on se rend compte que pour ce qui est de
l’atmosphère cela ressemble furieusement à ce qui se passe au fond des désobs
ardéchoises du Masc. Bref, on sent bien qu’il manque quelque chose…
En bas du puits, un galerie technique d’une cinquantaine de
mètres donne accès à la rivière.
On se retrouve alors au sommet d’un barrage avec le plan
d’eau de chaque côté. Ici l’aval :
Après la descente et le portage, suite du coup de chaud avec
la préparation du matos et l’habillement. A gauche de la photo, l’échelle
permettant d’accéder au plan d’eau amont, objectif de la plongée.
La mise à l’eau est bienvenue : fraicheur et
respiration d’un air à 20% d’O2. Malheureusement pas de photos dans l’eau. Peut
être un bout de vidéo à récupérer dans quelques temps. Pour faire simple, vous
prenez le début de St Marcel et vous remplissez d’eau. Malgré une bonne
transparence et nos éclairages, pas moyen de voir l’autre paroi ! Et pour
moins consommer, l’équipement (en corde spéléo, ça c’est du fil d’Ariane) est
en plafond : -15 au lieu de - 25, c’est pas rien comme différence.
Petite plongée : 150 m à peine en amont mais un peu
longue le temps de faire deux carottes de sédiments et de remplir divers
flacons. Des manips qui touillent « un peu ». Retour un peu moins
clair et après un peu de palier, reprise de contact avec l’atmosphère de rêve.
Re-coup de chaud pour se désaper, reconditionner le matériel et le ramener en
pied de puits, heureusement à l’aide d’un chariot sur rails :
Et après les 45 m gazés, tire à la corde sous le soleil
méditerranéen pour remonter quatre équipements complets… Vite une bière !
Et pour ceux que cela peut intéresser, quelques photos sur
les pages :
et pas mal d’infos sur le site :
Yves B.