Participants : David B. (Geckos) Hugues P. et Olivier S.
pour le MASC
Nous devions à l’origine être
trois Masciens à répondre à l’invitation de David pour une visite guidée des
derniers réseaux découverts sous Fond d’Urle qui viennent d’ajouter quelques
kilomètres supplémentaires aux réseaux des Chuats. Malheureusement Yves B. a
été empêché au dernier moment ; à notre plus grand dépit car nous savions
alors qu’outre de devoir se passer de sa plaisante et trop rare compagnie, nous
allions également devoir déguster caillette et saucisson sans l’agrément d’un
gouleyant breuvage dont il était tacitement convenu – il est certaines
évidences qui rendent la précaution de tout accord préalable superflue - qu’il
apporte dans sa besace.
Bon la journée ne commençait pas
sous les meilleurs hospices (de Beaune ou d’ailleurs ; on ne saura
jamais), et en plus pour changer il pleut, et la température à notre départ
bien matinal (6h00) de Montélimar commence à nous faire craindre une crue
rédhibitoire pour notre balade souterraine.
L’alternance de pluies éparses
entrecoupées d’averses passagères nous accompagne tout le trajet, et quand nous
retrouvons David au QG de Saint Jean il pleut toujours. Après un rapide café,
nous prenons la route pour monter à Fond d’Urle. Combe Laval est dans le
brouillard, mais quand nous garons la voiture peu après la station de Chaud
Clapier il fait environ 1°C
et la pluie semble se calmer ; nous pouvons nous changer sans être
trempés. Nous chaussons les raquettes et après une petite marche d’approche
nous voici rendus devant l’entrée des Fleurs Blanches.
Nous prenons soin de
bien cacher nos raquettes afin de ne pas risquer d’inquiéter inutilement un
quelconque randonneur qui les trouverait là juste devant le scialet et qui se
sentirait dans l’obligation d’alerter PGHM, SDIS, GIGN, RAID, FBI pour faire porter
secours aux malheureux promeneurs qui après avoir pris soin de déchausser seraient
malencontreusement tombés dans le gouffre…
Sur les premiers décamètres de la
cavité, nous pouvons constater le gros travail de désob réalisé par le CoSoc
qui permet d’atteindre le sommet du premier puits.
Toutes les verticales sont déjà
équipées et nous enchaînons puits, méandre, puits, méandre jusqu’au collecteur
que nous atteignons une petite heure plus tard. Là la randonnée commence. Les
volumes sont importants. D’un bon pas nous progressons dans le collecteur des
Fleurs Blanches, il y a de nombreux départs en cours d’exploration mais le but
de notre visite d’aujourd’hui n’est pas de faire de la première.
La présence
sur place de canots pneumatiques nous permet de franchir deux voûtes
mouillantes sans devoir se tremper les chaussettes (merci Ménile).
Nous allons
jeter un coup d’œil au siphon du Bois Vert par lequel l’équipe dont faisait
parti David cet été est arrivée depuis le scialet Abel avant que la jonction ne
soit faite avec les Fleurs Blanches quelques jours plus tard.
Nous arrivons
donc dans le collecteur dit des « Spéléonautes ».
Là les volumes sont
de plus en plus impressionnants. Dans la salle « Brontosaure »
(hommage…) nous progressons au pied d’énormes chaos de blocs dont certains font
la taille d’une voiture familiale.
David nous montre les départs de puits qui
permettent de rejoindre le réseau actif sous-jacent « les Bas Fonds »
80 m plus
bas et dans lequel des plongées ont été réalisées.
Nous continuons, toujours dans de
beaux volumes, en suivant la galerie principale.
Jusqu’au point où l’équipe
s’était arrêtée le jour de la première. Nous allons jeter un coup d’œil à la
base d’un joli puits très sculpté d’où affleurent de nombreux silex. La présence
d’une corde nous indique qu’une équipe travaille à la remontée de ce
puits ; bientôt une nouvelle entrée ?...
David nous montre la trémie sur
laquelle il avait buté le premier jour, arrêtant là leur exploration. Cet obstacle
a depuis été contourné par une escalade réalisée par Manue T. que je serai le
seul à remonter aujourd’hui, juste histoire d’aller voir le beau
concrétionnement blanc qui tapisse le sol et les parois de cette petite
galerie.
Nous faisons demi-tour, David a
enclenché la sixième, nous rattrapons Hugues qui avait pris un peu d’avance, et
je reste avec lui pendant que David disparait rapidement devant. Une fois de
retour dans le collecteur des Fleurs Blanches, nous nous accordons une petite
pause pour déjeuner, il est bientôt midi. Un petit repas chaud qui nous redonne
un peu d’énergie pour attaquer la remontée.

David veut faire la course. Il part
devant dans le premier méandre, à la première occasion je le dépasse. Mon petit
kit perso devant faire un dixième du volume et du poids du sien qui est
collectif, je prends un peu d’avance. Mais David refait son retard dans les
puits équipés en double voir en triple. Nous rattrapons Hugues qui une deuxième
fois était parti en avance pendant que nous prenions le café. Hugues voyant que
David me talonne, et pour sauver l’honneur du Masc, mimera de violentes crampes
aux genoux (oui dit comme ça ce n’est pas très crédible, mais David est dupe) ;
la supercherie fonctionne et même si je suis un peu surpris qu’il ne s’agisse
pas cette fois de tendinites auriculaires diffuses, j’en profite pour sortir en
tête du dernier puits. Inévitablement je me trompe immédiatement de chemin et
doit attendre piteusement David pour qu’il m’indique la sortie pourtant toute
proche.
Lorsque nous mettons la tête
dehors il ne fait pas trop mauvais, nous rechaussons nos raquettes et
rejoignons rapidement les voitures, sauf Hugues qui continue de mimer à
merveille sa nouvelle trouvaille hypocondriaque.
Voilà donc une très belle et
sportive sortie souterraine, dans de magnifiques galeries récemment
découvertes. Un grand merci à David pour l’invitation, la visite guidée et la
préparation des nouilles chinoises.
Olivier S.