Participants : Christine, Yves, Nima et Vahid
Durant notre toute récente virée sur le plateau central iranien nous avons eu la possibilité de faire un peu de « tourisme souterrain » dans les environs de Chiraz, l’une des principales villes du pays. La ville occupe une vaste plaine à 1500 m d’altitude dans les monts Zagros.
Chiraz est connue par ses poètes, en particulier Saadi et Hafez, ses vignes et, à une soixantaine de kilomètres, le site de Persépolis. Elle est située à une latitude comparable à celle d’Agadir. Le climat n’est donc pas particulièrement humide ! Il est dit continental aride avec des saisons contrastées, de très chaud l’été à froid l’hiver avec parfois de la neige. Il tombe annuellement un peu plus de 300 mm d’eau (900 à 1000 pour Montélimar)
Pour la première cavité à visiter, direction plein ouest pour un trajet de 140 km donnant une idée des reliefs du Zagros avec un passage de col à 2105 m avant de redescendre dans une plaine à 800 m.
La grotte est située à quelques kilomètres d’une ancienne cité des rois sassanides (dynastie de 224 à 651, vous suivez toujours ?). Le contexte est particulier avec une rivière qui entaille un anticlinal, ne laissant que deux gorges étroites comme accès à une plaine entourée de falaises.
Un premier coup d’oeil sur ces falaises montre que le secteur parait prometteur pour les petits spéléos, tout du moins pour ceux qui ne craignent pas les marches d’approche.
Pour la montée, nous avons eu la chance de ne pas être matraqués par le soleil grâce à quelques nuages (et même un peu de pluie). Un crapahut de 450 m de dénivelé pour monter jusqu’à 1355 m d’altitude pour atteindre le large porche visible dans la falaise.
Le sentier est bien marqué et même bien aménagé, un travail entrepris par l’armée à la fin des années 50. Il se termine par un escalier permettant de monter le ressaut avant le porche.
Ce ciel s’étant dégagé, nous avons pu profiter de la vue sur la plaine et sa barre de falaises.
Le porche est vaste, très vaste même avec en plus une immense statue, haute de près de 7 m. Il s’agit de Shapur 1er, roi sassanide ayant régné de 242 à 272 (de notre ère). La statue était brisée sans que la cause en soit connue (tremblement de terre, invasion arabe ?). Elle a été restaurée à la fin des années 50 sur ordre du dernier shah d’Iran.
Les bras sont manquants mais Nima, notre guide, donne une idée de l’état initial.
Le site est gardée. Un gardien fort sympathique au demeurant et qui n’a pas hésité à taper dans ses provisions pour nous offrir le thé et nous faire goûter les dattes iraniennes. L’hospitalité iranienne n’est pas un vain mot. Mais aussi une occasion pour lui de discuter avec du monde car avec les évènements récents, la fréquentation des sites s’est complètement effondrée.
La grotte se développe sur un peu plus d’un kilomètre avec des galeries de belles dimensions. La température n’a rien à voir avec celle de nos massifs. Un petit 25° ! !Pour les photos, la loi de l'enquiquinement maximum a voulu que la cellule du flash déporté, qui fonctionnait parfaitement peu de temps avant à Favot, n'a rien voulu savoir. Grosse déception (et quelques gros mots que nos guides se sont empressés d'apprendre).
Elle comporte un deuxième porche mais auquel nous n’avons pu accéder. En effet, pour éviter tout problème, les autorités locales ont bouché les petites galeries permettant la jonction. Notre guide a tout de même retrouvé un passage encore utilisable, par un cheminement un peu compliqué dans un secteur de chaos de blocs. Mais nous avons été arrêtés par un petit puits d’environ 5 m.
On notera au passage la tenue de touriste souterrain de Christine, respectant les codes vestimentaires obligatoires.
Le retour s’est fait par de nouvelles grandes galeries très concrétionnées. Il est à regretter que cette cavité ai souffert de sa fréquentation et d’une éducation qui reste à faire vis à vis du milieu naturel. Graffitis et détritus divers sont omniprésents.
Dans la grotte, trois grands bassins ont été construits. Certains auteurs considèrent qu’ils étaient en relation avec la statue et un culte des eaux.
Avant la sortie, un dernier coup d’oeil aux vastes volumes
Et à la descente de nouveau plein les yeux avec le paysage.
Ici une ancienne structure en pierres sèches pour parquer les moutons et les chèvres.
La journée s’est terminée par la visite des bas reliefs, également des IIIe et IVe siècles, taillés dans les parois de la gorge d’accès.
Retour tardif à Chiraz mais enthousiasmés par ce premier contact avec les grottes iraniennes. De plus un arrêt à Kazerun nous à permis de tester les spécialités locales. Question sucreries, c’est pas mal non plus ce coin là.
Yves B
PS : c'est peut être un peu long comme compte-rendu ? Mais c'est pas un coin où on peut aller tous les weekends :-) Et cela continue demain...
PPS : question présentation c'est un peu la panique mais l'outil du blog laisse vraiment à désirer.