Présents pour le MASC : Olivier pour la plongée, Jean-Jacques, René, Philippe et Hugues pour la surface.
Au total il y avait 30 personnes d'engagées de plusieurs clubs sur cette opération de repérage, 15 sous terre et 15 en surface. Le but de la journée était d'essayer de caler la topographie connue de la grotte de St Marcel par rapport à la surface et de tenter de trouver grâce à un système d'émetteur (barreau magnétique sous terre) et des récepteurs en surface le meilleur endroit pour rejoindre le réseau N17 de la grotte en évitant les deux siphons qui en barrent le passage.
Dès 9h00 du matin l'équipe du fond s'est engagée dans le Despeysse pour acheminer le barreau magnétique, deux plongeurs dont Olivier se sont chargés de le porter loin derrière les siphons au point convenu à l'avance. Pour faciliter l'opération ils ont également emmené avec eux un poste de télécommunication Nicola (TPS). La dernière fois on avait eu des soucis de communication là on espérait entrer en contact plus facilement entre la surface et le fond.
Pendant ce temps l'équipe "surface" s'est installée sur le terrain de Champ Vermeil où un aven a été désobstrué.
Après un chantier titanesque il est actuellement à la côte de - 60 m mais avant de continuer le boulot il est intéressant de savoir de combien encore il va falloir descendre et dans quelle direction d'où la manip de repérage du jour.
La pose du deuxième TPS n'a pas été évidente car le terrain ne s'y prête pas vraiment, on est sur un immense lapiaz avec des couches de roches.
Finalement on a réussi à poser les deux antennes dans le bon axe et sur du terrain semblant correct.
Les transmissions étant installées on a pu passer aux choses sérieuses : la pause casse croûte. Heureusement qu'on n'a pas trop traîné car ça a été les derniers instants de beau temps du jour.
A peine fini on a commencé à empiler les couches de vêtements, on a même fini par sortir les bonnets et les gants.
N'étant pas sur d'avoir un signal suffisant pour repérer le barreau directement en surface on m'a demandé de me changer pour descendre au fond de l'aven avec un deuxième récepteur afin de gagner 60 mètres d'épaisseur de roche.
Vu le froid de dehors je me suis dit qu'après tout ça ne devait pas être la plus mauvaise place. Etant rassuré sur la taille des puits et surtout des passages étroits entre eux je me suis engagé à 14h30 dans le passage afin d'être en place comme convenue pour 15h00.
Je me suis régalé à la descente car les puits sont beaux, ils sont propres, bien ciselés, ça accroche un peu car il y a de nombreuses lames et les passages étroits ne le sont finalement pas tant que ça, disons qu'ils sont plus inconfortables qu'étroits.
Après 20 mn de descente j'ai quitté mon baudrier car il était inutile et surtout ça devenait plus petit et je me suis engouffré dans la dernière zone à franchir. Finalement je suis arrivé dans une toute petite salle où j'y ai trouvé le matériel déjà déposé le matin. Avant que je descende on m'avait longuement et calmement expliqué comment tout brancher les appareils et en plus j'étais en communication en permanence avec l'extérieur grâce à un interphone.
A partir de là il y a eu une longue attente à surveiller le cadran du récepteur pour ne pas louper le signal émis. A cause de ma Scurion il y avait des variations intempestives, sachant que ça pouvait arriver on m'avait demandé de prendre des bougies pour m'éclairer du coup je me suis vite retrouvé avec une toute petite flamme en guise d'éclairage.
Champvermeil 16 mars 2013 (1) par MASCDU26
Honnêtement je ne me suis pas du tout ennuyé au fond car l'interphone n'a pas cessé de fonctionner, la bande de joyeux lurons qui était en surface s'est chargée de me tenir compagnie. J'ai eu droit à des histoires drôles, à des chansons (Hans et Gérard qui chantent en coeur "Frère Jacques" ça vaut le coup), Gérard m'a fait un peu de lecture, après j'ai eu droit à la radio Rire et Chansons ... bref ça n'a pas arrêté pendant une heure et demi. En plus il y a des visiteurs imprévus qui m'ont fait des petits coucous par radio, c'était vraiment sympa. De temps en temps je m'amusais aussi à faire des photos ou des vidéos, j'ai toute une collection de clichés de ma bougie ...
Les choses ont changé à partir de 16h10 quand René a eu un contact radio avec le fond. Tout le monde est redevenu sérieux de suite. Je ne sais pas trop ce qui c'est passé à l'extérieur mais en tout cas j'ai senti de suite la différence à la radio.
A 16h15 j'ai vu enfin mon aiguille bouger beaucoup plus et surtout d'une manière très régulière, le barreau magnétique était en place et je recevais très bien le signal.
Champvermeil 16 mars 2013 (3) par MASCDU26
Au bout d'un petit moment ils ont du le déplacer un peu car j'ai eu encore une meilleure réception, plus tard ça sera encore plus évident en déplaçant mon récepteur mais je ne l'ai pas filmé n'ayant pas assez de mains pour tout faire.
Champvermeil 16 mars 2013 (4) par MASCDU26
En surface malheureusement ils n'ont pas réussi à attraper le moindre signal du coup Marcel C. m'a prévenu qu'il venait me rejoindre au fond de l'aven afin de faire des mesures pour affiner les résultats. A ce moment là je me suis demandé comment on allait bien pouvoir tenir à deux dans cet espace si réduit. J'étais déjà tout engourdi d'être plié sans bouger depuis plus de deux heures, ça allait un peu se compliquer. Finalement quand il est arrivé on a réussi à se caser tous les deux, c'est sur qu'on ne risquait pas de faire des grands gestes mais bon il arrivait à bouger le récepteur et moi à prendre des notes à mesure qu'il m'annonçait les données.
Par l'intermédiaire des radios il a demandé plusieurs fois aux plongeurs de déplacer le barreau afin d'affiner les résultats donc pour cela il nous fallait mesurer les orientations et les inclinaisons avec le compas et le rapporteur, c'est ça qu'on avait le plus de mal à faire dans un si petit espace.
A 18h00 il avait assez de détails pour ses calculs et l’arrêt des opérations a été donné aux plongeurs, ils pouvaient tout débrancher et reconditionner pour le retour. Au fond de l'aven on a fait pareil puis on a attaqué la remontée des puits.
Il ne restait plus qu'à attendre le retour de l'équipe du fond, sachant que les plongeurs devaient refaire la partie exondée, se remettre en tenue pour les siphons, les franchir, se remettre en tenue spéléo puis ranger leur matos de plongée et que 15 personnes devaient ressortir du Despeysse on se doutait que la sortie se ferait entre 23h00 et minuit. Jean-Jacques et moi on voulait accueillir Olivier à la sortie de l'aven du coup nos amis de St Marcel nous ont gentiment prêté les clefs de leur local (après nous avoir chacun à leur tour invités chez eux) pour qu'on aille manger au chaud.
Olivier et le reste de l'équipe sont sortis vers minuit sous une pluie glaciale, il était vraiment content de son aventure du jour. Pour les résultats il faut maintenant attendre un peu, les mesures doivent être interprétées, ça c'est du boulot pour les spécialistes du club de St Marcel.
Hugues.
Un grand merci à Bernard C. des Ragaie pour ses photos en surface qui m'ont permis d'illustrer ce compte rendu.