Participants : Yves B., David B. & Olivier S.
Avant notre dernière sortie à la grotte du Frochet, de laquelle nous étions ressortis Yves et moi un peu dépités de n’avoir pu franchir le 3ème siphon, on nous avait annoncé que nous allions « nous faire plaisir ». Aussi, cette fois-ci la promesse étant « on va bien se marrer », nous n’avions vraiment pas à hésiter.
Après une collation rapidement prise à Saint Jean, nous retrouvons David à l’entrée du trou, déjà tout équipé alors qu’il était sensé avoir du retard…
Comme tous les blocs avaient déjà été montés jusqu’à la vasque (mille mercis au porteurs) la montée sur le sentier n’a été qu’une formalité accomplie d’un pas sûr et décidé.
Passage du premier siphon sans problème, la rationalisation drastique apportée à nos configurations respectives semble être payante. Si l’on y ajoute les aménagements et élargissements réalisés le week-end dernier par quelques spéléos bienveillants dans la diaclase et le shunt du S2, l’arrivée jusqu’à la vasque du S3 s’avèrera être beaucoup moins éreintante qu’il y a trois semaines. A tel point que le programme de l’après-midi s’étoffe : topo, amenée de matériel devant le S5, et balade dans les grandes galeries découvertes récemment.
Le passage des 120 mètres du S3 et des 40 mètres du S4 se fera cette fois sans problème, ou presque…
Le tube étanche d’Yves contenant disto et carnet s’étant subrepticement échappé du sac de David pour aller se coller au plafond au début du S3, pas de topo possible. Tant pis ! Un aller retour dans le S3 pour aller le récupérer aurait coûté trop cher en air.
Donc première étape aller et retour jusqu’au S5. Là ce n’est pas par les grandes galeries. La distance à parcourir n’est pas très importante mais une roche accrocheuse et un profil tortueux rendent la progression assez éprouvante surtout avec la combi néoprène ; on imagine avec des blocs à porter…Une fois les palmes et le dévidoir posés, qui attendront là le retour prochain de David, nous retournons à la vasque du S4 .
David nous propose alors un « rapide » aller-retour jusqu’au début des grandes galeries. Le qualificatif fait très envie, mais trop engoncé dans ma combi où j’ai tendance à surchauffer je les laisserai y aller, préférant les attendre ici. Je pense qu’Yves fera un petit commentaire pour vous décrire ce qu’il y a vu.
Dès le retour nous enchaînons S4, S3 où le matériel de topo sera récupéré. Puis l’exondé jusqu’au S1, décidément le travail réalisé la semaine dernière rend la progression nettement plus facile ; mais je vous rassure elle reste encore assez sportive…
Avec Yves nous sortons du lac d’entrée vers 17h20. David est sorti depuis un petit moment et nous attend (encore) déjà en tenue de ville.
Donc malgré le petit souci de topo (les plus superstitieux d’entre nous évoquent une sorte de malédiction ; le Frochet rechignerait à livrer tout son mystère) nous sommes bien satisfaits de cette journée. Nous convenons de revenir bientôt pour tenter de réaliser un travail un peu plus important derrière le S4, et d’apporter une contribution un peu plus significative à l’immense travail déjà réalisé par toute l’équipe qui s’est agrégée autour de David.
TPST : environ 5 heures
Olivier.
Je confirme le caractère très "intime" des galeries pour aller au S5, quelque chose qui ressemble beaucoup au début de la grotte du Houx avant l'étroiture fatale (pour les connaisseurs bien sur). Mais pour le géologue, super... failles, diaclases, filons avec concentrations ferrugineuses,... ça vaut le coup d'oeil.
Pendant que Olivier se pose pour redescendre en température après le crapahut jusqu'au S5, je tente de suivre David pour aller voir ces "grandes galeries". Pendant un bon moment, cela ressemble étrangement à ce que nous venons de vivre pour le S5, certes plutôt en conduite forcée qu'en diaclase mais toujours autant à quatre pattes. Du sable au sol, mais pas assez pour limiter le contact. Encore une fois les genoux dérouillent (ne cherchez pas la contrepèterie, il n'y en a pas). David m'avoue que lors de leur première, la lassitude commençait à poindre tout en faisant la topo en avançant jusqu'à ce que... surprise, cela s'agrandisse pour de vrai. Et là, effectivement c'est pas banal : galerie de trois mètres de large descendant régulièrement en une succession de grands gours de calcite dans lesquels on a de l'eau jusqu'à la poitrine. Au point bas, l'eau s'infiltre dans une fissure impénétrable au sol d'un carrefour avec un autre grande galerie et un vaste puits arrivant du plafond... Impressionnant. En plus, ce n'était pas de la première mais je n'étais que le 5e à venir là.
Retour toujours à un rythme "bianzaniesque" (ce coup ci les genoux crient pitié !) et nous retrouvons Olivier pour reprendre le chemin de la sortie. Coup de bol, malgré une visi pas terrible dans le S3, je retrouve le tube étanche (et son contenu) coincé au plafond une quarantaine de mètres avant la sortie.
Olivier devait rentrer rapidement. Dommage pour lui, il a raté la 3e mi temps avec un resto avec ces dames. Et la tête de la serveuse se demandant bien qui sont ces deux gugusses qui, après s'en être mis plein la lampe, demandent un deuxième dessert.
Pour digérer tout ça, le lendemain retour sur place en solo pour récupérer les bouteilles. Une virée express : 15' pour monter, 5 pour breller la claie et 20 pour descendre ! Cherchez l'erreur. Il faut dire qu'arrivé au porche avec la pluie je n'avais pas trop envie de faire deux voyages. Résultat : 32 kg sur la claie (pesée à la maison) et pas vraiment l'envie (ni les moyens) de sauter de rocher glissant en rocher glissant.
Moralité : une belle, très belle, sortie mais qui a été dure à gagner.
Yves