Participants du MASC: Philippe H;
Olivier S; Alexandre L
Vigne Close, un nom et tout un
programme...
D'abord les conditions d'organisation de
la sortie:
Hugues n'est pas de la partie, il a
bossé la nuit précédente. Donc avec Olivier je m'organise le tout.
Récupération du matos vendredi soir au local, il n'y avait pas
grand monde à la réunion et c'est avec René que je prépare
l'ensemble et récupère une topo. Et il en faut quand même un bon
paquet car la cavité est pour l'essentiel composée de puits. Et ça
descend jusqu'à -180. René aura l’extrême amabilité de me
ramener tout ça à domicile, mais malheureusement il ne livre pas de
pizza... (encore merci),
Donc samedi matin je me réveille comme
une fleur, le départ étant prévu à 10h45, ça va, tranquille.
Mais quand j'ouvre les volets,
surprise! Un léger manteau blanc recouvre Montélimar. Pas bien
grave ça rend les choses plus sympas... A l'heure dite, Olivier
arrive, on charge la diligence et on est parti. Là il me dit que vu
les conditions météo, c'est parce qu'il est mon chauffeur du jour
qu'il est venu sinon les températures hivernales et l'humidité
ambiante auraient eu raison de sa motivation. Je suis donc pour
aujourd'hui la voix de la raison ... ( mes chevilles ça va,
pourquoi?),
Le troisième larron du jour est Mr
Philippe en personne. On a RDV à l'entrée de l'aven Marzal, bon
point de rassemblement, le trou étant à proximité ce fut un bon
choix. Quand on arrive sur place, il nous attend bien sagement,
fumant sous une légère bruine. On tchatche un peu, et direction
l'objectif du jour. Heureusement Huggy nous a imprimé une carte
pour le localiser. Bonne initiative car aucun des 3 mousquetaires du
jour ne connait ou ne se rappelle l'emplacement exact du trou.
De brèves hésitations mais une fois
sur le chemin de terre, on se repère pas trop mal et on finit par
trouver le trou au milieu d'une végétation relativement dense et
bien humide. Retour aux voitures et pendant que Philippe commence à
enkiter les cordes Olivier et moi engloutissons un repas frugal à
base de sandwichs pas "maison". C'est à l'abri des hayons
et de parapluies que nous finissons de préparer les 3 kits blindés
et que nous nous déguisons en homme de terre rouge ou presque...
Aujourd'hui nous sommes deux équipés
en made in China et un, en fabriqué en Suisse. Détails qui a son
importance, vous verrez sur la fin. Je vous laisse sur votre faim,
j'en dis pas plus à ce sujet pour le moment.
Direction la Vigne Close... C'est moi
qui suis chargé d'équiper. L'entrée n'est pas facile, 1er arrimage
sur 2 arbres et après c'est direct plein vide. Une fois que j'ai
commencé à pénétrer le trou :-) je me rends compte que ça glisse
:-) et que ça ne va pas être simple (elle ne se laisse pas faire la
........ Vigne Close).
Bon! cette fois-ci je n'ai pas trop de mal à
repérer les spits mais vu la gueule qu'ils ont je ne suis pas extrêmement rassuré. J'arrive tout de même à faire la tête de
puits au prix de quelques acrobaties énergivores. Une fois que j'ai
réussi à me délonger (non sans difficultés), je suis prêt à
descendre, mais là je me rends compte que mon descendeur est sur la
corde amont et donc : "putain d'erreur de débutant de merde!",
"erreur de merde" surtout me rétorque Philippe. Mes 2
compères se marrent bien pendant que je galère avec le sourire. On
est là pour rigoler me dit Philippe et effectivement dès le début
c'est bien parti.
Je finis par descendre. J'équipe 1
puis 2 fractios sur des spits ante-diluviens qui n'inspirent qu'une
confiance toute relative. Je finis par me poser sur une margelle à
la base du P53 et j'attends les 2 rigolos qui me suivent. J'aurais
pas du, ça ne sert à rien et l'équipement n'est pas prévu pour ça
dans le cas où on continue la descente. Philippe étant le dernier à
nous rejoindre, vu qu'il est sur la corde , c'est lui qui continuera
l'équipement.
Direction le P44. Une quinzaine de
mètres plus bas que la margelle il y a un ressaut qui permet de se
poser et de reprendre l'équipement sur ... je ne sais comment vous
expliquer ce détail par écrit... et qui permet d'une jolie acrobatie, de repartir plein vide et direct sur la bonne trentaine
de mètres restante du puits.
Nous voilà donc arrivés à la base du
"P100". Toujours pas de grandes espaces planes, mais là au
moins on se sent un peu plus en sécurité avec les pieds qui
touchent terre. La suite est sur le coté. C'est le départ du P20 et
c'est Olivier qui prend son tour d'équipement, en démocratie on
partage les taches. Mais déja à ce niveau la respiration se fait un
peu plus difficile, on sent que le taux d'oxygène baisse un peu.
On descend tous les 3 ce puits, qui est
encore une belle verticale et sans fractio. A partir de là c'est une
diaclase qui s'ouvre devant nous. Étroite et en pente à 45 sur 6 -7m
à peu près. On l'équipe d'une main courante et ensuite c'est le
P15. Celui-ci se descend contre la paroi, pas plein vide comme les
autres. Ce qui vaudra à notre ami Olivier de laisser sa créativité
s'exprimer en une dev magistrale. Malheureusement pas de photos, des
fois il vaut mieux ne pas laisser de traces....
En bas, nous voilà arrivés à la
"Salle à Manger". Au vu du timing on a laissé le dernier
kit en haut du P15. Donc on ne descendra pas cette fois-ci jusqu'au
fond. Mes deux compères sont un poil déçus car ils n'ont jamais
été plus loin et auraient bien voulu que ce soit pour cette
fois-ci, mais il est l'heure de remonter.
Oliv prend la tête du convoi et au
passage récupère le 3ème kit (toujours blindé de cordes) qu'il emmènera jusqu'en haut. Je passe en second et Philippe est chargé de
déséquiper dans un premier temps.
La remontée est difficile car le trou
est gazé (y a aussi des trous à Gaza mais c'est graçe aux obus).
Phil se tape P15; P20 et les premiers
30m du P44. C'est là que je l'attends presque en bas du P53+15 pour
prendre la suite.
De là j'entends Olivier en tête qui
me dit d'au moins 20m plus haut : je vois le jour. Et effectivement
en éteignant ma lanterne je vois une légère lueur qui me provient
de 70m plus haut..., p'tain que c'est beau.
Mais déjà on a bien souffert pour
arriver jusque là. On ne remonte pas les verticales d'une traite
mais par étape, en prenant le temps de bien souffler... Heureusement
à un peu plus de la moitié supérieure du P44 on sent l'air frais
qui arrive du dehors.
Une fois que Philippe m'a rejoint il me
reste à remonter à la surface en déséquipant la corde de 77m.
Dans l'ensemble ça se passe bien. Mais c'est là que les critiques
vont s'en donner à coeur joie! Arrivé à environ mi-hauteur du P53
je me longe sur le 3 éme fractio (depuis l'entrée) et
soudain............ coup de théâtre!
Vlan! Plus de lumière... Net sans
discussions... Viva Hong Gong qu'il disait.....
En gros après ça se passe comme ça :
A: Et les gars, vous savez quoi? Vous
allez bien vous marrer. J'ai plus de lumière...
O et P (tranquille) Ouais!
A: ???
Pas de lampe de secours (oubliée dans
la voiture). Je commence à passer mon fractio dans le noir avec tout
de même une très très légère lueur de l'extérieur et j'entend
les 2 autres entrain de continuer à discuter tranquille...
A: Oooh! Hé! les gars vous avez
entendu ce que j'ai dis????
P: Non!
A: J'AI PLUS DE LUMIÈRE....
Et là dans un élan de bonté Philippe
m'éclaire depuis l'entrée jusqu'à ce que j'arrive à environ 5 m
de la sortie où le peu de lumière du jour qu'il reste à 17h30 ce
jour là me suffit.
En fait, couillon que je suis, je n'ai
pas pensé que j'avais ma 2 nde batterie dans mon mini kit à la
ceinture. Tant pis!
Une fois en haut, soulagé, reste à
sortir totalement du trou. Mais ça glisse, c'est chiant et je ferais
de belles acrobaties pour m'en sortir. Apparemment O et P n'ont pas
fait beaucoup mieux mais je n'étais pas là pour le voir.
Voilà une belle aventure qui forge
l'expérience et qui nous a permis de prendre bien du plaisir à
descendre ces beaux puits.
Cavité à refaire pour aller jusqu'au
fond et visiter les galeries annexes.
Désolé pour le peu de photos. Mon
appareil à quasi rendu l'âme (il n'a pas aimé la grottologie) et
Olivier en avait un pas facile à utiliser sous terre.
Matériel utilisé: corde 77 (P53+15m
du P44 +10 amarrages); 53 (P44 + 4 amarrages); 47(P20 jusqu'à Salle
à Manger 4 amarrages + 1 dev) et 3 ou 4 sangles je crois. Pile
poil ce qu'il fallait, point trop n'en faut.
(topo parue dans un bulletin du MASC)
Alexandre L.
Photos Olivier S.
NB: je pense avoir le droit à de
nombreuses critiques concernant l'éclairage.... alors allez-y lacher
vous...