Un p'tit Berger SVP
Il était une fois une bande de 3 petits Mascquiens qui avaient rendez-vous avec un des gouffres qui ont fait
l'histoire de La Spéléo.
C'est à l'invitation du CDS26 qui organise son
interclub que le Gouffre Berger est ouvert durant 1 semaine aux membres des
clubs du département qui sont invités à descendre dans les bas fonds de ce trou
mythique.
Après une longue attente, après de multiples
rebondissements de personnes disponibles, de dates et de météo, après avoir
espéré -1122 puis -800 et bah... ce sera seulement objectif -600m pour cause de
météo capricieuse et donc de déséquipement préventif du fond.
Au final l'équipe sera composée de Jean-Luc,
Olivier et Alex. L. Pour Jl ce sera son
1er -600, bel objectif (à son âge!). Le départ est prévu vendredi matin 7h,
tranquille! Au départ c’était 6h!! JL passe me prendre à la maison et nous
rejoignons Oliv à l'entrée de l'autoroute.
Direction Autrans pour la 1ére fois de notre
vie. A ce moment je suis empli à la fois de bonheur et d'une petite angoisse.
Suis-je à la hauteur, moi petit spéléo pour me permettre de me mesurer à la démesure
de cette grotte particulière. Aux dires des connaisseurs pas de quoi s’inquiéter
mais bon restons sur la réserve.
Au bout de 2 bonnes heures de route nous
arrivons sur le parking de la Molière. Petite mise en condition, chaussures de
rando, rapide checking du sac à dos et du matos, ah merde j'ai oublié ma
gourde! Fallait bien oublier un truc, au moins ça ce n'est pas trop grave, une
bouteille d'eau fera l'affaire.
C'est parti pour une petite marche, nous
croisons un groupe de randonneurs (des anciens) , 1 fois puis une seconde fois
après un mauvais détour. Arrivés sur la zone du Berger, nous cherchons un peu
alors que nous étions sur le bon chemin, mais bon, faut bien vivre un peu
d'aventure et se remettre un peu dans l’état d'esprit des inventeurs de la
cavité, qui avaient cherché un moment la fameuse entrée au milieu des karts de ce
plateau de Saint Sornin. Ils avaient l'espoir d'une grande découverte sachant ce
qui sortait aux cuves de Sassenages. Nous nous avons l'espoir d'une grande et
belle aventure dans un Gouffre énigmatique dont la réputation fait à la fois
pâlir et rêver les spéléos du monde entier.
Le plus classe c'est que nous avons ce trou
rien que pour nous 3! et tout équiper en plus. Si ça c'est pas du luxe!
Il est déjà 10h quand nous arrivons devant
l'entrée de la cavité et nous prenons le temps de nous équiper tranquillement ,
de manger un morceau et de faire descendre cette petite angoisse qui nous
anime depuis ce matin.
Nous déposons nos sacs à dos après la 1 ére
longueur de corde et c'est parti pour l'aventure... Un berger SVP!!
Oliv devant, JL en sandwich (rien de graveleux
là dedans) et moi pour fermer la marche de l'équipé sauvage. S’enchaînent alors
puits et méandres. Mes compagnons d'aventure n'apprécieront pas forcement les
méandres quelque peu glissants, froids humides et à la rugosité variable qui
laisse parfois certaines portions avec peu de prises. Là ça rigole moins les
cocos, ha ha ha !
Plus bas nous arrivons dans les grandes
galeries, de longues minutes de marches à crapahuter entre les blocs. Au bout
d'un moment tout se ressemble, nous progressons toujours mais sommes nous
dans la salle des treize, aux couffinades, dans le grand éboulis? Nous ne savons
plus. Nous finirons par nous repérer au virage à 90 du grand éboulis. Puis un
poil plus tard nous arriverons à environ moins 500 au niveau du point chaud
installé pour l'occasion. Ça ressemble beaucoup à un camp de clodo mais c'est
rassurant de savoir que quelqu'un est passé par là et qu'il y une zone où se
réfugier au cas ou ...
Une petite pause pour se ravitailler, et
rapidement on se les caille, du coup on ne traîne pas trop sur place. De toute façon on n'est pas des clodos. On continue la progression et à partir de là on
tombe sur la salle des 13 et les
couffinades. Jolie succession de maxi stalagmites et des grands gours aux reflets
bleutés dans cette obscurité éternelle.
C'est là que "la rivière sans étoile"
prend tout son sens...
La suite est composée d'un méandre relativement
large ou sous un vacarme dantesque nous attend une des particularité du lieu : petit robinet d'eau permanent qui tombe du plafond qui fait du bruit en
pénétrant dans une vasque 2 m plus bas.
Ensuite, petite main courante sur cascade
de calcite puis se dresse devant nous un monticule à escalader qui aura raison
de la volonté de JL mais pas de la curiosité d'Oliv et la mienne. Nous avons
bien fait car juste de l'autre coté se trouve notre terminus à -600.
Olivier ne résistera pas à l'envie de jeter un
coup d’œil à la suite pendant que je commence à retourner vers JL que nous
avons abandonné il y a peu.
S'en suit le début de la remonté, il est environ
18h, nous faisons une rapide escale au camp des clodos pour récupérer nos
caddies que nous avions délesté auparavant.
En haut du grand éboulis Oliv tentera une
démonstration de sa dernière trouvaille technologique. Une gourde qui filtre
l'eau! Peine perdue, pas moyen d'en faire sortir une goutte!
Nous ressortirons vers 23h30 après une longue remonté
dont JL se souviendra, surtout que les puits sont peu fractionnés et les
cordes bien élastiques.
Il fait nuit mais pas trop froid, 10°C, le
temps de nous restaurer un peu, de se changer et de refaire le sac et nous
sommes partis pour 1h de rando nocturne à travers bois jusqu’à la voiture.
De la ce sera retour direct au pays du nougat
vers 3h30.
Voila une belle aventure, une belle journée de
spéléo à renouveler à volonté.
Bisous les p'tis loups.
A,L,