lundi 5 novembre 2012

CR de la sortie du 29 octobre 2012 à Tadevan Cave, province de Fars, Iran


 Participants : Christine, Yves, Nima et Vahid

A la demande générale - tout du moins de quelques uns - j’ai rallongé ce deuxième compte-rendu avec un peu d’ambiance et de l’archéo (pour le a de Masc).

Comme partout, le premier contact avec le pays c’est le taxi en sortant de l’aéroport et là c’est une drôle de surprise. Echauffement sur l’autoroute jusqu’à Téhéran et immersion dans une ville complètement saturée. L’impression d’être plongés dans un jeu vidéo en trois dimensions : « Iranian driver » : quatre files de voitures sur trois voies plus les motos et les piétons, des carrefours sans feu, une signalisation pas respectée... et ça passe ! De peu mais ça passe.


Seuls havres de calme, les jardins et les musées. Pour l’archéo, dans les vitrines du Musée national à Téhéran, il y a de l’ancien et il est très beau. Pour donner une idée, voilà le genre de céramique produite au début du 1er millénaire avant notre ère (chez nous c’est le Bronze final) à Marlik, dans le nord est du pays.


 De Téhéran, notre périple s’est déroulé en direction du sud, tout d’abord Kashan puis Ispahan avec ses mosquées comme celle dite du Sheikh Lutfallah (début XVIe)


Là, la mosquée de l’Imam (début XVIIe)




 Un exemple des célèbres jardins persans avec celui de Chehel Sotoun, le palais des 40 colonnes (XVIIe s.)


 La ville la plus au sud de la virée a été Chiraz dont les environs regorgent de sites archéos comme Pasagardes, une des capitales de l’empire achéménide. Peu de vestiges visibles mais tout de même le tombeau de Cyrius le Grand qui a régné de 559 à 530 avant notre ère.


 Plus spectaculaire, et plus connu aussi, Persépolis dont la construction a débuté en 521 av . J.C. sur ordre de Darius 1er et a été poursuivie pendant près de deux siècles jusqu’au pillage par Alexandre le Grand en 330 av. J.C.




Toujours près, enfin à une soixantaine de kilomètres, de Chiraz, un site que j’ai trouvé très impressionnant, celui de Naqsh-e Rostam avec d’immenses tombes hypogées et des bas-reliefs du IIIe siècle de notre ère. Devant la falaise se dresse une tour dont l’usage n’est pas clairement identifiée. Elle aurait été utilisée dans le cadre de cérémonies liées au culte zoroastrien (lequel a remplacé en Perse au VIe s. av. J.C. celui au dieu Mithra. Tiens voilà quelque chose que l’on connaît vers chez nous !). 


 A Chiraz même, une densité de monuments moindre que dans les autres villes d’Iran mais avec tout de même plusieurs points remarquables comme les tombeaux des poètes Hafez et Saadi ainsi que la citadelle de Karim Khan (dynastie Zand, XVIIIe).


Ceux qui ont tenu jusque là seront récompensés par notre deuxième virée touristico-spéléologique, encore 150 km plus au sud de Chiraz. Dès la sortie de la ville, nous longeons des massifs calcaires complètement pelés et coupés par de grandes gorges avec des falaises percées de porches « heunormes ».


Ce deuxième jour, de nouveau de la pluie pendant quelques heures, juste ce qu’il faut pour transformer les chemins en patinoire avec le limon de surface détrempé. Résultat : la voiture dans un petit fossé.


 Mais bon, « pas de problème », on continue par une marche d’approche bucolique dans des plantations de palmiers dattiers et de grenadiers.


 Puis une gorge parcourue par une petite rivière même pas à sec.

 
 Particularité : sur un côté, deux voire trois générations de canaux partant de barrages, maintenant démantelés, et qui ont permis d’irriguer la plaine.



 Après un petit raté qui nous a embarqué dans les falaises, retour en fond de vallée pour repérer le porche qui s’avère bien perché.


Petite escalade (la corde ? quelle corde ?) et passage en vire


 Et arrivée dans le porche qui s’avère aménagé avec des murettes. C’est pas très net sur la photo mais c’est un peu raide comme endroit, un peu style Baume des Archanges.
Ce qui est visible de l’autre côté de la rivière, ce n’est pas une route mais la version moderne des canaux.


 D’entrée de jeu, l’odeur qui se dégage de la première galerie laisse imaginer que nous ne serons pas tout seuls sous terre. Et effectivement dans les premières salles il y a du monde accroché au plafond et par terre ce que je vous laisse imaginer. C’est bat ! (bon d’accord, celle là faut faire un peu d’anglais)


 Une faune variée d’ailleurs avec tout spécialement pour le président une bestiole de belle taille. Il n’y a pas l’échelle mais plus de 10 cm de diamètre.


 Plus original, ce gecko qui n’a pas de souci pour tenir au plafond (la photo est correctement orientée).


Les galeries sont moins vastes que dans la grotte visitée la veille mais le réseau est très labyrinthique et cela part dans tous les sens. Question température, c’est chaud, très chaud même avec près de 30°. Bonjour la suée !


 Pour les amateurs de bestioles, une grosse pour commencer (taille centimétrique). Abondante dans une partie du réseau. Un peu trop pourrait on dire.


Et bien plus petit (2-3 mm). Pour ce qui est des noms... Joker ! Je laisse cela aux spécialistes et aux amateurs éclairés.


 Quelques images de ces galeries, pas très grandes mais qui ont l’air de se développer pas mal. En revanche, les compilations récentes sur l’Iran ne donne pas de topographie pour cette grotte. Voilà un but de sortie.



 Encore une fois, on regrettera la profusion de marquages sur les parois.


 Dernière image des lieux : le sourire d’une fillette accompagnant son père venu s’occuper de ses plantations.


 Ensuite, il y avait malheureusement le retour à envisager, avion pour Téhéran (900 km plus au nord) puis nouveau vol. Mais jamais deux sans trois et nous pensons déjà à une nouvelle virée. Sauf que maintenant, ayant pris contact avec le terrain on prévoira le matériel nécessaire pour passer les obstacles qui nous ont arrêté. Et le GPS, et le Disto,...

Yves

PS : bon, ce coup ci j'espère que cela ne faisait pas trop "connaissance du monde" :-)


dimanche 4 novembre 2012

COMPLÉMENT EN PHOTOS DU CR DE LA SORTIE AU PUITS RICARD

Gilles a fait passer quelques unes de ses photos donc voilà un complément illustré du premier compte rendu.

Alexandre dans la petite galerie inconfortable où une ancienne désob est encore visible au fond.


Un minuscule petit os (de chauve-souris surement) au fond du puits du Rhône.


La fameuse signature de Robert de Joly toujours au fond du puits du Rhône.


Belle coulée grise qui ressortait bien avec l'éclairage.


La sortie du Puits Ricard avec l'équipement sur les anneaux en plafond.


Une bestiole d'un demi centimètre (coléoptère si j'ai bien suivi les explications de Pierre) qui ferait le bonheur des stagiaires la semaine prochaine.


Et bien sur la traditionnelle photo de l'entrée.


Merci Gilles.

Hugues.

samedi 3 novembre 2012

DES VIDÉOS DES SORTIES PRÉCÉDENTES AVEC UN PEU DE RETARD

Gilles m'a fait passer cinq vidéos qu'il a pris à l'aven de Noel samedi dernier et une tournée à l'aven Double il y a une quinzaine de jours. Elles sont bien sympas alors j'en fais profiter à tout le monde. Merci Gilles.


aven de Noel Vidéo de Gilles (1) par MASCDU26


aven de Noel Vidéo de Gilles (2) par MASCDU26


aven de Noel Vidéo de Gilles (3) par MASCDU26


aven de Noel Vidéo de Gilles (4) par MASCDU26


aven de Noel Vidéo de Gilles (5) par MASCDU26


Aven Double par MASCDU26

Hugues.

COMPTE RENDU DE LA SORTIE AU PUITS RICARD DU 03 NOVEMBRE 2012

Présents : Alexandre, Gilles et Hugues.

On attend de voir les bestioles de Yves et Christine qu'ils ont croisé en Iran mais voilà un spécimen bien local pris en photo sur le chemin de la Baume des Anges, c'est déjà un beau morceau.


Il y a plusieurs options pour équiper le puits Ricard, après la première grande longueur moi je préfère passer en face par la petite partie un peu crade mais plus courte que de l'autre coté puis descendre par le puits bien propre d'une dizaine de mètres. Il faut juste faire gaffe de ne pas faire tomber des cailloux sur celui qui vous précède et donc attendre qu'il soit à l'abri avant de partir sur la corde.


Une fois tous les trois en bas on s'est engagé du coté du puits du Rhône, au passage on a visité la petite galerie où au fond il y a eu un début de désob, il y reste encore une barre à mine. J'ai équipé le petit puits du Rhône et on est arrivé au point le plus bas de la BDA. Il y a toujours la signature de Robert De Joly, le nom se voit encore par contre la date est illisible. Gilles a immortalisé la signature, on n'en trouve pas de partout de ce pionnier de la spéléo.


Je suis remonté en premier pour faire des photos et des vidéos des deux suivants car je savais que le fractio de sortie de puits est un peu délicat à passer si on ne le fait pas en force. Depuis que je viens dans le secteur je commence à bien le connaître et donc je ne m'embête plus ... je me sers de mes bras.




puits Ricard 03 nov 2012 (1) par MASCDU26


De retour à la base du puits Ricard, là où toutes les ordures finissent leurs chutes de 40 m, on est descendu de l'autre côté pour voir la grande salle qui est en bas du plan incliné. Il va vraiment falloir organiser une sortie dépollution pour retirer toutes ces ordures, ça ne fait pas envie de passer au milieu de tout ça.

Après cette rapide visite Gilles est remonté en premier et pendant que j'attendais mon tour j'ai remarqué un fossile étrange dans une cloche, on dirait une colonne vertébrale ou une grosse arête de poisson, la photo n'est pas jolie c'est dommage.


C'est Alexandre qui s'est occupé de tout déséquiper, ça lui fait de l'entrainement. Le plus dur c'est de ne pas perdre les écrous des goujons quand on dévisse les plaquettes, ni lui ni moi n'en n'avons lâché un seul ! Il est ressorti avec un bon kit bien plein.



puits Ricard 03 nov 2012 (2) par MASCDU26



J'adore faire des photos en contre jour de la sortie de la grotte donc en voilà une nouvelle.


Quand on a attaqué la descente on s'est aperçu qu'il y avait deux énormes blocs qui se sont décrochés de la falaise entre l'entrée de la BDA et le petit trou qui est dans les buissons au niveau du grillage. Par chance ils ont été arrêtés justement par le grillage mais ça a été vraiment limite, à un mètre près ils passaient à côté et seraient peut être tombés sur la voie ferrée.


puits Ricard 03 nov 2012 (3) par MASCDU26

Le matériel étant bien sale comme à chaque fois qu'on fait le puits Ricard on est allé le laver dans le Rhône du coté ardéchois.

Hugues.

( pour ce dimanche ça va être une journée de repos, la météo n'étant pas avec nous encore une fois ).

CR de la sortie du 28 octobre 2012 à Gahr-e Shahpour, province de Fars, Iran


 Participants : Christine, Yves, Nima et Vahid

Durant notre toute récente virée sur le plateau central iranien nous avons eu la possibilité de faire un peu de « tourisme souterrain » dans les environs de Chiraz, l’une des principales villes du pays. La ville occupe une vaste plaine à 1500 m d’altitude dans les monts Zagros.


Chiraz est connue par ses poètes, en particulier Saadi et Hafez, ses vignes et, à une soixantaine de kilomètres, le site de Persépolis. Elle est située à une latitude comparable à celle d’Agadir. Le climat n’est donc pas particulièrement humide ! Il est dit continental aride avec des saisons contrastées, de très chaud l’été à froid l’hiver avec parfois de la neige. Il tombe annuellement un peu plus de 300 mm d’eau (900 à 1000 pour Montélimar)

Pour la première cavité à visiter, direction plein ouest pour un trajet de 140 km donnant une idée des reliefs du Zagros avec un passage de col à 2105 m avant de redescendre dans une plaine à 800 m.



La grotte est située à quelques kilomètres d’une ancienne cité des rois sassanides (dynastie de 224 à 651, vous suivez toujours ?). Le contexte est particulier avec une rivière qui entaille un anticlinal, ne laissant que deux gorges étroites comme accès à une plaine entourée de falaises.




Un premier coup d’oeil sur ces falaises montre que le secteur parait prometteur pour les petits spéléos, tout du moins pour ceux qui ne craignent pas les marches d’approche.



Pour la montée, nous avons eu la chance de ne pas être matraqués par le soleil grâce à quelques nuages (et même un peu de pluie). Un crapahut de 450 m de dénivelé pour monter jusqu’à 1355 m d’altitude pour atteindre le large porche visible dans la falaise.



Le sentier est bien marqué et même bien aménagé, un travail entrepris par l’armée à la fin des années 50. Il se termine par un escalier permettant de monter le ressaut avant le porche.
Ce ciel s’étant dégagé, nous avons pu profiter de la vue sur la plaine et sa barre de falaises.



Le porche est vaste, très vaste même avec en plus une immense statue, haute de près de 7 m. Il s’agit de Shapur 1er, roi sassanide ayant régné de 242 à 272  (de notre ère). La statue était brisée sans que la cause en soit connue (tremblement de terre, invasion arabe ?). Elle a été restaurée à la fin des années 50 sur ordre du dernier shah d’Iran.





Les bras sont manquants mais Nima, notre guide, donne une idée de l’état initial.



Le site est gardée. Un gardien fort sympathique au demeurant et qui n’a pas hésité à taper dans ses provisions pour nous offrir le thé et nous faire goûter les dattes iraniennes. L’hospitalité iranienne n’est pas un vain mot. Mais aussi une occasion pour lui de discuter avec du monde car avec les évènements récents, la fréquentation des sites s’est complètement effondrée.



La grotte se développe sur un peu plus d’un kilomètre avec des galeries de belles dimensions. La température n’a rien à voir avec celle de nos massifs. Un petit 25° ! !Pour les photos, la loi de l'enquiquinement maximum a voulu que la cellule du flash déporté, qui fonctionnait parfaitement peu de temps avant à Favot, n'a rien voulu savoir. Grosse déception (et quelques gros mots que nos guides se sont empressés d'apprendre).





Elle comporte un deuxième porche mais auquel nous n’avons pu accéder. En effet, pour éviter tout problème, les autorités locales ont bouché les petites galeries permettant la jonction. Notre guide a tout de même retrouvé un passage encore utilisable, par un cheminement un peu compliqué dans un secteur de chaos de blocs. Mais nous avons été arrêtés par un petit puits d’environ 5 m.
On notera au passage la tenue de touriste souterrain de Christine, respectant les codes vestimentaires obligatoires.



Le retour s’est fait par de nouvelles grandes galeries très concrétionnées. Il est à regretter que cette cavité ai souffert de sa fréquentation et d’une éducation qui reste à faire vis à vis du milieu naturel. Graffitis et détritus divers sont omniprésents.



Dans la grotte, trois grands bassins ont été construits. Certains auteurs considèrent qu’ils étaient en relation avec la statue et un culte des eaux.



Avant la sortie, un dernier coup d’oeil aux vastes volumes



Et à la descente de nouveau plein les yeux avec le paysage.



Ici une ancienne structure en pierres sèches pour parquer les moutons et les chèvres.



La journée s’est terminée par la visite des bas reliefs, également des IIIe et IVe siècles, taillés dans les parois de la gorge d’accès.


Retour tardif à Chiraz mais enthousiasmés par ce premier contact avec les grottes iraniennes. De plus un arrêt à Kazerun nous à permis de tester les spécialités locales. Question sucreries, c’est pas mal non plus ce coin là.

Yves B



PS : c'est peut être un peu long comme compte-rendu ? Mais c'est pas un coin où on peut aller tous les weekends :-) Et cela continue demain...


PPS : question présentation c'est un peu la panique mais l'outil du blog laisse vraiment à désirer.

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