mardi 11 août 2015

Nouvelle virée spéléologico-archeo-touristique en Iran, 1er-8 août 2015

Participants : Christine et Yves Billaud avec Shahriyar Behzadiyan ainsi que la participation de Faezeh, Mahdi, Amir et Amir Hosein. Aide à l'organisation sur place : Maryam et Benham (un grand merci à eux tous).

Ce nouveau périple iranien, prétexte à un compte rendu fleuve, fait suite à une première prise de contact sur place, au mois d’avril, avec des spéléos locaux. Initialement il s’agissait de faire du repérage de cavités susceptibles d’être plongées, dans l’objectif d’une expé en 2016. Malheureusement, juste avant notre arrivée à Téhéran, le spéléo qui devait nous guider a eu à gérer un très grave accident de l’un de ses proches. A l’arrache, un de ses collègues a bien voulu s’occuper de nous mais avec un programme plus léger.
Une virée très courte, à peine une semaine, mais dense avec peu de temps pour dormir en raison d’horaires bien baroques et de quelques péripéties. Tout démarre à Lyon Saint Exupéry par une panne de tapis à bagages, bloquant l’enregistrement. D’entrée de jeu, plus d’une heure dans la vue… Mais sympathique compensation par la compagnie aérienne (merci Turkish Airlines) qui pour nous placer au plus près de la sortie de l’avion nous a surclassés en Affaires. Mazette, quel confort ! Malgré tout il a fallu piquer un sprint effréné pour attraper notre correspondance d’autant que je m’étais un peu emmêlé dans les numéros de portes. Fin de la première étape à 3h du mat à Téhéran. Longues files pour les visas et enfin arrivée chez les copains pour souffler un peu.
Bien entendu on papote jusqu’à point d’heure mais debout avant l’aurore (3 heures), pour se faire une heure de taxi et attraper un train direction Zanjan, 300 km vers le nord-ouest. Prix du billet : 7 € incluant une lunch-box avec jus de fruit, biscuits, bouteille d’eau et thé. Une fois sortis de l’immense ville de Téhéran, près de quatre heures de voyage à travers un paysage de champs de blés et d’agglomérations
Après le traditionnel contrôle de police nous sommes récupérés par notre nouveau guide Shahriyar, montagnard, spéléo et plongeur (l’un des quelques plongeurs spéléos iraniens).

Après la dépose des bagages, petit tour dans la ville qui possède un musée archéo, petit mais riche avec en particulier une série de momies naturelles découvertes dans une mine de sel qui a fonctionné de -400 à +1000. Photos interdites mais pas mal de choses sur la toile comme
http://halehsworldofarchaeology.blogspot.fr/2014/04/the-saltmen-iranian-mummies.html.
 Encore une fois nous restons bluffés par le mobilier archéologique, céramiques et bronzes, de ce qui est considéré comme de l’âge du Fer, alors que chez nous c’est encore l’âge du Bronze.



 Le soir, nous sommes conviés à un repas en dehors de la ville, au frais (tout relatif bien sur) dans un verger. Une réunion familiale "intime", pas plus d'une vingtaine d'invités !

Et ce qui va devenir notre quotidien, couchés tard et levés tôt. Première étape de 110 km plein ouest à travers un paysage de « bad lands ». Altitude entre 1700 et 2100 m, l’Iran c’est haut !
Premier arrêt sur un site très particulier, Takht-e Soleyman (le trône de Soleiman), une sorte d’immense source autour de laquelle ont été construits différents édifices à partir du premier millénaire avant notre ère.
La source en précipitant du calcaire a édifié une sorte de petit plateau. Le lac au centre fait 80 m de diamètre. Il aurait été plongé mais sans que le fond soit atteint. Mais les infos sont pour le moins floues… Je vous laisse imaginer ce que peut m’inspirer un endroit pareil !
A trois kilomètres, un autre édifice géologique marque le paysage. Haut d’une centaine de mètres, il ressemble de loin à un volcan mais il s’agit également de calcaires précipités autour d’une source.

Du bord du « cratère » (qui n’en est pas un), belle verticale de plus d’une centaine de mètres. Mais la forte odeur de soufre qui remonte du fond n’incite pas à tenter la descente.
Nouvelle étape de 110 km vers l’est, dans la province de l’Azerbaïdjan occidental, jusqu’à se rapprocher de 70 km de la frontière irakienne. Destination, une grotte aménagée dans laquelle des siphons sont plongeables.
Pour les aménagements, on peut dire qu’ils n’ont pas lésiné. Larges escaliers, rambardes chromatiquement exubérantes,…
Petit détour par la vasque de départ du siphon dans lequel a plongé notre guide. Arrêt vers -40 et un polonais serait allé plus bas.
De tels lieux, avec de l’eau et de la fraicheur (température « glaciale » de 12/13° par rapport au 40° du dehors), attirent bien sûr du monde. Ce sera notre premier contact avec du canotage touristique souterrain.
Soirée en gîte dans le petit village à côté de la grotte. Et nouvelle nuit courte, cette fois en raison d’un concert d’aboiements de chiens et de toute façon, levés aux aurores pour attaquer une longue route vers le sud-ouest.
A vol d’oiseau 300 km, « un petit peu » plus par des routes sinueuses alternant grandes surfaces planes et cols, le tout au-dessus de 2000 m. Un grand axe de circulation avec des camions dignes du salaire de la peur.
Et enfin Hamedan où nous serons invités dans une maison perchée sur les hauteurs au-dessus de la ville (qui a dit "et à part manger, vous faites quoi ?").
Après regroupement avec des spéléos locaux, encore un peu de route vers le nord cette fois et un petit bout de piste pour rejoindre une grotte. Le paysage est vraiment particulier, vaste pénéplaine d’où émergent des massifs calcaires isolés les uns des autres.
La grotte de Sarab, car tel est son nom, s’ouvre au pied de l’un de ces massifs. Sous l’entrée, une sortie d’eau a été aménagée en bassin.
Nous ne sommes pas les premiers Masciens en ces lieux car déjà l’expé Zagros 96 y était venue.
Equipement sous le cagnard…
Classique sollicitation des locaux pour une photo souvenir…
Et c’est parti (fort tard soit dit en passant : 18 h), accueillis par un violent courant d’air très froid (12° contre 40° dehors, bonjour la claque). Un des spéléos locaux voulant certainement nous montrer comment que c’est qu’il est fort, part bille en tête dans cette grotte très particulière où l’on progresse la plupart du temps sur des trottoirs de calcite, marques d’anciens niveaux de l’eau.
Et là dans certains passages on voit bien que le gars est un varappeur, un bon, un très bon même. Mais un mode de progression qui évoque tout à fait la conduite de certains dans ce beau pays. Et j’avoue avoir calé à certains endroits et demandé de mettre au moins une main courante. Ce que notre guide, par ailleurs professionnel de travaux en hauteur, trouvait d’ailleurs tout à fait justifié. On a bien senti là qu’il y avait de nettes différences dans les différents groupes. Même chose vis-à-vis des déchets présents dans la grotte : indifférence pour certains, collecte pour d’autres.
Mais bon, tout cela n’a pas empêché d’aller assez loin dans cette cavité labyrinthique développant plusieurs kilomètres. Une ambiance très différente de celle de nos grottes avec des concrétions particulières et la présence de l’eau dans quasiment toutes les galeries, obligeant même à sortir un canot pneumatique.
Le plus dur a été de calmer la joyeuse ardeur de cette bande pour essayer de sortir quelques clichés. Les flashs étant restés en route, tout a été fait avec nos deux Scurion.
Et comme d’habitude en Iran, on mange ! Notez le kit « made in Iran »
Sortie à point d’heure et nuitée juste à côté dans des Mobilhomes faisant partie de tous les infrastructures autour de la grotte touristique d’Alisadr. Un des plus gros sites touristiques d’Iran. Chez nous il n’y a pas l’équivalent : accueil immense, galeries marchandes, plusieurs restaurants et même des attractions foraines pour les petits comme pour les grands.
Ce compte-rendu commençant à être bien long, je le surchargerai pas de photos mais vraiment c’est pas banal à tout point de vue. La grotte est immense, plus de 10 km en un labyrinthe avec de l’eau quasiment de partout. Des concrétions comme à Sarab, en trottoirs étagés, des salles immenses, etc. Et question aménagement, ça fait pas dans le discret comme cette salle d’attente avant l’embarquement, pavée en marbre !
Une bonne partie de la visite se fait en barque, par série de trois barques tractées par un guide en pédalo. Et il y en a dans tous les sens.
Un exemple du concrétionnement en trottoirs que là on voit par-dessous
Dans la série « les aménagements pas ordinaires » : des pontons flottants pour circuler dans les galeries où l’eau est profonde.
Après un parcours à pied, nouveau trajet en barque pour rejoindre le dernier débarcadère et la surface. Le tout dans une joyeuse cohue, plusieurs classes étant là en sortie scolaire.
Inutile de préciser qu’après ça… on mange !
Dernier tronçon pour retourner sur Zanjan, au milieu des véhicules surchargés de sacs de blé
En cours de route, arrêt à une nouvelle grotte touristique réputée pour ses concrétions : Katal-e Khor cave. Egalement un grand réseau plurikilomètrique avec pour la partie aménagée, une longue galerie largement recalibrée, ce qui casse un peu l’ambiance.
Là aussi des choses intéressantes en termes de karstogenèse. Au bout de la longue galerie, un bel ensemble de concrétions mais pour lesquels je trouve que les lampes de couleur n’apportent pas grand-chose, bien au contraire (mais c’est un avis tout à fait personnel).
Petite déception de ne pas avoir pu descendre dans les réseaux inférieurs où il y aurait plein de choses à voir mais l’heure tournait et il était temps de reprendre la route après toutefois une pause avec le responsable du site. Ne vous arrétez pas à son regard noir, en fait c’est un joyeux luron.
Après une courte nuit à Zanjan, nous quittons nos amis sur le quai de la gare avec encore quelques péripéties : premier loco en panne, train dépanné une heure après mais mis d’office dans le suivant donné pour « plus confortable », ce qui était le cas avec encore une fois la collation de rigueur.
Retour au pays comme à l’aller : nuit blanche, taxi à 2 h du mat, bonne surprise d’un nouveau surclassement en Affaires (toujours pas compris pourquoi mais on ne va vraiment pas faire les difficiles, c’est tellement bien et ça nous a permis de récupérer de toutes ces nuits courtes), traversée d’Istanbul au milieu des embouteillages pour changer d’aéroport et … maison !

Reste à digérer tout ce qui a été vu, échanger avec nos nouveaux contacts là-bas et, c’est certain, prévoir quelque chose mais dont il reste à déterminer comment, où et pourquoi.

Yves B

dimanche 9 août 2015

CR SORTIE A L'AVEN DU LOUBY DU SAMEDI 08 AOÛT 2015

Présents : Pierre JT, Jean-Jacques et Hugues.

Petite sortie sous grosse chaleur, ça devient une habitude ces derniers temps. Là l'avantage c'est que la marche d'approche est courte.
L'objectif du jour était double : ré-équiper l'entrée pour éviter un frottement de corde et faire un peu des manips verticales pour se défouler (pour moi) ou régler le matériel (pour Pierre).

La première descente c'est faite sur un équipement "provisoire" avec un amarrage au bout d'une sangle pour voir où il serait le mieux adapté. Le rocher étant vraiment pourri le spit ne pourrait pas être planté partout de toute façon donc il ne fallait pas se louper.



J'ai équipé jusqu'au fond, c'est vite fait dans cette aven car après l'entrée il n'y que 3 relais avec 5 amarrages et une déviation à poser.


Pierre ayant réglé son matériel avec l'aide de Jean-Jacques est venu me rejoindre au fond puis on est remonté.




Une fois dehors on s'est vite débarrassé des tenues et on a cassé la croûte sous les arbres.
Ayant vu où il fallait changer l'équipement au départ de l'aven on s'est mis au travail. Comme je l'ai dit le rocher est pourri, ça sonne creux de partout dès qu'on tape avec le marteau. On a pris l'option de faire partir la main courante d'un arbre puis de mettre un relais en perçant le rocher pour y poser un bout de dyneema et un mousqueton et d'ensuite faire un Y au milieu de l'entrée d'où la pose d'un spit neuf sur la seule petite zone correcte de roche.




Une fois cela terminé Pierre et moi on est redescendu à nouveau jusqu'au fond du trou, Pierre pour vérifier ses nouveaux réglages de matériel et moi pour déséquiper.


Hugues.


vendredi 7 août 2015

SORTIE SAMEDI 08 AOUT 2015 A L'AVEN DU LOUBY

Ce samedi on retourne à l'aven du Louby pour planter une paire de spits à l'entrée. On va en profiter pour faire un peu de la corde en même temps car c'est un petit aven sympa à descendre.

Départ à 9h30 de chez Jean-Jacques si ça vous intéresse.

Hugues.


jeudi 6 août 2015

CR SORTIE A CHAUZON DU 05 AOÛT 2015

Présents : Jean-Jacques, Philippe et Hugues.

On ne peut pas dire qu'on est choisi le meilleur jour pour partir sur le plateau de Chauzon avec des sacs énormes (comme d'habitude) car dès 11h00 la chaleur était déjà bien présente. La journée promettait d'être rude ...

Arrivés sur place après les vingt minutes d'approche on s'est posé à l'ombre pour casser la croûte et pour refaire les niveaux d'eau. Ayant fini le premier je suis parti prospecter un peu dans les gros blocs et j'ai trouvé un autre petit trou intéressant. Je suis descendu d'environ trois mètres dans les rochers, au fond c'était plein de terre sur un diamètre d'environ 2,50m. Pas de suite évidente mais honnêtement je n'ai pas pris le temps de chercher car la concentration en CO² devait être très élevée, à peine les pieds posés au sol que j'ai été déjà méchamment essoufflé et je n'ai pas demandé mon reste pour ressortir donc pas de photo.

Ayant rejoins Philippe et Jean-Jacques on s'est mis en tenue pour revoir le trou de la semaine passée. On languissait vraiment de descendre sous terre pour se rafraîchir un peu. 



Avec Philippe on est vite arrivé au dessus de la faille dans laquelle je n'avais pas osé descendre étant tout seul. Philippe n'a pas hésité longtemps avant de s'y engager et en effet en opposition ça se faisait sans problème. Malheureusement on n'a pas trouvé grand chose, des deux cotés ça finit par se pincer, pareil pour les petits départs latéraux. Il y a pas mal de coulées de calcite, on voit que l'eau y a bien circulé.







La fraîcheur de la faille n'attire pas que les spéléos car de nombreuses bestioles s'y planquent dedans. Bien sur les plus nombreuses sont les araignées, de toutes parts il en sort et il faut faire gaffe où on met son nez.



N'ayant pas trouvé de suite on est ressorti de la faille en escaladant entre les deux parois, ça s'y prête bien avec toutes les bonnes prises.


On est revenu dans la doline centrale pour se dévêtir car il n'était pas question de rester en tenue spéléo avec cette chaleur. Après s'être désaltérés Philippe et moi on est reparti pour à la fois vérifier un chemin et pour prospecter à nouveau. On est parti en touriste avec juste chacun son casque et sans prendre à boire ...

A nouveau on est tombé sur des trous intéressants, de grosses failles bien ouvertes avec des suites possibles vues d'en haut. En cherchant bien j'ai réussi à descendre dans une, ce n'était pas évident à cause de la grosse couche de mousse qui cache la roche et donc ne permet pas de voir si les prises sont correctes.
Je suis descendu de huit mètres environ, sur la photo on aperçoit Philippe qui me guidait d'en haut. La fraîcheur en bas était vraiment la bienvenue après avoir crapahuter sur les blocs en plein soleil. A nouveau j'ai trouvé une jolie faille avec au sol de la terre, là aussi la calcite recouvre les parois et au plus bas il doit y avoir une petite dizaine de mètres de profondeur.




Après être ressorti je suis descendu dans une autre faille prometteuse, ce coup ci Philippe est venu me rejoindre pour profiter lui aussi un peu du frais. Pour rejoindre le fond on a été obligé de passer sous des blocs plus ou moins coincés, là on fait gaffe de ne surtout pas accrocher quelque chose. Au fond un petit boyau calcité laisse sortir un courant d'air alternatif glacial, suite possible ou juste communication avec une autre faille ?



Pour revenir vers Jean-Jacques on s'est mis dans une grosse galère car on était au milieu des ronces et de la salsepareille. Pour s'en sortir on a mis du temps, Jean-Jacques nous entendant rouspéter (ça c'est la version polie pour dire qu'on jurait pas mal) est venu à notre rencontre pour nous guider un peu.

N'ayant pas pris d'eau avec nous on s'est jeté sur les bouteilles dès qu'on est revenu sur le coin bivouac. Pour les tenir au frais on les avait posées dans une des pertes creusées la semaine passée. Pour la mienne pas de souci par contre pour celle de Philippe là ça n'a pas été la même chose car sa bouteille a chuté au fond du trou. La seule solution pour la récupérer a été de tenir Philippe par les pieds, à la verticale, tête en bas. Lui tenant une des jambes je n'ai pas pu faire de photo c'est bien dommage.
Après avoir bien bu on a refait les sacs et on a repris le chemin du retour toujours sous le soleil de plomb. La dernière fois on avait repéré de loin un impressionnant cairn au dessus du ruisseau. Jean-Jacques voulait le voir de plus près du coup on a fait un tout petit détour après avoir posé les sacs bien sur.
En effet c'est un cairn original,ceux qui l'on fait ont un bon sens de l'équilibre. Suivant la tradition Jean-Jacques a posé sa pierre sur l'édifice SANS le faire tomber, chose pas évidente car tout l'ensemble bougeait.



Le retour à la voiture s'est fait en silence, on économisait la salive pour ne pas avoir la langue qui se colle au palais. La journée n'a pas été riche en découverte mais on a éliminé des pistes et c'est déjà bien.

Hugues.


mardi 4 août 2015

RETOUR A CHAUZON MERCREDI 05 AOÛT 2015


Demain mercredi 05 août on retourne à Chauzon pour reprendre l'exploration du trou qu'on a trouvé la semaine dernière et pour continuer la désob en cours.

Départ à 10h00 de chez Jean-Jacques.

De prévu déjà : Jean-Jacques, Philippe et moi.

Hugues.


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