Présent: Hugues P; Yves B; Alex L
Bonjour à tous et meilleurs voeux pour cette nouvelle année
post fin du monde.
En ce 1 er janvier 2013 en tant que bon spéléo ( ce n'est
pas le cas de tout le monde, hein!), nous avions décidé de souhaiter la bonne
année à notre mère La Terre. Et ce
malgré le froid, la pluie et la nuit
précédente. Pour ce faire Yves nous avait
choisi un lieu un peu particulier qu'est le Déves de Reynaud prés de St Remèze.
Peu d'infos existent sur cette cavité en dehors d'une topo
faite par Yves et publiée dans un
vieux bulletin du MASC. Yves m'a dit que la première fois qu'il y était venu c'était en mobylette et qu'il y
descendait à l'échelle, c'est vous dire qu'il y un moment qu'il connait les
lieux.
Le but de la sortie est à la base de prendre quelques photos
et de faire un rapide état des lieux pour Yves et ses collègues bizarres, fans d'os et de grattage de terre au pinceau
!! "y en a qu'on quand même des passions particulières", dit le spéléo.
Donc, pour un jour de l'an, je m'attends à une petite sortie
pépère. Départ 11h15 de Montel, ça va!
Le chemin d’accès est bien pourri mais pas trop long, pas
grave ce n'est pas moi qui conduit!
Arrivé sur place à midi pour manger un mauvais casdal acheté
en lousdé la veille au soir... déjà... :-(
Bon! Après on
prend des news de chacun et on reluque les entrées du trou : la plus grande entourée par un grillage avec un gros trou pour
passer dessous et la plus petite
juste à coté sans rien. Juste un peu dangereux et dommage de ne pas avoir
entouré les deux, enfin bref! C'est quand même un beau trou de la terre avec de
la végétation qui coule en cascade vers l’intérieur de maman Gaïa.
On se prépare et là, notre archéo-aventurier local (Indiana Jones en gros, mais sans le chapeau) me
prête généreusement un chapeau de plastique blanc surmonté d'une bougie suisse.
Cool! La suite s'annonce bien. Malgré le ciel qui nous tombe sur la tête.
Pendant qu'on fini de se préparer (sans la pluie, on a de la
chance elle s'est stoppée) Hugues,
qui pour une fois est prêt avant moi
:-o (de bonnes résolutions??), se dirige déjà vers l'entrée pour
commencer sa couture.
Pendant ce temps Yves finit de s'équiper pour une sortie du
dimanche d'un beau matériel tout juste sortie de la hotte du gros gars tout rouge qui se la pête en traîneau volant. Ou alors c'est qu'il est balaise en
nettoyage de matos le gars!
On rejoint Hugues qui galère un poil pour l'équipement car peu de spits et encore moins en bon état. Mais bon, il
arrive à nous faire un truc quand même. Ça se révélera quelques minutes plus
tard pour moi, pas trop bien réveillé,
un peu sportif et même "émotionnant".
Une fois la première partie du puits "LIBRE" je passe les 2 premiers
fractios et rejoins Hugues sur une
margelle à mi ami, euh non, à mi-hauteur du puits. Yves nous y rejoint pendant
que Hugues cherche la suite des spits, toujours aussi peu nombreux et mal
placés.
Franchement, cette première partie est superbe. Cette
cascade de végétation vaut à elle
seule son coup d'oeil. Avec un beau
soleil, à mon avis ça claque! Y a de quoi s'en déchirer le slip (ou la combi....).
Donc petite vire et direct
dans le vide pour les 10-12 derniers mètres. Sauf qu'au moment de me suspendre
(j y vais tranquille mais avec un peu d'élan quand même), Hugues me crie: "vas y mollo avec les
amarrages". Pas super rassurant
tout ça, non?
Bref, une fois en bas c'est un truc hallucinant! Y a une collection d'ossements, de colliers de chiens... et un sac
plastique suffisamment grand pour contenir une grand mère, avec un truc en putréfaction à l'intérieur...? On vous laisse
allez vérifier par vous même.
On s'amuse un peu à mater tout ça et on fait un rapide tour des lieux. Et grâce à la suisse que je porte sur la tête (
balaise non?) j'éclaire un peu
partout et avec Yves on repère un départ
qu'il n’avait jamais vu dans la
paroi. Malheureusement trop haut pour être exploré aujourd'hui, ça nécessite la
mise en place d'un nouveau cheminement depuis le haut pour y aller.
On décide de ne pas aller dans la petite salle "paléo" car l'accès étant vraiment boueux on préfère
le faire après le second puits que
l'on va enchaîner de suite
d'ailleurs. Et là, pareil! Équipements
plutôt particuliers en tête de puits,
mais facile à descendre au moins. Il n'y a qu'un fractio pas trop mal placé
avec de bons appuis. Une fois en bas soit une bonne dizaine de mètres sous le fractio, on se trouve dans une petite salle qui est en
fait un éboulement qui a l'air toujours actif.
En haut une cheminée
remplie de gros cailloux près à nous dévaler dessus. On fait gaffe où on marche car le sol (en pente raide)
est instable et pendant que Hugues et moi sommes en haut, Yves est parti explorer la désob
du fond. On descend tranquille pour le rejoindre. On le laisse sortir du
passage étroit et je m'y engage sans savoir ce qui m'attend la dedans.
Et bas je n'ai pas
été déçu! Ça descend raide, en forme d'escalier à grandes marches, fabriquées à
l'aide de poutres métalliques qui maintiennent l'éboulis on ne sait trop comment. Ça ne va pas très loin mais
les gars qui ont fais ça ont déjà
fait un gros boulot. Ça ressemble beaucoup à un travail de mineurs péruviens tout de même!
Une fois notre petit tour fait, on remonte. Yves et Hugues en premiers et c'est
moi qui déséquipe. Quand j'arrive en
haut, Yves a fait un strip-tease à Hugues (juste la ferraille et le baudar je vous rassure) et est parti dans la galerie
"Paléo" pour se titiller un
peu les neurones.
On quitte la ferraille à notre tour et on emprunte le chemin boueux (malgré que la rivière coule toujours claire...) Quand on le rejoint, Indiana Jones est monté
sur un ressaut bien boueux. Qu'est ce qu'il fait là et comment il y est monté,
on ne sait pas. Par contre il ne sait pas redescendre! Heureusement on n’est pas poursuivi par les nazis et on a le temps de le guider pour descendre.
Bon, pour une galerie dite "paléo" je m'attendais à monts et merveilles mais non. En fait
beaucoup de boue, 2-3 ossements, quelques petites traces de
fouilles et une jolie couche de cendres volcaniques entre deux strates de roche. Le nom scientifique des cendres
m'échappe mais d'après "Junior" (Indiana c'est le nom du chien des
Jones) elles proviennent d'éruptions du massif central de quand même Jean-Jacques n’était pas né, pour vous dire! Donc on n’est pas resté très
longtemps.
Une fois de retour, dans la salle principale,
"Indi" sort son sabre laser (non, j'me suis pas trompé de film) pour faire des relevés topo.
Hugues en tant que bon fayot de service prend la mire en main et joue les
cibles en suivant avec un point de retard son professeur de topo.
Pendant ce temps là moi je prends quelques photos des deux hurluberlus et de quelques trucs bizarres qui traînent par là...
Puis vient l'heure du retour. Comme mes deux compères vont prendre des points topo à la
remontée je suis désigné volontaire
pour déséquiper. Soit!
Donc ils remontent et moi je galère à enlever les amarrages bien serrés à la clef dynamo par Hugues, merci! Et je remonte les cordes tant
qu'à faire. Comme dirait l'autre:
"Dans la vie faut pas s'en faire", hein les gars...
En haut, il y a du monde. Ça faisait un moment qu'on croyait entendre des voix. Et en fait, on n’était pas sous l'effet de jus fruit
frelaté ingurgité la veille. Il y avait Bernard des racailles, euh non pardon,
Ragaie (désolé z'est fourché!) qui
nous attendait. En tant que fidèle lecteur des aventures de Martine de notre merveilleux blog il savait
qu'on était là et était venu nous
souhaiter ses voeux en compagnie de
sa charmante femme (j'me rattrape aux branches).
Bernard a fait suivre ses photos de notre sortie de l'aven, voilà un petit diaporama :
Une fois tous en haut, on prit le temps de discuter un peu sous un soleil radieux caché par les
nuages. P'ti débriefing et prévision
d'une prochaine expédition dans ce trou avec 2-3 objectifs intéressants. Avec Hugues on a essayé de négocier en finesse pour que je garde la bougie
suisse mais Yves ne s'est pas laissé endormir, le bougre! D'après ses dires
c'est celle de sa fille et tatati et tata...., alors bon je ne voudrais pas
léser une charmante demoiselle
(voilà comment se mettre dans les p'tits papiers de tout le monde :-) ).
Puis, bon, c'est le départ.
Pas moyen de "s'en j'ter
un" comme l'auraient voulu
certains, on est le 1er janvier au milieu de l'Ardèche...
Départ difficile, un peu de boue sur le chemin et des gros
cailloux, on a failli y laisser un peu de mécanique. Et un plein de brouillard
pour finir le tout.
Voilà les amis, c'est la fin de cette histoire mais le début
d'une nouvelle année. Alors cette année ne soyez
pas sages et faites de jolis trous....
Merci encore à Sophie pour la location de la lampe suisse,
ça change la vision du monde. Par contre je crois que Yves enverra la facture
au MASC...
C'est quand même bien d'avoir un archéo comme guide au moins la sortie est sportive et ludique, merci.
Boujou tanto...
NB: s'il y a des fautes, c'est que Hugues en a corrigé là où y en avait pas, sinon c'est
que l'erreur est juste!
NB2: Encore une aventure masculine, Y SONT OU LES FILLES??
on m'aurait menti...
Alexandre L Scénariste Viking, pour Spielberg (Pff... on n’y croit même pas une seconde)
Photos et montages: Hugues P (Chouchou N°1 2012, je vous le
rappelle) et Bernard (Ragaie).