Présents : Philippe, Coco, Olivier, Romain, Nassim et Hugues.
Quand on est arrivé sur le parking de la grotte touristique de Choranche il n'y avait pratiquement pas d'autres voitures mais on a bien pris soin de se garer dès le début pour ne pas gêner les visiteurs dans la journée. On s'est changé puis on s'est réparti le matériel à transporter. Il y a eu deux options pour la tenue, tout le monde s'est mis en tenue spéléo sauf Philippe qui lui est resté en "civil" car il comptait mettre sa néoprène de suite sous sa combinaison et du coup il ne voulait pas monter en surchauffe trop vite. Avant notre départ du parking on a vu arriver une voiture avec trois autres spéléos et un bateau, on se doutait bien qu'on ne serait pas les seuls aujourd'hui sous terre. D'ailleurs je me demande où ils sont passés car je ne les ai pas vu dans la grotte sauf s'ils faisaient partis du groupe de 12 personnes qu'on a croisé en cours de journée.
Quand on arrive devant le lac ça fait toujours de l'effet, l'eau y est tellement claire qu'on n'arrive pas à se rendre compte de la profondeur. De l'autre coté du lac il y avait déjà un bateau et pas de corde pour le ramener vers nous donc on se doutait qu'il y avait une autre équipe présente.
Pendant que Philippe se mettait en tenue on s'est occupé du bateau, on l'a rapidement gonflé et on a bien pris soin de laisser le gonfleur dedans pour le retour au cas ou ... Après y avoir attaché la cordelette pour pouvoir le ramener au bord c'est Romain qui est parti avec des kits pour le premier voyage.
Olivier et moi on l'a rejoint en bas de la vire qui permet de sortir du lac, c'est à ce moment qu'on a entendu des cris dans la grotte, l'équipe déjà sous terre revenait après une nuit de bivouac. Il a fallut gérer le croisement de tout le monde au niveau de la vire. Le pro ayant récupéré sa corde après le passage de notre équipe j'ai posé la notre pour qu'on puisse revenir à la fin de notre balade. Pendant que j'étais entrain d'équiper d'autres spéléos sont arrivés, la première était si pressée que je n'avais même pas le temps de mettre mes mousquetons avant qu'elle file sur ma corde...
Philippe, Olivier et Romain ont filé devant et Coco et Nassim m'ont attendu pendant que je finissais l'équipement du coup on a fait toute la partie fossile à grande vitesse pour les rattraper, je n'ai même pas pris le temps de faire une photo. On a eu un peu du mal sur la fin pour trouver l’accès à la rivière, Philippe et moi on n'avait de vagues souvenirs mais finalement on s'est bien débrouillé, j'ai retrouvé le passage derrière un rocher.
On a enfilé les néoprènes sous les combinaisons et avant de descendre dans la rivière on a mangé un morceau. C'est à ce moment là qu'un gros groupe de jeunes de Grenoble est arrivé, eux ils étaient uniquement équipés en néoprènes. Avant de descendre ils se sont installés pour casser la croûte ce qui nous a permis de prendre de l'avance sur eux.
Enfin on est arrivé à la rivière, au départ il n'y a pas beaucoup d'eau mais l'ambiance était déjà là. On voit que l'eau peut monter assez haut et les dépôts de calcaire blancs sur la roche marron sont magnifiques. En plus de l'appareil photo pour filmer et photographier j'ai mis ma Gopro sur mon casque pour les passages où justement je ne pourrai pas garder l'appareil dans les mains. Après visionnage des vidéos de la Gopro je suis déçu par la qualité, il faut vraiment beaucoup de lumière pour avoir un rendu correct, j'ai gardé que 6 vidéos pour le blog et encore ce n'est pas génial.
Assez vite on s'est retrouvé à progresser dans l'eau transparente, c'est vraiment un régal de marcher dedans car rien ne vient la troubler, qu'on soit le premier du groupe ou le dernier l'eau est toujours limpide et on peut voir les cailloux au fond.
La progression s'est faite dans la bonne humeur, l'eau glacée n'incitait pas vraiment à la baignade même avec les néoprènes mais par moment on n'avait pas le choix et du coup on n'était pas vraiment silencieux, bon ok je pense que je suis celui qui fait le plus de bruit dès qu'il y a de l'eau.
Par endroit de l'équipement en inox a été posé ce qui permet d'avancer facilement sans perdre du temps.
Finalement on est arrivé jusqu'à la cascade de 12 m, c'est l'endroit où pratiquement tout le monde s'arrête car c'est l'Obstacle à franchir qui fait réfléchir quand on commence à fatiguer et qu'on sait qu'on a tout le chemin du retour à faire. Coco, Nassim et Romain ont pris l'option de faire demi tour, Philippe, Olivier et moi on a continué, je ne voulais pas repartir une nouvelle fois sans avoir passé cette escalade.
Heureusement un équipement fixe est en place. Il y a une vingtaine de barreaux inox plus aujourd'hui une corde et des broches si on veut en poser une autre. Ce n'est pas tant la partie verticale qui doit être physique à équiper car avec les barreaux on monte facilement mais après il y a une belle vire acrobatique qui doit être pénible à installer.
La suite de balade est dans le même style, c'est juste un peu moins large et on se dit qu'il ne vaut mieux pas être là un jour de crue. Il y a des vestiges de câbles acier qui traînent le long des parois, pour les enlever il faudrait venir avec du matériel.
On est arrivé à la salle Chevalier, il y avait bien une corde qui demandait à être remontée mais on s'est arrêté là pour ne pas faire trop attendre le reste de l'équipe. On a fait donc demi tour et manque de bol quand on est arrivé en haut de la cascade de 12 m on s'est aperçu que le groupe de 12 personnes était entrain de monter. Ce n'est pas de chance car c'était vraiment le seul endroit où on ne pouvait pas se croiser du coup on a attendu que tout le monde soit passé avant de pouvoir descendre.
Le reste s'est passé sans problème, contrairement à Olivier et Philippe j'ai souvent pris l'option directe, je sautais au milieu des vasques plutôt que de prendre les barreaux sur le coté, au moins ça m'économisait les bras pour mes tendinites mais l’inconvénient c'était la température glaciale de l'eau, surtout dans le cou.
Quand on est ressorti de la rivière et qu'on est arrivé dans la grande galerie on a vu que le reste de l'équipe avait filé vers la sortie ce qui était un bon choix plutôt que de se cailler à nous attendre. Olivier et moi on a quitté les néoprènes et on a remis les affaires trempées et froides pour moi et presque sèches pour Olivier et par dessus les combinaisons spéléo qui elles de toute façon étaient trempées et glaciales. Les 5 premières minutes ont été vraiment désagréables puis on s'est vite réchauffé en activant un peu le rythme.
Quand on est arrivé au dessus du lac d'entrée on a été surpris par l'humidité et la chaleur, on se croyait dans une serre tropicale ! Il m'avait semblé entendre du bruit depuis un moment déjà et en fait c'était les vibrations du tonnerre que j'avais repéré car dehors l'orage grondait. Philippe étant le dernier il n'a pas eu d'autre choix que de déséquiper notre corde tout en bataillant avec celle du groupe encore sous terre.
Le bateau s'étant un peu dégonflé on est passé sur le lac chacun son tour, avec le brouillard ça n'a pas été facile de faire des images, l'appareil photo ne pouvait pas faire la mise au point.
Sur le chemin du retour on a croisé des touristes qui se demandaient d'où on sortait avec nos tenues et un bateau gonflable, certains doivent même se poser la question sur leur visite de la grotte, ils doivent réaliser que ce n'est pas marqué dans leur guide touristique. On a eu juste le temps de se changer et de monter dans la voiture que des gouttes ont commencé à tomber et dix minutes après c'était des trombes d'eau.
On a fait l'aller retour jusqu'à l'escalade de 12 m (et un peu plus pour Olivier, Philippe et moi) en 6 heures mais pour ça il ne faut pas perdre de temps dans la galerie fossile. Le jour où je voudrais faire des photos dedans car il y a de quoi en faire des belles je viendrai que pour ça. Par contre la prochaine fois je ne garderai pas la combi spéléo pour faire la rivière, en néoprène ça suffit, on ne risque pas de l’abîmer et au moins quand on se change en ressortant de la rivière on a quelque chose de sec.
J'ai mis les vidéos Gopro dans le CR mais ne vous attendait pas à une super qualité.
Hugues.


















