Samedi 24 novembre 2012 : grotte des Deux Avens.
Présents : Laurie ; Manue ;
Alexandre ; Gilles ; Hugues ; Philippe ; Silvère.
En ce samedi était donc programmée une sortie initiation à la
grotte des Deux Avens de Vallon Pont d'Arc
pour 2 charmantes demoiselles, que nous fûmes ravis d'encadrer. Vu que
c'est bientôt la fin du monde, faut commencer à recruter des femmes en âge de
reproduire....
Après rendez-vous au traditionnel restaurant américain
français à 9h pour récupérer les effectifs Montiliens, nous sommes passés à Viviers
pour récupérer Gilles. Et direction les Gorges de l’Ardèche, Vallon nous voilà!
Une fois sur place notre cher ami le bourreau surnommé
« La Hache » nous attendait bien sagement. Il fallait donc nous
préparer pour l’expédition du jour. Les femmes n'ayant jamais fait de spéléo
verticale (voir de spéléo tout court pour Laurie) nous les avons assistées pour
le déguisement en homme de terre (femme de terre ça ne fait pas la blague!).
Une fois la combine enfilée, restait à passer le porte-jarretelle de survie,
autrement dit: le baudar. Et là, l'inquiétude monte chez nos 2 représentantes
de la gente féminine, elles se demandent ce qui les attend accompagnées de 5
gaillards trouologues pas très sérieux au premier abord, surtout que l'un
d'entre eux a gardé son pyjama bleu. Et oui, quel sort leur réservent-ils dans cette antre inconnue au milieu d'une
forêt patibulaire, mais presque!
Trêve de bavardages, une fois ces dames déguisées comme un
camion volé, en route pour le centre commercial, euh... non, ce n'est pas
ça ! Les grottologues du jour chargés comme des mules, c'est parti pour la
petite marche d'approche, enfin petite c'est relatif! Après 20 bonnes minutes de grimpe sur un
sentier escarpé nous voilà bien réchauffés devant une première entrée des « 2
Avens ». Nous larguons nos charges pour aller voir la seconde pas bien
loin de là. Et aussi la troisième entrée dont nous avons profité pour voir les
2 puits depuis le réseau supérieur accessible sans matos.
Nous discutons de
l'organisation de la journée et décision est prise de descendre par le P10 et
de remonter par le P20. Vue l'heure déjà bien avancé pour la mâtinée nous
prenons l’option d'équiper les puits et de manger en surface avant le début de
l'aventure vers le centre de la Terre.
Pendant que «La Hache» équipe le P20 (pour la sortie si vous
avez bien suivi), notre ami «Les Bons Tuyaux» (Huggy pour les intimes) et
moi-même allons ficeler le puits d'entrée en double afin de pouvoir accompagner
nos 2 novices lors de leur 1ére descente. L'occasion pour moi d'un exercice d'équipement
sous l’œil bienfaiteur de notre guide
spirituel grottologue susnommé précédemment.
Pendant ce temps là, Gilles et Silvère firent une
démonstration des équipements personnels à partir d'un arbre permettant la descente et la remontée des
puits à nos deux demoiselles, pas plus rassurées pour autant. (Petit rappel les
gars : on fait de la spéléo, pas de l'accrobranche).
Une fois la tâche remplie nous avons pique-niqué devant cette
œuvre qu'est ce trou béant vers le moi-intérieur de notre mère La Terre qui
nous accueillera en son sein par la suite.
Le repas frugal englouti (pff, les filles n’ont même pas fait
un gâteau!) nous nous dirigeâmes vers notre objectif du jour. Hugues pris la tête, des opérations bien sûr,
en compagnie de Laurie, la première victime du jour. Après le passage de la
main courante quelque peu escarpée, les voilà en haut du puits. Explications
des manœuvres pour passer de la MC à la mise en place au dessus du vide avant
de s'installer aux commandes du descendeur. L'inexpérience faisant, la manœuvre
n'est pas si simple au-dessus du vide. Laurie n'est pas avare en questions,
mais Hugues et Silvère sont la pour la rassurer et mener à bien cette
expérience anti-naturelle qu'est de se lâcher dans le vide. Longés ensemble (H&L) ils entament en
parallèle cette première verticale négative pour Laurie, tout de même ravie à
l'arrivée. Puis Silvère et Gilles ont suivi.
Pour ma part j'accompagne Manue dans cette expérience, qui se
révèle pour elle bien émouvante. Philippe qui nous talonne me seconde dans cet
exercice et m'aide à détendre l’atmosphère, aussi burlesque puisse-t-il être
(vous connaissez le bonhomme). Nous
avons pris l'option pour Manue, la situation le permettant, de lui faire
installer son descendeur pendant qu'elle était encore debout sur de bons appuis,
ça facilite la manœuvre, et elle a pu bénéficier de l'expérience et de la
pédagogie de Philippe en même temps que je la dirigeais. Une fois longés
ensemble, chacun sur sa corde nous avons commencé la descente pas si facile car
la roche était glissante. Quand même impressionnée arrivée en bas, notre
seconde demoiselle était elle aussi ravie.
Pour nous ces manœuvres sont devenues banales mais c'est
quand même sympathique de se remémorer ses premiers émois de descente. Pour moi
c’était y pas si longtemps, mais pour certains hommes expérimenté, «les vieux»,
ça doit pas être si facile de s'en rappeler.
Une fois en bas on est parti à droite ou à gauche, ça dépend comment on se place, en
gros on a utilisé la corde en place pour descendre l'éboulis noté sur la topo
qui est en fait une pente glissante.
Enfin, on a exploré la cavité de long et
en large dans sa partie la plus développée menant jusqu'au terminus. L'occasion
pour nous et nos deux charmantes demoiselles d'admirer les merveilles du temps
combinées à la géologie.
L’escapade nous mena au puits intérieur, qui commence
de façon étroite. Pour y parvenir un petit ressaut de quelques mètres est à
descendre. Cela a permis aux « miss spéléo 2012» de se faire une
seconde descente sur corde. Pas si facile non plus car ça glissait un peu
aussi. Après une rapide inspection des lieux par Hugues, Gilles et moi-même
nous sommes remontés pour laisser l'occasion aux spéléoEs de faire la légère
étroiture verticale et de voir la suite du puits. Nota: elle, l'étroiture,
demandait quand même de se débarrasser de la ferraille pour passer aisément.
Mais le petit gabarit de ces dames rend la chose bien plus aisée que pour nous
même, être de type XY.
Personne n'est descendu jusqu'en bas, nous avons fait la
partie praticable en désescalade sans matériel et reluqué une diaclase d'en
haut, sans tenter la descente, à priori sans grand intérêt (en même temps on n’avait
plus de corde !).
Du coup première remontée avec corde pour les filles sur le
ressaut, ce fut l'occasion de tester la poignée.
Restait à se diriger vers l'autre partie de la grotte, qui
mène au P20 de sortie (équipé en simple, par «La Hache» si vous vous souvenez
bien). Passage obligé par l'éboulis central et ensuite par une petite salle où
Hugues a « étalé sa science » de bebett'ologue en présentant aux
filles 2 ou 3 malheureux crustacés rikiki qui nageaient dans un tas de merde de
chauve souris. Qu'est ce qu’il ne ferait pas pour faire son malin celui-là ! Au passage : nombre de représentantes du
genre chiroptera étaient présentes en ce jour, un peu partout dans la grotte et
de toutes tailles.
Après cette salle il fallait enchaîner sur une jolie
chatière, sympa mais sans grande difficulté (pour les petits, majoritaires ce
jour là). Cela dit, ça a fait plaisir à Manue qui adore régresser et ramper
dans la boue. Nouvelle salle avec quelque jolies concrétions. C’est à cet
endroit que plus tôt Philippe c’était perdu, il savait qu’il devait emprunter
une étroiture pour rejoindre le P10 et ressortir mais quand il a vu qu’il
coinçait de partout il avait pris l’option de remonter par la main courante. Il
n’était pas au bon endroit et en plus il s’évertuait à vouloir passer par un
chemin qui le ramenait à son point de départ. Nous inspectons les lieux et,
Gilles et moi, retrouvons le passage étroit que nous empruntons. Nous nous retrouvons derrière les concrétions
et découvrons le passage ramenant vers nos camarades, il a l'air très étroit et
difficile.

Nous appelons la gente féminine à nous rejoindre, mais seule Manue
se laisse convaincre, tout de même suivie de Silvère. Premier essai pour Gilles
la tête en avant, puis moi par les pieds
mais ça coince. On décide de se débarrasser de tout ce qui est de trop
et qui peut s'accrocher car nombre de petites concrétions pourraient nous
coincer dans ce passage pas très accueillant. Finalement on y va, Manue passe
la première sans trop de problème et du coup on suit derrière mais avec plus de
difficultés.
Une fois ce petit plaisir accompli, on se dirige vers la
sortie. Philippe monte le premier pour aider les filles en tête de puits.
Hugues se place en bas de la corde et aide Manue, première volontaire pour
l'expérience verticale positive.
Ayant des chaussures basses elle n'a pu
profiter d'un bloqueur de pieds et est remontée « à l'ancienne »
comme disent les vieux. Pas simple cette remontée et il y a quand même une
vingtaine de mètres à se farcir.
Ensuite vient le tour de Laurie, qui finalement très à l'aise, nous a fait une belle remontée rapide. Faut dire qu'elle a triché avec un bloqueur de pied, c'est plus facile. En haut c'est « La Hache » qui fort de son expérience et de sa pédagogie leur a permis de sortir du trou en toute sécurité et de revenir à l'air libre.
Elles
ont ensuite partagé cette expérience entre elles pendant que nous remontions à
notre tour et déséquipions.
Hugues et moi avons profité de la main courante qui
ramène à l'entrée 3 pendant que Silvère et Gilles remontaient par la corde. Ils
ont ensuite aidé Philippe à déséquiper le puits de sortie pendant que Hugues et
moi nous occupions de celui d'entrée.
Les filles nous ont aidés à défaire les nœuds, ce qui nous
donna l'occasion de leur faire ensuite un petit cours sur le nœud de fusion.
Une blonde, une brune, une a compris comment défaire les nœuds, l'autre comment
les faire : égalité !
Puis nous avons remballé le matériel, chargé les mules (nous,
pas les filles évidement) et on est redescendu aux voitures pour la fin de
cette aventure du jour.
Bilan de la journée : 2 nouvelles fans de grottologie
prêtes à renouveler l'expérience.
Merci mesdemoiselles pour ces sourires, nous avons été ravis
de vous accompagner et de partager avec vous cette passion qui nous anime.
AL, scriptologue en histoire de trou...
PS : Word corrige Montiliens par Mongoliens et Grottologue par Proctologue, faites-en ce que
vous voulez !!
Note personnelle : A noël acheter des feuilles pour
« La Hache ».
Dimanche 25 novembre 2012 : aven Chazot.
Présents : Alexandre ; Hugues ; Olivier
Version courte : On s'est fait l'Aven Chazot....
La normale :
En ce jour de repos Dominical bien mérité, nous nous faisons
souffrance et nous dirigeons vers l'Aven Chazot. Départ 9h (encore!) pour pouvoir
rentrer tôt.
Arrivés sur place, je n'avais pas fini ma nuit, on me dit que
je vais équiper ! (encore ! J' m’appelle pas Hugues pourtant??) Bon
allez c'est parti !
L’accès est un poil particulier, proche de la route mais
planqué quand même, le trou d'la terre est entouré par un grillage fermé à
clef. Pas de souci, on a la clef dans nos mains. LOL <= spécial dédicace à
Sorro. Ce grillage est là pour éviter que nombre d'irresponsables viennent
jeter leurs déchets au fond (genre : résistant ; collabo ; grand
mère....). Ce fut le cas pendant le 19 et 20 ème siècle. Voir histoire du trou
sur le site du RESSAC.
Du coup on profite d'un poteau de clôture pour premier
amarrage de la main courante en nœud de cabestan et nœud d'arrêt bien sur.
Puis
amarrages naturels sur 1 puis 2 arbres présents. Une fois que je suis dans le
vide pour faire mon amarrage de tête de puits avec un fusion, Hugues me dit de
remonter car le 1er arbre de la main courante craque ! On l’a pris trop
haut ! On recommence l'amarrage plus prés de son pied et c'est reparti. Pas
très rassurant tout ça !
Mon fusion installé je commence la descente et cherche les
amarrages potentiels pour éviter les frottements de corde. Mais je ne suis pas
Scurionisé comme mes 2 compères Flippére le ver de terre et Flippeur le dauphin
(à vous de trouver qui est qui, c'est pas bien dur !). Du coup je rate une
dev et me retrouve en bas sur un tas de terre bien glissant. N'ayant pas
l'envie de remonter et chercher les amarrages je trouve un amarrage naturel à
mon niveau et me longe dessus le temps que les deux gaillards bien susnommés
précédemment me rejoignent.
Oliv descend, trouve la dév, l'installe et me rejoint.
Puis
Flippére (du coup vous savez qui est qui) descend à son tour. Il s'arrête plus
haut et nous dit qu'on a été trop loin. Du coup il s'installe une plaquette sur
un spit, se longe et attend qu'on remonte. Pas simple comme aventure !
Une fois que je suis à leur niveau, je les double et fini
d'équiper un petit bout de main courante permettant d'accéder au réseau
supérieur.
Bon ! La visite commence dans cette jolie cavité pas mal
concrétionnée et avec des plafonds et autres parties d'un blanc immaculé.
Un
balisage est en place car étant pas mal visitée cette grotte doit être protégée.
D'ailleurs 2 chauves souris profitent du fil comme perchoir. Autant que faire
se peut nous évitons tout comportement totalement puéril (<= spécial
dédicace Sorro ; j'ai zappé le mot de plus de 4 syllabes ) qui pourrait
les déranger.
Donc on visite les lieux courants et Hugues me dit
d'emprunter un passage étroit. C'est en fait un boyau d'une dizaine de mètres,
essentiellement en ramping. Mieux vaut laisser la ferraille et les kits avant
de l'emprunter. Une fois de l'autre coté ce n'est toujours pas très haut mais
on continue la visite. Je trouve un passage plutôt intime avec Flippeur et on
décide de dire à Hugues de nous rejoindre, ce qu'il fait. Tout l’intérêt de la
manœuvre n’étant pas dans le lieu (qui vaut son coup d’œil) mais dans la flaque
au niveau du passage bas de plafond.
Hugues ressortant le premier de l'endroit
j'en ai profité pour jeter un ou deux cailloux dans la flaque, ce qui n'a pas
manqué de le faire râler mais pas assez à mon goût. Fallait bien profiter de
celle-ci car la grande retenue (voir topo) était à sec.
Nous visitons la salle de l'autre coté de l’éboulis où le
bebett'ologue en herbe ne manque pas l'occasion d'étaler encore une fois sa
science. Puis nous reprenons le boyau.
Presque 13h, il est l'heure de se restaurer avant de passer
de l'autre coté du puits pour la deuxième partie du réseau supérieur. Repas
frugal englouti (toujours pas de gâteau, merci les filles!), on y retourne. On
suit le balisage, la deuxième chauve-souris sur le fil est là, puis on tombe
sur une étroiture.
Derrière c'est incliné : 2 m libre, de grosses
concrétions et puis un entonnoir qui est en fait un P12. On prend l'option
d'installer une corde en MC pour ne pas se viander. La suite est intéressante
aussi. Jolies salles et concrétions. On
trouve un passage et on se retrouve à se faux-filet (j'mai pas tromper de mots)
dans un dédale fort découpé qui nous ramène vers la MC.
Nous ressortons de la zone et il reste le niveau inférieur de
la grotte. Pour ma part ayant un peu mal aux cheveux (heureusement ils sont
courts) de la veille, je prends l'option surface.
Mes deux compères quant à eux prennent la direction du fin
fond de l'antre du diable. C'est donc Olivier qui va équiper. Apparemment rien
de spécial à voir...
Récit de Mr Hugues :
Mes souvenirs de la descente de la suite du puits étaient assez vagues, je
me rappelais d’un départ plein vide puis d’une main courante qui permettait de
passer derrière une grosse coulée, d’un bout de descente sous une trémie
retenue par du grillage puis d’encore un bout de descente pour arriver au
terminus. En fait c’était presque ça à part la main courante pour faire le tour
de la coulée, Olivier a équipé tout droit et c’est très bien passé comme ça.
On
a eu juste la longueur de corde pour poser les pieds au sol, il ne fallait pas
un mètre de vide de plus. Au fond malgré un boulot titanesque de dépollution il
reste encore des os un peu de partout et une légère odeur bizarre.
Il y a un
peu du courant d’air mais on n’a pas réussi à déterminer sa provenance. Olivier
est remonté en premier et j’ai suivi tout en déséquipant les deux puits.
Une fois remonté à la surface, un autre véhicule de spéléos
est garé pas loin. Hugues nous dit qu'il y aurait un autre aven dans le coin mais il ne sait pas
où. On fait un p'ti tour pour voir au cas où. On ne l'a pas trouvé mais sur le
plateau y a d’éventuels possibles départs un peu partout.... et de jolis
paysages à voir.
Veuillez recevoir mes sincères salutations..... Alex. L.
A bientôt pour de nouvelles MASCarades...