Baudouin Lismonde
Ce traçage est un projet commun entre les Taupes du Glandasse (Stéphane Emmer) et le CDS Isère (Baudouin Lismonde).
1- La grotte du Pas de l’Aiguille
Situation. Coordonnées : 851,09 x 2283,63 x 1630, Chichilianne, Isère.
« La grotte du Pas de l’Aiguille s’ouvre en rive gauche du vallon du même nom, juste en face du mémorial. Elle est encadrée par 2 autres porches sans suite mais très visibles depuis le sentier qui conduit au refuge des Chaumailloux. Développement topographié : 651 m. Développement exploré estimé : environ 700 m. Profondeur : -95 m » (Réf. Boibessot, Scialet 32).
Contexte géologique et hydrologique
« La grotte s’ouvre et se développe le long de la faille du Jasneuf qui borde au nord-ouest le plateau du Glandasse. Elle est creusée dans l’Urgonien. Il s’agit vraisemblablement d’une ancienne perte du ruisseau qui s’écoule dans le vallon et emprunte désormais le Pas de l’Aiguille.
Etant donné le faible développement de la cavité, il est encore difficile de déterminer son point de résurgence. Celui-ci peut se situer aussi bien dans l’alignement de la faille, par l’une des sources des communes de Romeyer ou de Die (Source du Raï, source de Valcroissant, etc...) mais on peut aussi envisager que le réseau emprunte le synclinal du Glandasse pour ressortir aux sources d’Archiane, 870 m plus bas. Actuellement et d’après nos informations, il s’agit de la cavité la plus importante du secteur en termes de développement. » (réf Boibessot, Scialet 32).

Fig. 2- Structure géologique et emplacement prévisible du collecteur souterrain
au cœur du synclinal du Glandasse
L’existence d’un synclinal d’axe nord-sud débouchant à Archiane est très favorable à un drainage directement vers la source d’Achiane. Disons que la probabilité que le colorant sorte à Archiane dépasse 80%, mais l’existence d’une faille de décrochement importante (faille de Jasneuf) qui passe par l’entrée de la grotte permet aussi de penser qu’elle jouera un rôle de drain, soit vers le sud-ouest (grotte du Rays), soit vers le nord–est (source des Fourchaux).
2- Les sources
Sources d’Archiane
La source principale du secteur est constituée par les sources d’Archiane, ou grottes de Tournière ou Cuves d’Archiane, un ensemble d’exutoires échelonnés en altitude qui coulent ou non en fonction du débit général.
Résurgence d’Archiane 850,95 x 276,60 x 747 m Treschenu, Drôme
Résurgence 2 d’Archiane 850,96 x 276,63 x 755 m Treschenu, Drôme
Cuves d’Archiane n° 1 = grotte 1 de Tournières 851,07 x 276,65 x 770 m Treschenu, Drôme
Cuves d’Archiane n° 2 = grotte 2 de Tournières 851,04 x 276,69 x 776 m Treschenu, Drôme
Cuves d’Archiane n° 3 = grotte 3 de Tournières 851,05 x 276,72 x 788 m Treschenu, Drôme
Le débit moyen de cet ensemble de résurgence est de 1,65 m3/s (SRAE). Le débit minimum mesuré est de 160 l/s et le débit d’étiage est 250 l/s. Le débit maximum mesuré est 26 m3/s. Le bassin versant estimé est de 35 à 40 km2. Il est constitué par le synclinal du Glandasse, limité au nord par la plaine de Cléry, à l’est par la Montagnette et les crêtes et à l’ouest par l’anticlinal de la montagne de Glandasse.
Distance à la grotte du Pas de l’Aiguille : 7,03 km et 883 m de dénivellation.

Fig. 1- La grotte et les sources possibles : Archiane, Valcroissant, Rays et Fourchaux
Source de Valcroissant : 845,6 x 276,4 x 680 m, Die, Drôme. Débit d’étiage total 32 l/s.
Distance à la grotte : 9,98 km et 950 m de dénivellation. Cette source est un peu au sud de la faille décrochante dextre de Jasneuf. Elle ne semble donc pas très bien placée.
Source de Rays : 845,45 x 279,45 x 740 m, Romeyer, Drôme. Débit d’étiage total 50 l/s.
Distance à la grotte : 9,69 km et 890 m de dénivellation. La source est pénétrable à l’étiage et est constituée par un labyrinthe très étroit. Elle est située au débouché naturel du décrochement de Jasneuf.
Source des Fourchaux : 852,37 x 284,75 x 1150 m, Chichilianne, Isère
Distance à la grotte : 1,7 km et 480 m de dénivellation
3- Le traçage
Origine de l’opération. Courrier de Stéphane Emmer le 21 janvier 2009
« Voilà plusieurs années qu'avec le club des Taupes du Glandasse, on souhaite faire une coloration à la grotte du Pas de l'Aiguille à côté du refuge de Chaumailloux. La topo a été publiée par le CAF d'Alberville dans un des derniers Scialets. Cette cavité découverte en 2003 est en effet la seule du secteur qui soit parcourue par un petit actif. Débit variant entre approximativement entre 0,006 l/s en plein mois d'Août et 1 l/s 8 h après un gros orage (mesuré cet automne). Apparemment, rien n'est connu sur la zone en circulation souterraine et vu le pendage (~20 ° vers le Sud), les résurgences sont probablement celle d'Archiane ou du Raïs au-dessus de Romeyer. Distance à vol d'oiseau et dénivelé : ~7 km et 900 m de dénivelé pour chacune. La cavité se trouve juste à l'intersection de la faille de Jasneuf orientée Nord-Est Sud-Ouest et du synclinal d'Archiane. »
Réunion préparatoire de l’équipe de traçage
Une réunion (repas) aura lieu avant le traçage dans la Drôme qui réunira le maximum de participants. Stéphane Emmer et Baudouin Lismonde présenteront le traçage, ses modalités et ses enjeux. Cette réunion est destinée à se connaître et à motiver les participants. On pourra aussi fixer la date probable du traçage (peu après la réunion).
Les équipes seront organisées au moment de la réunion. Une équipe d’injection 2 ou 3 personnes et une forte équipe pour les prélèvements. L’idéal serait d’avoir des personnes à Archiane, à Chichilianne et à Romeyer ou Die.
Au moment du traçage, il faudrait qu’il y ait une personne à Archiane qui centralise les flacons prélevés.
Après le traçage, tous les participants recevront le rapport de traçage. Plus tard, on pourra penser à organiser une réunion à Archiane pour faire connaître aux habitants l’hydrologie souterraine de leur commune.
Personnes ou organismes à prévenir
On doit informer du traçage : la DDAF de l’Isère et de la Drôme, les DDAS de l’Isère et de la Drôme, les communes de Chichilianne, Treschenu, Romeyer, Die, le Parc Régional du Vercors, les sociétés de pêche. On leur enverra le rapport de projet (ce rapport).
Ces organismes recevront à l’issue du traçage un rapport du compte-rendu de l’opération.
Quantité de colorant et date d’injection
Si on applique la relation de Martel : M = Distance (km) Q (débit en m3/s) = 7 x 8 = 56 kg. On voit qu’il faut beaucoup de colorant. En mesurant au fluorimètre, on peut gagner facilement un facteur 10, mais une quantité de l’ordre de 7 kg de fluo à 50% devrait convenir.
Vu le débit insignifiant de la grotte à l’étiage, il faut injecter à la fin d’une crue, soit en période de fonte des neiges, le soir, soit après un fort orage ou à la fin d’une période pluvieuse. Le mieux serait d’injecter un vendredi après midi pour disposer de tout le week-end pour les prélèvements rapprochés. Ces prélèvements du week-end pourront être faits par les gens habitants le plus loin (Grenoble ou valence). À partir du lundi, les prélèvements seront plus espacés et pourront être faits par les locaux.
L’équipe d’injection ne doit plus avoir de rapport avec l’équipe de prélèvement toute la durée des prélèvements.
Surveillance des sources
C’est la partie la plus lourde et qui doit être faite avec le plus de sérieux. Les prélèvements seront faits manuellement (même si on dispose d’un préleveur automatique). Au début, après 12 h suivant l’injection, ils auront lieu toutes les 6 h, puis au bout de deux jours deux fois par jour (sauf si une nouvelle crue survient). Au bout d’une semaine, une fois par jour suffira (sauf en cas de nouvelle crue où il faudra augmenter la fréquence des prélèvements).
Les prélèvements se feront dans une petite fiole en verre (fournies par B.L au moment de la réunion) et l’eau sera analysée en fin d’expérience à la DDAF de l’Isère par B.L. Sur chaque flacon on aura placé une étiquette sur laquelle on inscrira les initiales du préleveur, la date et l’heure.
Il faut donc une équipe sûre et réactive.
Bibliographie sommaire :
Carte IGN Mens 1-2 : la grotte est pointée (grotte).
Chirossel J X (1960) Spéléos n° 30. GSV. La grotte du Pas de l’Aiguille est juste citée.
Arnaud H (1978) Géologie du Vercors dans Grottes & Scialets du Vercors, CDS Isère.
Lismonde B, Frachet J M (1978) Grottes & Scialets du Vercors, CDS Isère, 274 p.
Arnaud H (1981) De la plate-forme urgonienne au bassin vocontien : le Barrémo-Bédoulien des Alpes occidentales entre Isère et Buëch. Vol 1 – Stratigraphie, 311 p. Vol 2- Sédimentologie et paléogéographie, 804 p. Mémoire n° 12 de « Géologie Alpine », travaux du laboratoire de géologie de l’Université de Grenoble.
Rousset Ph (1982) Hydrogéologie du Vercors. Carte synthétique. Institut Dolomieu, Grenoble.
Léger B (1984) Grotte de Tournière. Scialet 13, p 50-62.
Audra Ph (1989) Caverne des Rays (100 m). Scialet 18 p 82-85.
Lismonde B (1989) Exploration de Jacques Vey à la source du Rays. Scialet 18 p 86.
Boibessot D (2003) La grotte du Pas de l’Aiguille à Chichilianne, Isère. Scialet 32 p 72-76.




