Ce billet
pour vous tenir au courant de la suite des péripéties des ReefNet qui avaient
été installés tout récemment au Frochet.
Mais la
plupart d’entre vous doivent se demander qu’est-ce que c’est que cette bestiole ?
En fait, il faudrait parler de « Sensus Ultra » pour l’objet
lui-même, ReefNet étant le nom de la société canadienne qui les fabrique. Pour
faire simple, c’est petit (2,5 x 3,3 x 4,5 cm), c’est jaune (ou noir) et c’est
censé enregistrer température et pression. En tout cas, le meilleur rapport
volume / contribution à la saga du club !
Plein
d’optimisme on pourrait penser qu’il suffit de les mettre dans l’eau,
d’attendre un certain temps et puis de les récupérer pour lire ce qui a été
enregistré… Trop facile !
Tout
d’abord, il faut paramétrer ces capteurs :
- fréquence
d’échantillonnage : ça c’est simple, une mesure toutes les x secondes
- seuil de
déclenchement : plus sioux ! C’est la pression à partir de laquelle
l’engin enregistre température et pression. Et là… il faut commencer à cogiter
en tenant compte de la pression atmosphérique sur place (sachant que plus on
monte en altitude, plus elle diminue) et de la profondeur à laquelle on va
placer le capteur (sachant qu’en gros 10 cm d’eau c’est l’équivalent de 10 mbar
qui eux même valent peu ou prou 100 m de dénivelé à l’air libre… tout le monde
suit ?).
Bref
j’avais paramétré les capteurs pour un déclenchement à 1000 mbar et une
fréquence de 2 minutes.
Pour la
mise en place, voir le compte rendu précédent.
La
fréquence de 2 mn s’avérant trop rapide, j’avais prévu de récupérer un de ces
jours les capteurs pour modifier cela. Mais il y a peu, de vaillants plongeurs
partis dans le Frochet (voir également un compte rendu précédent) ont pris sur
eux l’initiative de tout ressortir. Bon… ça c’était fait, un peu à l’arrache
mais fait quand même…
Quelques
jours plus tard, notre mentor spéléologicoplongeur, David Bianzani, a rapporté
les objets à la maison. Mais déception avec le logiciel permettant de lire les
données : quasiment rien à part une petite vague de 25 cm dans la nuit du
15 novembre…
Que faire
d’autre sinon passer à table en noyant notre chagrin. Le lendemain, les
libations ayant été très raisonnables, grosse séance de recherche sur internet
pour essayer d’y voir clair. Résultat : il est à la charge des
utilisateurs de faire le meilleur usage des données brutes avec les meilleurs
paramètres. Ceux du logiciel sont valables pour une plongée en mer…
Certains
s’étant déjà cassé les dents (arraché les cheveux, rongé les ongles… etc,
entourer la formule convenable), des utilitaires existent. En particulier
Speleograph, mis au point par des spéléos pour des spéléos. Et là, ça
change :
Bien que
l’enregistrement soit tronqué par un seuil de déclenchement un peu trop élevé,
l’onde de crue est bien visible avec une montée d’au moins 50 cm en à peine
deux heures ! Bianzani le pressentait depuis quelques temps mais c’est
certain, il ne doit pas faire bon de se faire prendre dans la cavité quand
l’eau monte.
Pour la température, on notera le petit pic au moment de la crue mais seulement dans la vasque du S2 et la descente régulière vers le 8° bien remarqué par Alex la semaine dernière.
Cette crue
correspond à un pic de précipitation dans la journée du 14. Il y a encore du
boulot pour estimer le temps de transit dans le réseau. Mais c’est possible,
si, si !
Les jours
suivants il a encore plu mais rien n’est enregistré, certainement en raison de
ce seuil de déclenchement trop haut.
Pour la
suite, il est prévu de remettre les capteurs en place. Je passe les questions
de variation de pression atmosphérique entre la vallée et en altitude mais
bref, il va falloir monter avec un ordi pour programmer les capteurs sur
place ! Décidemment on aura tout porté là-haut.
A voir
vendredi prochain ou le week end selon la météo et les disponibilités des
volontaires.
Moralité :
c’est comme le Disto pour la topo, c’est vraiment super mais avant de pouvoir
s’en servir, c’est pas vraiment simple.
Yves